• J'en parle un peu tard pour les cadeaux de Noël, mais toujours à l'heure pour les amateurs de polars et ceux qui aiment voir leur univers quotidien sous un autre point de vue.

    Celui de Daniel Abimi dans Le Cadeau de Noël est résolument dirigé vers le sexe. Le sexe à Lausanne. Plus particulièrement le sexe vénal.

    Les amateurs y retrouveront toutes les formes possibles, de la prostitution de rue aux établissements spécialisés, en passant par la partouse bourgeoise encadrée par des professionnelles.

    Plongés dans ce milieu interlope, on retrouve les personnages du précédent livre d'Abimi, Le dernier Echangeur. Michel Rod, un journaliste qui a de gros problèmes d'alcool et son ami flic, Serge Mariani.

    Car il s'agit surtout d'un roman policier bien mené, qui commence par l'assassinat d'une jeune pompisete, abattue dans une station d'essence.Ensuite, enquête jusqu'à l'arrestation du coupable, proche et insoupçonnable. Presque.

    Bref, sang, sexe, alcool, famille... Secouez le tout, ajoutez quelques boules de Noël et le cocktail fait son effet.


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  • Il y a un tueur en série qui sévit. Sa manière de procéder, sa signature, comme disent les spécialistes, consiste à couper la main des femmes qu'il assassine.

    Ça, c'est du connu. Les originalités, maintenant :

    Dans ce livre, on suit parallèlement l'enquête et l'évolution de l'assassin, dont bien entendu l'identité et les motivations nous sont soigneusement cachés.

    Le juge est une femme. Ça donne un relief particulier au polar, genre qui nous a habitués plutôt à une présence massive des hommes.

    Enfin, c'est une histoire où le présent renvoie au passé, et qui nous mène peu à peu jusqu'à Auschwitz en passant par divers milieux : la prostitution, l'art, la médecine. Balzacien et palpitant.

     

    Thierry Jonquet, Les Orpailleurs


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  • Raymond Alcovère, écrivain et blogueur, sort son premier roman noir. Rien compris au Rock and Roll.

    Personnages: une jeune chercheuse qui travaille sur les pesticides dans l’alimentation. Johan, un agent manipulé qui a été chargé de la séduire et de la contrôler. Un hacker génial souffrant du syndrome d’Asperger. Un tueur mercenaire redoutable.

    Lieux: Montpellier, Venise, Madagascar.

    Contenu: de l’espionnage, des errances, de la traque et des références au rock’n’roll.

    Tous les ingrédients sont là, avec en toile de fond une redoutable Organisation, un service d’espionnage tentaculaire, secret, infiltré partout, au service de la grande finance, dont le but est de manipuler la politique internationale.

    CRaymond Alcovèreonfrontés à cette pieuvre, les héros sont en mauvaise posture, et la situation semble désespérée. Jusqu’à la fin, totalement inattendue... qui n'est pas la plus petite des surprises de ce thriller écolo original.

     

    Raymond Alcovère, Rien compris au Rock and Roll, Clairdeplume34


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  • Bernard Peitrequin, L'énigme DenervaudL’énigme Denervaud: une vieille femme a été assassinée près de Grandvaux en 2005. La police de Vevey enquête, aidée par un journaliste sensuel, amateur de femmes et de gastronomie.

    Il n’y a pas de preuve, seulement des indices et des convictions. Qui l’a tuée? Les soupçons se portent vite sur les héritiers, et plus particulièrement sur les deux fils. L’ainé, agent immobilier qui a coupé tous les ponts avec sa mère mais a un grand besoin de liquide, ou le dernier, un étranger de couleur de peau différente, adopté, et qui s’est disputé avec sa mère la veille de sa mort pour obtenir de l’argent...

    Toute ressemblance avec une affaire ayant réellement existé, par exemple celle-ci, est bien entendu une pure coïncidence. D’autant plus qu’elles ne se terminent pas de la même manière. Dans le bouquin, le fils adopté est innocenté et le frère aîné reconnu coupable. Dans l’affaire réellement arrivée et dont je ne parle pas, c’est le contraire.

    Le polar de Bernard Peitrequin se lit bien, malgré quelques épisodes superflus. On peine par exemple à comprendre ce que peut bien faire dans le livre le récit d’un voyage à Vilnius et la description du tour organisé à cette occasion. De même quelques approximations dans la ponctuation gênent. Peitrequin a l’habitude de séparer les longues répliques en plusieurs paragraphes, et place devant chacun d’eux un tiret, qui ne devrait servir qu’à marquer le changement de sujet ou le changement d'interlocuteur dans un dialogue.

    Mais la composition du récit intrigue, particulièrement au début, quand Peitrequin remonte plusieurs années avant le meurtre, lance quelques fausses pistes et donne des éléments en mosaïque qui trouveront leur place plus tard.

    Et puis il est intéressant de trouver une histoire à suspense dans un décor connu - et, surtout, de ne pas voir, dans l’intrigue, des références à une histoire réellement arrivée!

     

    Bernard Peitrequin, L’énigme Denervaud, L’Aire

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  • Joe R. Lansdale, Tape-culÇa cogne dur et ça canarde sec chez Joe R. Lansdale.
    Hap Collins, le roi de la baston, veut faire plaisir à sa nouvelle copine dont la fille, une jeune putain, s'est fait maquer par une organisation. Mais quand ils débarquent dans le bordel avec leur ami Léonard et tout un arsenal, ils découvrent qu'elle s'est fait vendre à un gang de bikers, les Banditos Supremes, des Nazi survivalistes. Ils ont une ferme derrière la frontière mexicaine, avec des crotales tout autour et des flingues partout. Donc, nos héros y vont.
    Humour scato, mais aussi contrastes irrésistibles (le nain manipulateur qui parle comme Shakespeare), sang et tripes (répandues), vie humaine qui a autant de valeur qu'un préservatif utilisé: c'est du lourd dans Tape-cul.
    Une originalité dans le duo de héros texans, qui n'en est pas sa première aventure (« Une enquête de Hp Collins et Léonard Pine »). Le narrateur est le gentil. Sensible, humaniste. Peut-être pas selon nos critères, mais d'après son ami Leonard, homosexuel noir vétéran de la guerre du Vietnam qui a moins de scrupules que Staline, Hitler et Pol Pot réunis à répandre le sang, et que sa conscience ne trouble en rien: jamais un cauchemar.
    Sa vision noire de la vie est confirmée par les faits, bien sûr. A la fin, la fille qu'ils ont sauvée se remet à tapiner et sa mère ne veut plus voir Hap. Mais le lecteur, lui, a passé 300 pages sans décoller le nez du livre.

    Joe R. Lansdale, Tape-cul, Folio policier


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