Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

<< Aldebert, le bébé | L'arc-en-ciel de la gravité, parThomas Pynchon | Une biographie de Violette Leduc par Carlo Jansiti >>

L'arc-en-ciel de la gravité, parThomas Pynchon | 14 avril 2008

Lancement d'un V2 à PeenemundeQuand je disais (ici) que je m'étais mis en immersion dans L'arc-en-ciel de la gravité, ça représentait assez l'impression que j'avais au début du livre. Une plongée singulière dans une maelström de mots, de noms, de flashs, de morceaux narratifs, de théories, d'allusions, de digressions...
Le lecteur là-dedans se retrouve hébété, perdu, tentant de se raccrocher à une logique qui se dérobe souvent, tant le centre de cet ensemble éclaté est difficile à trouver. Enfin, au fil des pages, le puzzle se constitue un peu.
La première partie, En dessous de zéro, commence vers la fin de la deuxième guerre mondiale par le réveil d'une chambrée de militaires, nourris aux bananes par Pirate Prentice qui les fait pousser sur une serre. En les cueillant ce matin-là, Pirate voit, de l'autre côté de la manche, en Hollande je crois, décoller un V2 dont le soleil levant fait briller la trace condensée.
Et voici le premier thème important du livre. La fusée.
Une masse de personnages apparaissent ensuite. Beaucoup sont liés à un centre où des chercheurs militaires bizarres pratiquent la parapsychologie, la voyance, le channelling, font des expériences sur une pieuvre ou des chiens. Parmi eux, Pointsman, disciple de Pavlov, qui travaille sur le conditionnement. Conditionnement, deuxième thème. Lié à un troisième, le déterminisme, ici plus précisément la prédestination calviniste.
Le héros, remarque-t-on bientôt, est un Américain nommé Slothorp. Sa caractéristique est d'avoir des érections dans les endroits de Londres où tomberont quelques jours plus tard les V2. La carte qu'il tient de ses émois sexuels, avec des étoiles, se superpose exactement à celle que le statisticien Roger Mexico, adepte des théories de Poisson, tient sur la chute des fusées.
Or, on apprend que tout bébé, Slothorp a été conditionné par un savant, lequel est lui-même lié aux V2.
Ça commence à prendre forme, non ? Et ce n'est que la première partie, les 180 premières pages. Partagées, disent les érudits, en autant de parties que les cartes du tarot (le destin, humm ?) et sans doute savamment composées. Peu importe. Le lecteur moyen (c'est--à-dire moi) s'en fiche.
Il suit, sidéré, sonné, ces giclées de mots, emporté par le dynamisme noir de Pynchon, son savoir, sa langue, son sens du jeu, de l'extravagant, déboussolé souvent, mais jouissant de superbes moments de lecture. Ne comprenant pas tout, évidemment.
Mais ça, ça n'a pas d'importance. Je suis de ces lecteurs qui acceptent facilement d'être débordés, perdus même, si je sens que je suis dans quelque chose d'important, et qui compte littérairement. 

Publié par Alain Bagnoud à 09:08:35 dans Lectures | Commentaires (2) |

15-04-2008  09:11  15-04-2008 09:11
Métaphores érectiles  De  Alain Bagnoud identité certifiée Sujet:  Métaphores érectiles Url: [Liens]
Je suis la leçon de Pynchon. Chez lui aussi, ça fuse.
14-04-2008  19:49  14-04-2008 19:49
fusées  De  Michel  Sujet:  fusées Url: [Liens]
Eh! tu finis fort dans la métaphore érectile. Enfin, si les parties doivent s'aligner sur le tarot, on finira bien par tarauder.

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici

Rechercher

Archives

Avril

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930   

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6221357 visiteurs
Depuis le début du mois :
41516 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03