• Juste en face de l'université, 99 boulevard Carl-Vogt, de l'autre côté de la rue, il Le Kidy a un chaleureux restaurant qui n'est pas tellement fréquenté par les étudiants. Un peu trop cosy, vieille bohème, décoration abondante, nappes confortables et tons chauds. Le Kid.
    Appelé ainsi à cause du film de Charlie Chaplin, qu'une ou deux affiches évoquent.
    Il y a bien d'autres choses au mur. Des lithographies dans le genre art naïf revisité par Chagall ou le douanier Rousseau. Des miroirs. Une machine à coudre. Un fusil. Des assiettes décorées. Des porte-bouteilles de vin. Une présentation de la famille Knock. Les concurrents de Knie... (Mœurs suisses : Knock et Knie sont les deux plus grands cirques des cantons et leurs propriétaires constituent les seules dynasties royales dans ce pays qui se pique de démocratie.)
    Chaud, sombre, illuminé par de petites veilleuses et lampes de chevet, avec ses affiches colorées et dorées, le Kid a quelque chose d'une église orthodoxe.
    Au bar, un demi-étage plus haut, on célèbre parfois des colloques gay-friendly. Dans la salle, c'est mélangé et intimiste. Le restaurant fait le grand écart entre spécialités végétariennes bio et grillades au feu de bois et ceps de vigne. La carte ici


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  • L'Etabli. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. C'était un établissement baba-cool. Sans alcool, à l'époque. On n'y boit pas moins qu'ailleurs, aujourd'hui, mais l'ambiance a gardé quelque chose de ces années 70. Une ambiance, un mobilier, quelques détails comme les lampes de la deuxième salle dont les abat-jours sont recouverts de tissus multicolores.
    Car il y a trois salles en enfilade. Assez étroites derrière. Qui donnent un peu l'impression d'un long et large corridor. La première, où est installé le petit bar (en forme d'établi), contient surtout une très grande table rectangulaire autour de laquelle on peut se mettre à dix, quinze, plus si on se serre. Au mur, des affiches de cinéma, de théâtre...
    La deuxième a de petites tables carrées à dessus rouge. Des tables à deux places devant des banquettes en cuir beige.  Ces fameuses lampes. C'est plus intime.
    Je suis là, actuellement, à rédiger ce texte. Eh oui, je travaille parfois dans les cafés. Pas par pose ou pour prendre la posture, comme prétend Jean Winiger, qui rigole en disant que je joue à l'écrivain.
    Mais je lui rétorque que je passe totalement inaperçu parmi tous ces étudiants à ordinateurs portables, rapports et photocopies. Il y en a ici. Juste de l'autre côté de la petite séparation entre les rangées de tables, qui supporte des flyers. Genève urban map , le Bistr'ok et ses repas biologiques, programme moaclub. Plongés dans leurs devoirs ou leurs recherches.
    L
    a troisième salle , enfin, est plus claire, et donne sur une grande terrasse intérieure, entre les façades d'immeuble, mais avec fresque murale.
    L'établissement a du succès. Encore aujourd'hui. Plein de jeunes le soir. Une anecdote. Une de mes élèves, blonde délurée de dix-neuf ans avec un anneau dans le nez, me demande où j'habite. Elle repère l'endroit. « Pas très loin de l'Etabli », dit-elle. Je l'informe que j'y vais depuis des années. « Non », rétorque-t-elle très choquée, « c'est moi qui y vais. »
    J'ai eu beau affirmer que c'était aussi mon cas, elle ne m'a pas cru !

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  • Eh oui, Badaud. C'est bien moi que vous avez vu hier après-midi à la terrasse de L'Equipe ! Je lisais le début de Sixtine, un livre de Remy de Gourmont. Saluez-moi la prochaine fois, n'ayez pas peur de me déranger.
    Vous pourrez ainsi éventuellement me décharger de mes devoirs. Car à lire votre message, je me suis  souvenu que je n'avais jamais encore évoqué cette terrasse-là. Je n'ai fait jusqu'à présent que celles qui descendent la rue de l'Ecole-de-Médecine par la droite.
    Aujourd'hui, grâce à vous, nous allons donc remonter de l'autre côté. Depuis là où j'en étais resté.
    On commence par Chez Pouly. Boulangerie, tea-room, café. Une sorte de grosse boîte industrielle. Il y a des Pouly partout à Genève. Voici quelques années, leur slogan était de toute beauté. Chez Pouly tout est cuit. Il a hélas changé. Malgré tout, évitez le tea-room sauf le dimanche matin tôt, quand il n'y a pas moyen de faire autrement.
    On traverse le carrefour. Le Métis. Pas tout à fait sur la rue, mais on ne peut pas ne pas citer Le Métis. J'y vais très souvent. Je tiens à ce qu'on m'accepte encore.
    Puis la petite terrasse du Bodrum. Un kebab. Quatre tables sur la rue. Bière turque.
    Quelques mètres plus loin, c'est Le lys. Jeune, étudiant, sympa. Puis L'Epi d'or. Une boulangerie-café. La patronne est un monument. Une énergie, un abattage ! Clients surtout Portugais.
    Plus haut encore, L'Etabli. Un des premiers à avoir été ouvert dans le coin. C'était un établissement baba-cool dans les années 70-80, il lui en est resté quelque chose. Petite ouverture sur la rue, mais on peut aussi prendre le ciel derrière, sur une sorte de cour intérieure.
    Puis on débouche sur la Plaine de Plainpalais, avec L'Equipe. Là où j'étais, cher Badaud. La terrasse est très passante. Un grand angle. Peut-être que je vous ai vu, entre deux paragraphes, le regard levé... La dame au petit chien ? Le monsieur avec une poussette ? La superbe créature en mini-jupe ?
    Je sais, mais on peut rêver...


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  • La question des terrasses de Plainpalais reste posée. Dans laquelle s'installer ?
    Eh bien, je dirais que ça dépend des gens qu'on veut croiser. Commençons par la rue de l'Ecole-de-Médecine. Le reste plus tard, promis.
    On part du côté de la plaine de Plainpalais, on descend vers la rivière, l'Arve.
    Le Sagittario, d'abord. Un repère pour ceux qui jouent au billard. Il y a les amateurs et toujours une table d'Erythréens sur la terrasse. C'est le coin ouverture au monde, par là, parce que, ensuite, il y a la terrasse d'un restaurant asiatique, le Pousse-Pousse. Une terrasse à Arles par Van Gogh
    Quelques mètres encore et on est devant le DS bar. Là, on vient pour la serveuse. C'est une fille magnifique. Un canon. Elle a un petit côté brésilien, mais elle est asiatique. La terrasse en soi n'a qu'un intérêt, c'est de jouxter celle de La Ferblanterie, ce qui permet de s'y installer quand l'autre est pleine. Car c'est un exploit d'y trouver une place, à La Ferblanterie. Ça afflue de partout. Plutôt le genre intello-artiste. Assez vivant. On se sent dans le coup.
    Et plus loin, le Café de la radio. J'ai déjà parlé de sa terrasse sur Carl-Vogt, il s'agit ici de l'autre, qui a des clients plutôt populaires.. Celle qui ouvre sur le carrefour. C'est la plus intéressante du coin entre, disons 17 et 19 heures. Un passage ! Une vision !
    On franchit le boulevard Carl-Vogt, et voici Le Sud. La même vision d'un autre point de vue, mais un peu plus lointaine, le flux étant surtout de l'autre côté. L'avantage : des crus au verre bien choisis. Et on est chez les bobo (ça, je ne sais pas si c'est un avantage).
    Voilà, vous avez fait 142 pas depuis que vous êtes partis. Je les ai comptés. Il s'agit maintenant de remonter la rue, de l'autre côté. Mais ça, ça sera pour un autre jour !   

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  • Le PMU du coin. Une ambiance tout à fait particulière, surtout pendant les courses. Comme ce dimanche matin. Le petit comptoir dans un coin orné du fameux sigle avec la couleur verte, la préposée qui valide les tickets, les deux grands écrans plats qui montrent les chevaux, les messieurs assis sur les banquettes ou le long du grand bar (car c'est presque exclusivement des hommes).
    Ils ont étalé sur les petites tables en marbre les journaux spécialisés et se plongent dans des pronostics compliqués. Ils se connaissent, entrent, sortent, se serrent la main, se lèvent pour suivre plus précisément une arrivée, ce moment où dans un dernier effort, le cheval de tête distance les autres ou se fait remonter par un concurrent surgi de l'arrière.
    M
    ais les parieurs restent très calmes. Ils en ont vu, des surprises finales, plus rien ne les étonne.
    Ils discutent de tiercés, font leurs calculs, parlent de leurs réussites en buvant un coup de rosé. On mange aussi. Cuisine française.
    Ceux qui aiment vraiment le cheval dans tous ses aspects peuvent le goûter en  steak sur ardoise (le samedi). Et si on veut échapper à l'ambiance de brasserie et de course, il y a une salle à manger plus calme sur l'arrière. (18 avenue du Mail, 022 328 47 98)

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