• Le roi des aulnes, gravure de ?
    On ne lit plus Michel Tournier. Cet écrivain vedette des années 70 et 80 est au purgatoire. Je me suis demandé quelle en était la raison lorsque j'ai trouvé dans les bacs d'un marché aux puces deux de ses livres qui m'ont rappelé sa gloire passée.
    Pourquoi ne pas les relire? Aussitôt dit, aussitôt fait...
    Et maintenant, je comprends, sans avoir besoin d'une étude approfondie.
    Ces romans à thèses me sont tombés des mains. Quelques pages du Roi des Aulnes (le thème de l'ogre, Saint-Christophe, l'Enfant...), quelques-unes de Robinson ou les limbes du Pacifique (le puritanisme, les quatre éléments, le renversement des valeurs)... Et j'ai reposé les livres.
    Je me souvenais évidemment de Tournier comme d'une sorte de virtuose de la construction. Il accumule les thèmes, les symboles, il articule le tout avec science. Rien n'est gratuit, tout est récupéré, inséré, intégré, montré. La lecture en devient vite pesante, agaçante.
    L'auteur insiste lourdement sur la signification de chaque chose, met en avant, explique, revient. Ce qui chez d'autres, plus subtils, constituerait l'arrière-fonds, est chez lui exhibé. Les sous-entendus sont projetés à la surface. Il n'y a aucune possibilité pour le lecteur d'une interprétation personnelle: l'écrivain lui impose ses éclaircissements.
    Tournier est fils de son époque: ces années-théories, explicatives, dont il porte les valeurs et les transgressions, dans une écriture paradoxalement plutôt classique. On peut préférer des auteurs qui laissent un peu plus de place au lecteur...

    Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Robinson ou les limbes du Pacifique, Folio


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