
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Icone de la Trinité, par Andreï Roublev (XVème siècle)
Question intéressante, hier soir, au restaurant, après une discussion un peu erratique : est-ce que la Trinité concorde avec le signe saussurien ? C'est-à-dire : d'un côté, Dieu avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, de l'autre le signe avec le référent, le signifiant et le signifié.
Comme nous n'avons pas réussi à conclure, j'en appelle aux théologiens, linguistes, à ceux que cette question intéresse (ils sont, je n'en doute pas, innombrables).
Merci à tous de laisser la réponse dans les commentaires.
Publié par Alain Bagnoud à 10:01:22 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a quelque chose d'étonnant dans Viola, le texte que Silvia Ricci Lempen a donné au recueil Rencontre (éditions de L'Aire). Un texte, je le précise tout de suite, qui a d'indéniables qualités littéraires. C'est autre chose qui me trouble.
Le regard que l'auteur pose sur les hommes. Les mâles. Voici une citation prise à la fin de la première page: « Les membres du Département de langues modernes, auquel j'étais provisoirement rattachée, étaient pour la plupart des femmes de la génération de mes filles, dont j'admirais l'intelligence, l'énergie, l'ambition et la terrifiante compétence. Je souhaitais de tout cœur qu'elles arrivent à leurs fins, aux fins qu'elles poursuivaient en percutant avec ardeur les touches de leurs ordinateurs, en galopant dans les couloirs sur leurs petits talons qui faisaient un bruit de castagnettes. Les quelques mâles grisonnants du Département se garaient prudemment sur leur passage - mais c'est pour mieux vous manger, pensais-je, c'est pour mieux vous broyer. »
Le texte se présente comme autobiographique. L'auteur réside pendant cinq semaines dans le Nord du Pays de Galles. Elle y rencontre une jeune femme qu'elle renomme Viola. Lourde symbolique dans ce nom. Viola, 28 ans, « docteure en biologie marine ». Une femme brillante qui a été écartée des postes qu'elle méritait par la conjuration des mâles. Elle occupe un poste à mi-temps de documentaliste à l'université et complète son salaire minable en surveillant un foyer d'étudiants. A la fin, son poste est supprimé. Mais Viola n'est pas révoltée, n'a aucun désir de gagner sa vie autrement, n'a aucun autre projet.
Certes, il s'agit ici de littérature à idées, ce qui explique l'utilisation de clichés rebattus. On est quand même surpris que sous la plume d'une féministe, ceux-ci soient exactement les mêmes que ceux des machistes. Viola, c'est la femme fragile, soumise, incapable de se débrouiller, de prendre son destin en main. La femme incapable, sans réaction devant le complot masculin, qui ne sait finalement pas se défendre seule, qui aurait besoin d'un appui, de quelqu'un qui la guide, la soutienne.
Mon expérience du monde est limitée, mais dans le milieu de l'enseignement que je fréquente depuis plus de vingt ans, je n'ai pas l'impression que ce portrait corresponde à celui de mes collègues femmes. Certes, je ne connais pas le monde de l'entreprise et Silvia Ricci Lempen, ancienne rédactrice en chef de Femmes suisses, a probablement une vision plus globale que la mienne.
Mais je me demande quand même si continuer à colporter de tels poncifs est bien utile à la cause féministe. Il me semblerait dommage que les jeunes filles se voient comme ces êtres fragiles et forcément victimes inéluctables du mâle forcément dominateur et prédateur. Qu'elles voient en tous les hommes forcément des ennemis naturels et implacables à qui elles devront forcément se soumettre en fin de compte.
Elles vont avoir à lutter, contre les inégalités de traitement, mais aussi contre des individus, mâles ou femelles, qui voudront s'approprier les places disponibles, et il me semble qu'il y a peut-être des qualités autres que la faiblesse féminine à mettre en valeur, par exemple dans ce futur roman dont rêve Ricci Lempen et dont elle parle abondamment.
Une fiction sur les femmes. « J'aimerais écrire sur elles un roman d'un million de pages où leurs histoires proliféreraient et s'enchevêtreraient, envahissant l'espace de l'imagination, prenant la place, dans l'imagination, des histoires de garçons qui grimpent à la proue et hurlent à l'océan « I am the king of the world ! »
J'espère que ce roman se fera, mais qu'il y aura autre chose dedans que la déception, le découragement, le ressassement des vieux stéréotypes, et l'illustration du désir féminin d'auto-anéantissement dont parle Ricci Lempen en citant Christa Wolf1). Qu'il y aura aussi là-dedans des femmes résolues hurlant : « I am the queen of the world. »
1) « J'affirme que chaque femme qui, dans notre aire culturelle, s'est aventurée dans les institutions marquées par les représentations masculines, a dû éprouver le désir de l'auto-anéantissement. »
Rencontre, collectif, Editions de l'Aire
(Publié aussi dans Blogres.)
Publié par Alain Bagnoud à 09:41:11 dans Lectures | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 14:27:13 dans Citations | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 13:06:48 dans Chansons | Commentaires (0) | Permaliens
Le sol est noir avec des rayures blanches, les murs jaunes, excepté l'un d'eux où de grands panneaux rouge foie ornés d'une lampe grise sont séparés par des miroirs. En face, une longue banquette en bois avec, au-dessus, une glace horizontale qui court tout au long du mur. L'espace en est tout agrandi, on se voit ici, puis là, au hasard des reflets.
C'est coquet, chaleureux, avec de jolies tables en bois anciennes, des chaises de bistrot et quelques plantes vertes. Le nom vient de la plaine de Plainpalais, sur quoi s'ouvre la vitrine et dont les travailleurs du marché aux puces passent, le mercredi et le samedi. Il y a une terrasse.
Quand La Plaine Lune a ouvert, voici plusieurs années, c'était un autre décor et sa spécialité était d'engager des chômeurs en fin de droit pour les aider à se recycler. C'est ce qui peut-être a modelé la clientèle. Avec les puciers et leurs acheteurs, il y a des gens du genre, je dirais, gauche chrétienne. Et les étudiants qui peuplent de toute façon le quartier.
Ceux de La Plaine Lune ont plutôt tendance à avoir un petit accent allemand. Très proches, à quelques dizaines de mètres, il y a un foyer pour étudiants germaniques et la paroisse allemande.
On mange, à La Plaine Lune, de la choucroute garnie, des moules marinières frites salade, de la souris d'agneau, ou de la joue de bœuf mijotée avec os à moelle et pommes vapeur (aujourd'hui). C'est familial. On s'y sent bien, on a envie de rester.
Mais l'endroit ne favorise pas les errances et les dérives nocturnes. Il ferme tôt. À 22 heures 30 en général, le lundi à 17 heures, le samedi à 15 heures 30. Il est temps alors de passer au Métis, au Lys ou au Sud.
La Plaine Lune, avenue du Mail 14 bis, Genève
Publié par Alain Bagnoud à 08:34:25 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (0) | Permaliens
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