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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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Minarets: oh oui! | 06 novembre 2009

swisstxt20091015_11359802_5.jpgLe 29 novembre, donc, on votera en Suisse. Je rappelle que des représentants de l'extrême-droite, l'UDC et l'Union démocratique fédérale (UDF), ont lancé une initiative, qui a abouti, pour introduire dans la Constitution une interdiction de construire des minarets.
Je voulais faire un papier là-dessus. Un texte objectif qui confronte les arguments pour et contre. Une vraie petite dissertation. Mais quelle difficulté! Il a fallu insister, c'était un exercice de style complexe. Car si les motifs pour refuser l'initiative abondent, il faut se battre les flancs pour en trouver de favorables. Mais enfin, j'ai réussi: et voici quatre raisons pour voter oui à l'initiative.
1: Nous porterons des coups très durs à la religion. L'islam pour commencer, mais les autres suivront. La suite obligée étant bien sûr de détruire les clochers, bulbes, coupoles, etc. Aucune tolérance. La religion évidemment est le mal, Voltaire le disait déjà. Interdire les minarets est un premier pas intéressant. Nous nous occuperons des différents clergés ensuite.
2: Nous empêcherons une prolifération incontrôlée, favorisée déjà par le laxisme actuel. N'oublions pas qu'il y a déjà quatre, oui, j'ai bien dit quatre, minarets dans l'ensemble de la Suisse. Mais que fait la police des constructions? Que le Conducteur et futur Gouverneur de Genève, de la Suisse, du Monde: Eric Stauffer, l'homme des chiffres (voir ici), mette un peu d'ordre dans tout ça! Car il a toutes les solutions, il éradique les dealers, il annihile les mendiants, il construit des logements, il donne du travail à tout le monde, il console les veuves et les affligés, il guérit les écrouelles, il soulève les montagnes, suffit de lui demander.
3: Nous soutiendrons grâce à notre vote Oskar Freisinger, le grand poète d'extrême-droite, qui a été l'un des premiers à éructer contre les minarets. Voir ici. Nous remettrons dans les médias cet homme en perte de vitesse, considéré comme un guignol par l'UDC lui-même, son propre parti, qui lui préfère désormais les bien sérieux Yvan Perrin, policier neuchâtelois, et Yves Nidegger, ancien mooniste.
4: Il y aura ensuite plein d'attentats de fanatiques islamistes contre la Suisse, et nous pourrons enfin montrer notre capacité de résistance et de lutte. Nous ferons la preuve de notre caractère intransigeant et guerrier, ce qui ne s'est plus vu depuis 1515, date de la bataille de Marignan, dernière à laquelle la Suisse a participé. Que nous avons perdue. Mais n'oublions pas que nous n'avons plus rien perdu depuis.
Mes arguments vous ont convaincu? Je peux vous assurer que moi, en tout cas, au moment de voter, je n'aurai pas la moindre hésitation.

Publié aussi dans Blogres

Publié par Alain Bagnoud à 09:50:41 dans Polémique | Commentaires (1) |

Un article de René-Claude Emery | 05 novembre 2009

René-Claude Emery dans le rôle d'OedipeJ'ai plusieurs raisons pour vous renvoyer à l'article que René-Claude Emery a publié sur son blog le premier novembre.
La première est que l'auteur est mon cousin. Ma mère, Yvette, et sa mère, Anna, sont soeurs. N'est-ce pas? Yvette et Anna. (Les autres soeurs s'appellent Alice, Nelly, Lydie, Georgette, et le frère Angel. Tout ça fait sens, non?)
La deuxième est que René-Claude est un excellent acteur. J'en ai parlé ici et ici. Il joue Oedipe roi de Sophocle au Théâtre des Osses jusqu'au 12 décembre. On le voit dans ses oeuvres sur la photo à droite.
La dernière raison, enfin, est tout à fait accessoire. Evidemment. Dans cet article, il parle de mon roman, La leçon de choses en un jour, et, disons, en un mot comme en cent, qu'il n'en dit pas grand mal...
Le début:

Voilà un auteur dont j'ai lu tous les ouvrages publiés. J'allais écrire publications mais ça aurait été abusif. Il participe à plusieurs blogs, , dont le sien, , à un site littéraire, ici, et je crois qu'il a contribué à en tout cas un livre d'art, sans parler des articles de journaux.. La suite ici.

Publié par Alain Bagnoud à 12:09:29 dans Lectures | Commentaires (1) |

L'eau | 04 novembre 2009

Genève sous la pluie, copyright franck cortotIl bruine. Parapluie bleu au logo de compagnie d'aviation pour ce cadre supérieur en loden noir qui parle de ses rhumatismes. Puis il évoque les prévisions d'un almanach. Le Messager Boiteux. La saison sera rude. Mauvais temps assuré. Les proverbes sont formels. Ça dit la vérité, il le voit année après année.
Son vis-à-vis bronzé, aux cheveux grisonnants coupés très courts, porte une parka militaire sur son complet rayé. Il l'enlève pour travailler, sans doute.
Partout des parapluies, rose aux gros points blancs et violets pour cette femme entre deux âges qui explique au téléphone que son téléphone est en panne. Brun foncé pour cette dame à l'air sévère, la tête est enveloppée d'un mouchoir brun aussi. Noir pour ces deux amoureux tout en noir qui s'embrassent. Rouge foie pour l'homme maigre qui ressemble à un acteur de Hollywood, vieux beau très connu.
Des hommes pourtant travaillent sur un chantier nocturne, lumineux dans tout ce terne avec leurs casques et leurs tenues imperméables fluos, jaunes, orange, vertes.

Publié par Alain Bagnoud à 10:17:15 dans Transports | Commentaires (7) |

la propriété | 03 novembre 2009

"Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété."

                                  Honoré de Balzac (La peau de chagrin)

Publié par Alain Bagnoud à 08:13:18 dans Citations | Commentaires (2) |

On ne lit plus Michel Tournier | 02 novembre 2009

Le roi des aulnes, gravure de ?
On ne lit plus Michel Tournier. Cet écrivain vedette des années 70 et 80 est au purgatoire. Je me suis demandé quelle en était la raison lorsque j'ai trouvé dans les bacs d'un marché aux puces deux de ses livres qui m'ont rappelé sa gloire passée.
Pourquoi ne pas les relire? Aussitôt dit, aussitôt fait...
Et maintenant, je comprends, sans avoir besoin d'une étude approfondie.
Ces romans à thèses me sont tombés des mains. Quelques pages du Roi des Aulnes (le thème de l'ogre, Saint-Christophe, l'Enfant...), quelques-unes de Robinson ou les limbes du Pacifique (le puritanisme, les quatre éléments, le renversement des valeurs)... Et j'ai reposé les livres.
Je me souvenais évidemment de Tournier comme d'une sorte de virtuose de la construction. Il accumule les thèmes, les symboles, il articule le tout avec science. Rien n'est gratuit, tout est récupéré, inséré, intégré, montré. La lecture en devient vite pesante, agaçante.
L'auteur insiste lourdement sur la signification de chaque chose, met en avant, explique, revient. Ce qui chez d'autres, plus subtils, constituerait l'arrière-fonds, est chez lui exhibé. Les sous-entendus sont projetés à la surface. Il n'y a aucune possibilité pour le lecteur d'une interprétation personnelle: l'écrivain lui impose ses éclaircissements.
Tournier est fils de son époque: ces années-théories, explicatives, dont il porte les valeurs et les transgressions, dans une écriture paradoxalement plutôt classique. On peut préférer des auteurs qui laissent un peu plus de place au lecteur...

Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Robinson ou les limbes du Pacifique, Folio

Publié par Alain Bagnoud à 09:13:08 dans Pas fini | Commentaires (7) |

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