• Tsimtsoum au Théâtre Le Poche

    Tsimtsoum, Mariama SyllaJ'ai appris un nouveau mot. Tsimtsoum. Oui ça existe. C'est même très sérieux. Sa définition: « La théorie du Tsimtsoum dérive des enseignements de Isaac Louria et peut se résumer comme étant le phénomène de contraction divine dans le but de permettre à la Création de prendre place. » Pour le reste, je vous renvoie ici, à l'indispensable et pas toujours sûr Wikipédia - à propos, Wikipédia est-il masculin?)
    Comment j'ai appris ce mot? Tsimtsoum est le titre d'une pièce jouée actuellement auThéâtre Le Poche à Genève. Une création.
    Le texte de Sandra Korol parle de Dieu. Thème séduisant et peu à la mode. La situation aussi est singulière. La mère supérieure d'un couvent a découvert que des scientifiques ont démontré l'inexistence de Dieu. Quatre sœurs se réunissent pour prouver le contraire.
    Le texte est circulaire, un peu tarabiscoté, parfois un peu répétitif, intéressant. On ne comprend pas tout mais on s'en fiche, ça fait souvent mouche.
    Le décor représente des cellules en forme d'alvéoles. Dans cette ruche, quatre nonnes aux irrésistibles costumes qui les mettent entre abeilles et érudites. Elles se disputent, papotent, cherchent des arguments ou des preuves dans la raison ou le sentiment.
    Tout est censé se passer dans la tête de la mère supérieure, qui est en train de mourir et dont on entend la voix de temps à autre. Option un peu obscure mais on s'en fiche aussi: une ambiance est là. Et les actrices sont magnifiques. Des bêtes de scène. La pièce a été écrite exprès pour elles.
    Ça semble avoir un peu castré le metteur en scène, ici. Mettez-vous à sa place, face à quatre grandes comédiennes de théâtre: cette force, ce rayonnement, cet abattage!
    C'est comme un conducteur de char romain derrière quatre pur-sangs. Comment ne pas se laisser emporter? L'aurige semble débordé par ces galops fougueux, ces puissances individuelles et ces effets bouillonnants, volant sur son char fragile, cramponné, tout content déjà de ne pas être éjecté dans un virage.
    Oui, j'ai trouvé ça un peu débridé. Défaut de rodage sans doute, d'une création encore toute jeune (j'ai vu la quatrième), dont on peut parier, à voir son potentiel, que ça va s'épurer, se cadrer. Mais je conseille. Ne serait-ce que pour ses comédiennes. Ah, ces comédiennes!

    TSIMTSOUM (SANDRA KOROL / GEORGES GUERREIRO) jusqu'au 27 décembre 2009 , avec Aline Gampert, Kathia Marquis, Brigitte Rosset, Mariama Sylla, Théâtre Le Poche


  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Décembre 2009 à 11:59
    On traduit par
    Le mot tsimtsoum se traduit régulièrement par "retrait", en effet pour laisser l'homme libre, Dieu se retire du monde. Mais tout ça implique que Dieu existe, et postuler son retrait peut tout aussi bien laisser supposer son absence, sa non-existence. Ce qui permettrait aux hommes de se débrouiller aec le donné du monde. Ce qui finalement est la meilleure façon de responsabiliser tout le monde. http://anthropia.blogg.org
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