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  • Une phrase poignante ouvre le livre trop méconnu d'André Barbon, Destin: « Et je me rendis compte alors que, depuis ma naissance, j'étais voué au malheur. » Cette autobiographie déguisée conte l'histoire d'un homme qui, après une existence tout à fait normale, d'une extrême banalité même, se retrouve soudain dans un état de crise inexplicable. Profondément seul, blessé par la vie, en proie aux affres du désenchantement, il se sent soudainement en marge. Quelque chose s'est brisé en lui, mais quoi? Il continue pourtant son existence d'employé modèle sans que quiconque ne se doute de sa profonde crise intérieure. En état de rupture cependant, il réfléchit longuement à sa vie, médite sur son passé, sur ses parents, lui pasteur, elle vouant une passion aux napperons crochetés - une clé peut-être qui explique la vocation artistique de leur enfant. Puis le héros se lance dans l'introspection et analyse avec la plus grande lucidité les humeurs qu'il éprouve au fil de ses journées, depuis le rasage du matin jusqu'à la prière du soir, depuis la rumination nocturne jusqu'au rasage du matin. On se rase en effet beaucoup, dans ce livre. Cet examen s'élargit et le protagoniste médite sur le monde des idées. Enfin, dégoûté de la réflexion, il décide de se lancer dans l'action, s'engage dans la fraternité humaine et va servir la soupe populaire du dimanche à la paroisse. (André Barbon, Destin, Editions du Barbier)

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  • Le récit d'Arthur Brutin, Le Saut, frappe le lecteur par sa vivacité. Le héros, un terne jeune homme, s'inscrit dans un stage de préparation au saut à l'élastique, désireux d'affronter ses limites et d'aller jusqu'au bout de lui-même. Il y rencontre Gabrielle, qui sera, comme l'écrit Arthur Brutin dans une formule heureuse: « une femme et toutes les femmes ». Mais, attiré par Gabrielle, le héros tergiverse. Faut-il l'aborder? Comment? Que lui dire? La description minutieuse de ces hésitations nous fait pénétrer dans une analyse précise des intermittences du coeur et de la peur de la femme, fascinant monologue intérieur d'une soixantaine de pages. Puis Gabrielle entraîne le personnage principal dans sa chambre et le séduit. Le récit tourne alors à l'érotisme torride chargé de mysticisme: le héros découvre Dieu dans le sexe féminin. Le lendemain, les deux amants illuminés se rendent sur le Pont du Diable (relevons encore l'onomastique) pour leur premier saut. Mais saisi par une vague de frousse, le héros ne parvient pas à se jeter dans le vide et regarde Gabrielle se lancer, prendre son envol « comme un Archange », lumineuse, harmonieuse, bras écartés. Mais l'élastique ne va-t-il pas se casser? Le roman se termine sur ce suspens lancinant. (Arthur Brutin, Le Saut, Editions de la Passerelle)

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  • Les Poupées du Froid
    de Jean Winiger parle d'avant, quand le Mur de Berlin était encore dressé, tel une cicatrice dans notre imaginaire. Le héros, un jeune orphelin, est chargé d'une mission dans un pays gelé. Il doit y récupérer une bouteille de gnôle et un bouc de lumière... Attendez, il semble que je confonde deux textes. Zut! (Jean Winiger, Les Poupées du Froid, Editions de L'Aire)


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  • Dans cette saga, De la graine à la courge, qui a coûté à l'auteur vingt ans de travail, il parle de lui-même. (Arthur Bibi, De la graine à la courge, Editions de la Vocation)

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