• On chicane Casanova parce qu'il a inventé (Constantinople), parce que des dates sont fausses. Une armée lancée à ses trousses vérifie chaque nom, chaque date.

    Cette traque, paradoxalement, ajoute un surcroît de réalité au texte. Et pose aussi de façon intéressante la question du flottement entre fiction et réel.


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  • Il y a un moment et un lieu où notre libertin ne peut plus compter sur ses charmes pour obtenir des complaisances des dames. C'est plus particulièrement dans la Russie de Catherine IICatherine II, en 1764 mais on lui donne la solution: il suffit d'acheter une paysanne.

    En voyant une qui lui plait, il charge son ami de la transaction. Voilà les deux messieurs dans la masure. L'ami explique, le père remercie Saint-Nicolas et tient absolument à ce que Casanova, avant de payer, vérifie que sa fille est bien vierge. Notre séducteur gêné s'exécute pour ne pas être discourtois, serre la fille entre ses cuisses, et palpe l'hymen intact. Le marché est fait.

    Le problème est que la fillette est jalouse et menace de le tuer dans de furieuses crises. Finalement, Casanova la revend à un ambassadeur et quitte la Russie.

    Mais il ne renonce pas aux nymphes pour cela. En Pologne, il achète la virginité d'une autre fillette. Aussitôt l'affaire connue, les paysans de la contrée entière viennent lui proposer leurs filles. Autres temps autres moeurs?

    Peut-être pas. Rassurez-vous. On soupçonne Casanova d’avoir inventé ces achats de toutes pièces.

    Ce serait un fantasme de vieillard: quand il écrit ses mémoires, il a plus de 60 ans. L’idée de cette facilité à obtenir de jeunes filles aurait réchauffé les imaginations du vieux monsieur indigne devenu écrivain à plein temps.

    Et excellent écrivain: on ne peut pas lire ces pages cyniques sans se sentir envahi par une indignation qui est un hommage au talent de l’auteur.


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  • Casanova entre 1755 et 1760, donne les meilleures preuves que la parole est un acte.

    Pour séduire les femmes, éblouir les hommes et tromper les dupes, il n'a que cette arme. C’est par le discours qu'il obtient volupté et argent.

    Bien sûr, l'enveloppe compte aussi. Notre homme est de belle prestance, couvert de dentelles et de pierres précieuses, remarquable comédien avec le monde pour théâtre.

    Sa grande arme: il sait surtout ne pas rire (nombreuses répétitions de: « Je gardai mon sérieux. »)


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  • Giacomo CasanovaCasanova, après l’affaire de la Charpillon, se rattrape vite. A peine sorti des griffes de cette fille, il réduit à la prostitution de jeunes Hanovriennes, laissées seules par leur mère qui doit aller en prison pour dettes.

    Jetées à la rue, mourant de faim, elles le supplient de les aider. Le marché qu’il leur met dans les mains est simple. Elles ne veulent pas coucher avec lui? Elles n'auront rien.

    Profitant de leur détresse, il finit par atteindre son but et donne ponctuellement à chaque sœur 20 guinées après chaque nuit qu'elle a passée avec lui.

    Et très satisfait de sa conduite, il tire même une morale de cette histoire: son erreur avec la Charpillon, dit-il, est de l'avoir payée avant


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  • Mme du Barry, courtisane puis maîtresse de Louis XVGiacomo Casanova aurait-il subi les effets de la crise de la quarantaine?

    Ça m'étonnerait, entre nous, que cette notion, la crise de la quarantaine, ait existé au XVIIIème. C'est notre époque riche en concepts foireux qui l'a inventée. Dites-moi si je me trompe, je n'ai ni le temps ni l'envie de faire des recherches là-dessus.

    Bref: Casanova.« Plus j'avançais en âge, plus ce qui m'attachait aux femmes était l'esprit. Il devenait le véhicule dont mes sens émoussés avaient besoin pour se mettre en mouvement. »

    Casanova écrit ça en 1770. Il a 45 ans. A Sienne, il vient de rencontrer une spirituelle marquise Chigi, qui a fait sa conquête, bien qu'elle ait 47 ans. Lui qui n'aimait que les tendrons!

    Le soir, nouvel exemple. Un ami l'emmène dans une maison où il y a deux sœurs. La plus jeune, Térésina, est une beauté. L'autre s'appelle Maria Fortuna. Casanova est immédiatement rebuté par sa laideur. Mais elle fait des vers à ravir, elle épate notre poète, si bien qu'à la fin de la soirée, il se déclare amoureux de celle que la nature n'a pas gâtée.

    Notons tout de même que tout ceci reste complètement platonique.

    L'esprit triompherait du corps, donc? Rassurez-vous. Le vieux libertin, au fond, ne s'est pas calmé. Il précise, quelques pages avant: « Des fréquents soupers avec des filles très jolies éteignaient nos désirs avant même qu'ils eussent la force de nous faire soupirer. » Après, il est facile d'être sage, philosophe et vertueux.


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