• C'est sans doute le café où je passe le plus de temps.
    A l'angle de la rue de l'Ecole-de-Médecine et du Boulevard Carl-Vogt, vous vous dirigez vers l'université. Uni Mail. Dix mètres, pas plus, et c'est à gauche. Vous ne pouvez pas vous tromper, il a un soleil sur la devanture.

    L'été, tout le monde est sur la jolie terrasse. A l'intérieur, une grande salle avec des escaliers qui montent vers une mezzanine. En haut c'est surtout les universitaires qui réapparaissent avec le début des cours. En bas, les consommateurs sont mélangés. Etudiantes, habitués, couples de passage, d'âges, de provenances et de milieux sociaux divers.

    Un beau bar qui prend tout le fond de la salle. Le patron est turc, accueillant, rond dans ses gestes, les serveuses adorables. Il y a un pinot blanc correct et des mezze à choix pour l'apéro. On fait de la cuisine méditerranéenne, métissée comme le nom sur l'enseigne.

    Je vais là pour voir des amis et pour la magie de l'endroit qui a trouvé un équilibre charmant entre le café de quartier et la taverne exotique.

    Notez que le vendredi et le samedi soir, on a de la peine à y trouver de la place, on s'y entasse et il vaut mieux avoir des bouchons auriculaires si on veut ne pas en ressortir assourdi. Mais ça, c'est le cas de pratiquement tous les cafés du quartier, qui est le lieu à la mode où on se retrouve en début de week-end.

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  • BièreCe qu'il y a d'ennuyeux quand on parle des bistrots, c'est l'actualité. A peine le temps de faire le tour de ceux qu'on connaît et il y en a un qui vous fait le coup. Nouveau décor, nouveaux patrons, nouvelle carte. Le chroniqueur est alors mal pris.
    Mieux vaut s'occuper de littérature. Prenez un bon vieux Balzac. On est tranquille pour dix ans ou même cent, au cas où quelqu'un aura encore l'envie ou les moyens de le lire à ce moment-là. Et même si on change d'avis sur ses textes, on peut comparer, mettre en vis-à-vis, donner les références. Ça fait débat. Voyez ce que je pensais, voyez ce que je pense. Mais un café...
    On me signale régulièrement des renouvellements à faire. Je parlais d'un vieux bistrot de quartier et c'est devenu un restaurant vietnamien. Un bar branché s'est transformé en pince-fesse.
    Et L'Equipe n'est plus ce qu'il était. C'est devenu une brasserie jeune et bien achalandée.
    Nouveau décor, plus cow-boy et indiens, ambiance cave à bière, du bois au plafond et sur les murs... Géré par un couple accueillant et efficace, patron chaleureux, patronne séduisante.
    C'est l'endroit à la mode, dans le quartier, où les étudiants se rencontrent pour boire et pour s'amuser. Pas une de ces salles où ils sortent leurs notes et leurs ordinateurs, discutent de paradigme et de syntagme, ou un de ces lieux fréquentés par des pseudo-artistes. Non, ici c'est franc: on boit de la bière au moins par demi-litres. La musique est rock. C'est la fête.

    18 avenue du Mail


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  •  pizzaUn antre. Ça tient de la caverne d'Ali Baba et du restaurant self-service. Des fonds de pizza emballés sous vide dans la vitrine. Des pâtes et de bouteilles à vendre des deux côtés de l'entrée. Des piles de cartons contre la paroi. Un bar tout au fond, derrière lequel il y a la cuisine et les fours.
    On prépare votre pizza sous vos yeux, on vous donne un numéro, vous vous asseyez. Ça prend parfois un peu de temps, à midi, parce que toute l'université proche déferle. Quand c'est prêt, le patron vous appelle au micro. Michele. Un des charmes de l'endroit.
    Sympathique, amusant, cultivé, flegmatique et pas toujours très bien organisé, avec un accent qui roule et un diplôme universitaire en poche. On viendrait seulement pour lui.
    Le troisième argument après l'ambiance et le patron, c'est la pâte à pizzas. Une des meilleures de Genève. Et le quatrième: des prix défiant toute concurrence.
    De quoi justifier l'écriteau pendu au-dessus du bar:
    « Malgré les apparences, La Petite Italie est décidément tendance. »

    La Petite Italie, bd Carl-Vogt 80, Genève


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  • La oorte du café abrocLe café Labroc. Une allusion claire à la brocante qui se fait juste en face, sur la plaine de Plainpalais, les jours de marché aux puces, le mercredi et le samedi.
    Dedans, des airs de bistrot. Chaises en bois, tables aux pieds de fonte, buffet ancien, vitré, des verres à l'intérieur. Murs boisés avec des lampes en forme de vasques et des miroirs rectangulaires. Dans un vaisselier qui prend tout un mur, des assiettes anciennes, des bouteilles de forme singulière, des plats décorés.
    On sert des vins au verre, pinot gris, aligoté, nizeré ou noir plaisir, à des prix raisonnables.
    La grande spécialité est le malakoff. On vient de loin pour leur malakoff. Il est fameux, leur malakoff.
    Le malakoff, vous savez ce que c'est? Un mets typiquement helvétique et pas régime du tout. Une sorte de steak de gruyère d'environ 2 cm d'épaisseur. Le fromage est trempé dans du vin blanc pendant quelques heures, puis enrobé d'une pâte à frire composée de farine, d'œufs et de lait. Ça frit dans de l'huile à 180°C.
    Miam, c'est bon! Que du gras! Le malakoff est surnommé aussi « le bouche-artère vaudois ». Un nom qui n'est pas usurpé.
    Si vous êtes tenté...

    Labroc, avenue du Mail 29, 1205 Genève


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  • Ça ressemble un peu à une entrée de bordel. On ne voit rien depuis la rue, il y a des rideaux roses opaques derrière les vitrines, avec de petits motifs entrelacés, et des grandes potiches chinoises. La porte est située au bas d'un hôtel, sous son enseigne, et les gens un peu romanesques font vite le rapport. Le rose, le mystère, les chambres à l'étage. Une ambiance à la Toulouse-Lautrec.
    Le nom aussi. Cecill's bar.
                         Le salon de la Rue des Moulins – Henri de Toulouse-Lautrec
    A l'intérieur, au premier regard, il y a un peu de ça encore. Des banquettes de cuir rouge le long des murs, un ventilateur doré au plafond, un bar carré avec des tabourets rouges propices au contact.
    Mais les gens qui sont là font s'évaporer cette idée. Des habitués plutôt mûrs qui boivent leur petit verre l'après-midi, à l'abri des regards, derrière les rideaux roses. Accrochées au mur, des photos du Lac Léman avec les gros bateaux de la Compagnie Générale de Navigation. Des reproductions de Hans Erni.
    Allons, c'est un café de quartier. Le genre intime, feutré, tranquille. Idéal pour les après-midis de pluie, de blues et de rumination.

    Cecill's bar, rue Dancet 5, 1205 Genève


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