• Certains s'en souviennent peut-être, j'avais bien aimé, Canines, d'Anne Viazemski. Une bonne raison pour lire ses autres livres. Mais Anne WiazemskiMon beau navire m'a déçu..
    C'est un récit d'adolescence et une traversée en bateau. Rien à dire contre ces sujets qui pourraient avoir leurs charmes si la manière de les traiter n'était pas un peu prévue. .
    La fillette qui fait le voyage chaque année devient cette fois plus ou moins amoureuse du beau lieutenant, un gentil marin qu'elle avait envie de retrouver. C'est qu'elle a grandi. Une copine de son âge noue avec elle une relation légèrement ambiguë. Sa mère finit sans doute dans le lit du capitaine. Et la vie ennuyeuse et ritualisée sur ces gros paquebots s'écoule....
    Anne Viazemski a tendance à utiliser avec système la focalisation interne, dirigée comme un gros projecteur dans la tête de son héroïne. Sans vouloir expliquer, analyser, elle montre, relate, veut nous faire éprouver peut-être ce que la fille ressent. .
    Comme le roman est à la troisième personne, il s'y surajoute les ombres que la narratrice, adulte sagace, pose derrière les scènes qu'elle décrit. Il existe ainsi un petit relent de danger ou de mystère parce que nous devinons et développons les implicites glissés un peu partout. .
    L'innocence de l'héroïne nous semble peut-être frôler ainsi quelques dangers. Ça crée une tension. Petite. Pas suffisante à mon goût pour relever cette histoire plutôt fade et me donner envie de la terminer...

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  • Trop long, trop fort, nourri de fantasmatique trop hard pour moi. Trop tout, quoi !
    Crash ! lie sur 300 pages l'automobile, la pornographie et la mort. Eros, thanatos et les collisions de voiture.
    Au début, un personnage nommé Vaughan meurt dans un accident de voiture volontaire qui visait à emboutir la star Elisabeth Taylor. Un narrateur nCrash! Une image tirée du film de David Cronenbergommé Ballard fait alors un flash-back et explique sa fascination pour Vaughan, qui mêlait dans un grand fantasme chocs frontaux, blessures, sang, tôles froissées, éjaculation de sperme sur le tableau de bord et mort clinique...
    Ça a commencé quand Ballard a eu un accident sur un toboggan d'autoroute près de l'aéroport. Sa voiture a fait un tête-à-queue, il a embouti le véhicule suivant qui contenait un couple, a tué le mari et blessé la femme. Femme qu'il retrouve plus tard, alors que les images de l'accident l'obsèdent et prennent une tournure sexuelle.
    Il devient l'amant de la dame. Tous deux font la connaissance de Vaughan, qui les a pris en photo le jour de l'accident, qui est branché sur les fréquences des ambulances, qui bondit sur les lieux d'accidents et mitraille à tout va. Vaughan couturé de cicatrices, dont le cercle proche est fait de cascadeurs automobiles ou d'éclopés survivants à des crash... Des gens nourris de mêmes fantasmes que lui, à qui se mêle Ballard. Vaughan qui veut finir par un dernier orgasme en emboutissant la voiture d'Elisabeth Taylor...
    J'ai arrêté là, après 150 pages.


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  •  underworldDécidément. J'ai déjà dit du mal de DeLillo ici (voir ici), et il faut recommencer. Moi qui ai tellement aimé les autres livres de cet auteur new-yorkais, jadis. Je crains désormais de les rouvrir. Autant rester sur un bon souvenir.
    DeLillo, dans Outremonde, a manifestement voulu faire Le Grand Roman Américain dont toute la littérature de là-bas rêve depuis Melville et Moby Dick. Celui qui dévoilera enfin de façon éclatante et définitive l'âme de ce pays.
    Ça commence en 1951 par un match de base-ball (ce sport si typiquement américain, vous voyez l'allusion). Sinatra et Hoover sont là, et celui-ci apprend que l'URSS a essayé sa bombe atomique.
    Puis on suit dans tous les sens la balle de match qu'un gamin noir a réussi à récupérer. Gros basculements chronologiques. Toutes sortes de personnages.
    Mais s'il y a une ambition englobante (l'âme américaine), il manque un éditeur. Oui, justement l'éditeur ? Pourquoi n'est-il pas intervenu, l'éditeur, avec son crayon bleu ? Il aurait pu faire de tout ça un roman mesuré et passable. Alors que là...
    900 pages aux lignes serrées avec des longues scènes pleines de détails. La balle de base-ball du match est le seul lien entre les épais morceaux de texte.
    C'est un peu léger (145 grammes) pour un si gros roman !


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  •  Quels délices, en général, les aventures du privé de Barcelone, Pepe Carvalho ! Désenchanté et gastronome, brûlant des livres dans sa cheminée, maqué avec une putain, parcourant dans toutes les saveurs Barcelone et le monde.
    J'étais donc très curieux de lire Mileno Carvalho, le dernier, l'ultime. Publié après la mort de Montalbàn dans un aéroport.
    Donc, Carvalho accusé de meurtre fuit avec son fidèle Biscuter. Ils voyagent. Ils font le tour du monde. On tourne les pages, on voit du pays mais où est l'intrigue ? Ça se délite. Ça se compose de scènes vues. Ça revient de temps à autre péniblement au genre policier.
    Le roman est placé sous le patronage de Bouvard et Pécuchet. C'est manifestement une manière de faire l'inventaire. Sur tout et sur n'importe quoi? Les éditeurs ont donc parlé de testament.
    Tant pis. Les autres romans de Montalbàn, eux, étaient bien vivants.

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  •                    Jacson Pollock, Yellow, Grey, Black

    Un nouveau thème. Il y a des livres, évidemment, qu'on ne termine pas. Par exemple, celui-ci : Tu chercheras mon visage. Il contenait pourtant les plus belles promesses. John Updike, d'abord, intarissable écrivain d'outre-atlantique, le prix Pulitzer, tout ça.  Jackson Pollock, Andy Warhol et Robert Rauschenberg, ensuite.
    Updike imagine dans ce roman que la vieille peintre Hope, 80 ans, reçoit dans sa maison du Vermont une jeune journaliste de New York. Elle a épousé Zack McCoy (Pollock). Donc, elle  raconte des anecdotes sur son alcoolisme, sa brutalité, son génie. Puis elle est devenue la femme de Guy Holloway, une synthèse pop art de  Warhol et Rauschenberg...
    Et qu'est-ce qu'on a ? Un huis clos fabriqué, des théories artistiques convenues sur le dernier demi-siècle de la peinture américaine, des relations entre les deux femmes artificiellement relancées. Un livre dont on a envie de dire que c'est très bien écrit, très culturel, très instructif. Quel ennui !


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