• Salons de Proust et de Goncourt : les Verdurin, la Princesse Mathilde

    Salle à manger de la Princesse Mathilde

    Je comprends mieux le salon des Verdurin depuis que je lis le Journal des Goncourt. Le milieu artiste dans lequel ils vivent, opposé au milieu aristocratique, c'est ce même milieu qu'Edmond de Goncourt fréquente, avec d'autres littérateurs, des peintres, des musiciens.
    Voir le pastiche du journal dans La Recherche. Pastiche dans lequel Marcel fait décrire à Edmond le salon Verdurin - ce qui, en plus de ridiculiser proprement Edmond, lance une passerelle entre l'univers du réel et l'univers romanesque proustien.
    Un autre passage de ce genre, entre le modèle et l'œuvre, est fait par la Princesse Mathilde, petite-nièce de Napoléon. C'est un personnage historique dont les Goncourt étaient les fidèles, elle occupe des parties importantes de leur Journal et Proust fréquentait son salon.
    Or, on retrouve la Princesse Mathilde dans Du côté de chez Swann, chez la Princesse des Laumes, future duchesse de Guermantes. Swann la présente au narrateur dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs lorsqu'ils se promènent au Jardin d'Acclimatation avec Odette et Gilberte.
    Voici son portrait :
    « Sa franchise un peu fruste et presque masculine, elle l'adoucissait, dès qu'elle souriait, de langueur italienne. Et le tout était enveloppé dans une toilette tellement Second Empire que, bien que la princesse la portât seulement sans doute par attachement aux modes qu'elle avait aimées, elle semblait avoir eu l'intention de ne pas commettre une faute de couleur historique et de répondre à l'attente de ceux qui attendaient d'elle l'évocation d une autre époque. »


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