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L'arc-en-ciel de la gravité, par Thomas Pynchon (suite et fin) | 22 avril 2008

Bon, je suis arrivé au bout (voir ici, ici et ici). Avec la satisfaction que doivent ressentir les alpinistes quand ils ont gravi l'Anapurna.
762 pages serrées, une intrigue éclatée, des épisodes loufoques, des dGravity's rainbow, de Pynchon, couverture de l'édition originaleescriptions scientifiques, des transformations, des digressions en nombre. Il faut s'accrocher, mais, comment dire ? On se sent tout de même dans un livre important. Certaines scènes sont extrêmement cocasses. C'est une plongée dans un univers étrange et un livre puissant.
Je ne vais pas vous le résumer, ce serait d'ailleurs impossible. Ni gloser sur sa composition, minutieuse dit-on, où rien ne serait laissé au hasard. Par exemple, le nombre de chapitres de la deuxième partie (Une perm au casino Herrmann Goering) renvoie au symbole mathématique de l'infini (8), celui de la troisième partie (Dans la zone) à l'accélération gravitationnelle de 32 pieds par seconde ou les 12 chapitres de la fin (La contre-attaque), aux apôtres ou aux signes du zodiaque.
Tant mieux. Je fais confiance. C'est très travaillé. On le sent.
Un chaos organisé dans un monde absurde. Mais pas complètement décousu, donc.
Il existe des correspondances, des coïncidences, comme dans ces théories New Age, vous savez. Mais chez Pynchon, l'ordre caché est celui du complot et l'individu est joué, manipulé, plutôt que partie d'un tout harmonieux qui peut soudain être découvert. Le sens caché est forcément indécodable, mais ses fragments apparaissent et il  est possible de les relier par un effort de l'esprit.  Un effort qui s'appelle  la paranoïa.
Pas très gai, donc.
Mais malgré son pessimisme, Pynchon a une écriture allègre. Il rythme ses scènes comme un dessin animé, bourre son texte d'allusions à la culture populaire, invente des suites d'événements picaresques.
Et l'impression globale qui reste de ce livre, finalement, c'est la joie d'être quand même vivant dans un monde catastrophique,

Publié par Alain Bagnoud à 08:59:46 dans Lectures | Commentaires (0) |

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