• "FORMULLES, CERTIFICAS ET AUTRES CHOSES ESENCIELLES RELATIVES A MON ETAT ACTUELL.

    "Magière de demander un congé.

    "Lorsque l'on est en sentestre et que l'on veut obtenir un congé d'été pour cause de maladie, l'on s'en fait dresser par un médecin de la ville et un cherurgien un certificat comme quoi avant l'époque que vous designé votre senté ne vous permet pas de rejoindre à la garnison. Vous observeré que ce certificat soit sur papier timbré qu'il soit visé par le juge et le commandant de la place..."

                                                                 Texte de Napoléon Bonaparte en 1787
                                                                 (Cité par Chateaubriand
                                                                 dans les Mémoires d'Outre-Tombe)


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  • tsr_tard-pour-bar_logo.jpgTard pour Bar. Programme culturel de la TSR. 24 septembre (voir ici).
    Il faut voir l'émission. Elle est édifiante. Le spectacle lamentable qu'y donne un animateur arrogant, inculte et paresseux démontre à ceux qui en douteraient encore que la télévision n'est pas compatible avec la littérature.
    Un éditeur romand y est censé présenter sa rentrée littéraire. Mais de rentrée littéraire, il n'est pas question. L'animateur, Michel Zendali, embraye sur les journaux intimes. Il se trouve que Michel Moret, l'éditeur, en a sorti trois cette année, le sien, celui de Gérard Delaloye et celui de Raphaël Aubert.
    L'animateur passe vite sur les deux premiers, qui tournent l'un autour de l'activité d'éditeur, l'autre autour de la littérature. C'est le dernier qui va faire l'essentiel de l'émission.
    Il apparaît que Zendali ne l'a pas aimé, l'a trouvé narcissique et satisfait. Les attaques fusent. Qui est-ce que ça intéresse? Combien l'éditeur a-t-il touché de subvention pour publier ça? Zendali coupe la parole, cite des passages. Puis, finalement, il avoue qu'il n'a pas lu le livre!
    A posteriori, tout est clair. Faute de faire son travail, M. Zendali connaît ses clichés. La littérature romande, lui a-t-on dit, est nombrilique, narcissique. Alors, pour préparer son émission, M. Zendali a feuilleté un peu quelques bouquins jusqu'à ce qu'il soit tombé sur un ou deux passages qui ont conforté ses poncifs.
    Quant à la rentrée littéraire annoncée...
    - Je vais arrêter de vous étriller, maintenant, je vais vous laisser juste une minute pour dire parmi les livres que vous avez sortis, il y en a beaucoup... Dites votre coup de cœur. Un coup de cœur que vous voulez absolument défendre.
    - Eh bien, j'en ai deux.
    Le grand inquisiteur:
    - Je vous donne qu'un!
    De quoi dresser un large panorama, non?


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  • Arthémise Gentileschi - Judith et HolopherneDonc, Sarkozy va fouiller les cartables. Ah, ça va y aller! Vous allez voir ça! Ceux qui auront des trucs dangereux, des compas et des ciseaux et des crayons trop bien taillés, tout de suite en garde à vue!
    Et ce n'est pas la seule mesure du président qui sort toujours la même panoplie quand il veut gagner une élection (cette fois, c'est les européennes): il va te me les nettoyer, les banlieues! Il en a 25 sous les yeux, et ça va chauffer.
    « Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux petits voyous cupides. Nous ne les laisserons pas persécuter les travailleurs honnêtes et courageux.»
    Le Kärcher n'est plus de mise, ça n'a pas marché. Ce qui va se passer, c'est que des agents du fisc vont repérer les signes de richesse anormaux qui vont les mener directement aux trafiquants. Si tu as une Rolex en banlieue, tu es foutu.
    Bon, c'est de la gesticulation, d'accord. Mais il y a quand même une question intéressante derrière tout ça: la violence des jeunes. Il est indéniable qu'elle a augmenté. C'est ce que dit en tout cas le prudent Département fédéral de justice et police suisse: « Les statistiques ne permettent pas aujourd’hui de tirer des conclusions exactes quant à l’ampleur de ce phénomène, car elles ne révèlent pas le "chiffre noir" de la criminalité juvénile. Mais elles laissent néanmoins apparaître que la propension des jeunes à la violence s’est effectivement amplifiée. »
    La faute évidemment à un quart de siècle de libéralisme, dont le message est clair: dans une société régie par ses règles, seuls les plus forts peuvent réussir, et c'est en écrasant les faibles.
    Que voulez-vous? Quand tout, et jusqu'à l'hyperprésident cité plus haut vous le proclame et vous le répète sans cesse, vous finissez par agir en conséquence.
    Il est temps, donc, de rappeler une vérité essentielle, qu'avait développée dans un livre Philippe Cotter,
    docteur en relations internationales. Ce qui suscite la violence est une chose simple et bien définie: le sentiment d'être humilié.
    Et je ne suis pas sûr que Sarkozy et tous les va-t-en-guerre sécuritaires soient en train d'en diminuer les causes.

    Philippe Cotter, Gilbert Holleufer, La vengeance des humiliés, Editions Eclectica

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  • alinari_tremblement_de_terre.jpg

    On est désormais accoutumé aux analyses sur l'UDC, sur son apogée et sur les raisons du début de sa chute. Dans les journaux, les parlements et les cafés du commerce, on se demande pourquoi ce parti d'extrême-droite suisse a eu tellement de succès, passant en une quinzaine d'années de 12 % à 28,9 % des suffrages des citoyens, avant que, enfin, son chef ne se fasse expulser du Conseil Fédéral et que le grabuge ne s'installe dans son fonctionnement et son organisation.
    Le livre de Denis Clerc se démarque des autres par un joli titre d'abord, venu d'une nouvelle de Poe: La Chute de la Maison Blocher. Le mélange de nationalisme et de xénophobie qui est la marque de l'UDC y est réexaminé, les choses replacées dans leur contexte et leurs racines historiques commentées. Rien de très neuf là-dedans. Denis Clerc, qui a été pendant quinze ans conseiller d'Etat fribourgeois est un homme politique du centre droit qui connaît sa partition, sait délayer et répéter juste ce qu'il faut.
    Mais il y a une chose plus intéressante que toutes ces généralités dans son essai. Il expose en effet un paradoxe de l'UDC, que personne, ni ses ennemis, ni les journalistes, n'a relevé: « A aucun moment la contradiction entre la xénophobie active du parti et ses liens très forts avec les dirigeants d'une économie qui a besoin d'un million et demi de travailleurs étrangers et qui vit à 50 % du commerce avec l'étranger, à aucun moment elle n'est soulevée. »
    La contradiction est que ce sont les patrons proches de l'UDC qui ont besoin d'employés alors que l'UDC accuse la gauche et les Eglises de faire venir des gens qui amènent avec eux drogue et violence...
    Suite de quoi M. Clerc a le mérite de proposer un train de solutions pour régler le problème de la xénophobie, qui passent par l'acceptation de l'immigration en tant que phénomène économique, par des arrêtés fixant le contingent annuel de nouveaux immigrés, arrêtés soumis au référendum, etc.
    Bon, on peut trouver un peu ambiguë ou spéculatrice cette position raisonnable qui vise finalement à capter les électeurs UDC au profit des partis du centre droit. Mais enfin, le livre de M. Clerc se lit bien. L'auteur a parfois de la verve, pose quelques questions intéressantes, et n'est pas seulement fidèle à son parti, mais aussi à son nom: il est clair.
    Et puis il éprouve un enthousiasme communicatif à rappeler les claques qu'a prises récemment l'UDC et à détailler les fissures et les lézardes de la maison Blocher qui s'agrandissent. Et ça, oui, c'est délectable.

    Denis Clerc, La Chute de la Maison Blocher, L'Aire
    (Publié aussi dans Blogres.)


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  • Champaigne_Vanite-cf959.jpg
    J'ai de la chance: j'appartiens à deux cantons qui s'arrangent pour être alternativement la risée de la Suisse. Pas besoin d'aller chercher bien loin des sujets de conversation, il suffit de citer leur nom pour qu'aussitôt, vos interlocuteurs se pâment et s'épanouissent comme des citrouilles.
    Il y a quelques années, c'était le Valais. Vous vous souvenez probablement de cette période, avec les promoteurs immobiliers, le Parti Unique majoritaire, le gypaète, les écologistes tabassés par des commandos... C'était une époque où je ne pouvais pas apparaître dans une réunion sans qu'on m'interpelle en rigolant: « Mais qu'est-ce que vous avez encore fait, les Valaisans? » On rappelait les événements, on ironisait, on proposait les solutions les plus habiles: créer une fédération entre le Valais et la Corse, par exemple, ou décerner des appellations AOC pour que des comportements si pittoresques ne changent pas.
    Puis ça s'est déplacé. Qu'on le regrette ou non, le Valais s'est normalisé et a trouvé une manière de fonctionner moins folklorique. Vous vous rendez compte qu'une première femme y a même été élue Conseillère d'Etat? En 2009? Décidément...
    Heureusement, c'est Genève qui a repris le flambeau, et désormais, la rigolade a changé de camp: « Mais qu'est-ce que vous avez encore fait, les Genevois? »
    Il s'agit, je cite un peu au hasard, du stade de la Praille, de la votation annulée sur le cycle d'orientation, ou, pompom et feuilleton qui fait crouler de rire nos voisins, de la fumée dans les lieux publics, dont le dernier épisode rajoute une nouvelle touche de grotesque à une affaire qui n'en avait pas besoin.
    En effet, étant donné que l'interdiction de fumer est inéluctable, que seules quelques modalités sont encore à discuter, on peut se demander ce que cherchent les opposants. Une seule chose manifestement: à enfumer pendant quelques mois encore les bistrots, à coups d'effets suspensifs, pour satisfaire leur égoïsme, leur petit confort et leur mentalité de gamins qui font la nique aux adultes.
    Ce qui serait simplement grotesque si, comme on ne peut manquer de le rappeler, 50 à 60 personnes ne mourraient pas chaque année à Genève à cause de la fumée passive.

    (Publié aussi dans Blogres)


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