• Michel Houellebecq et Aldous Huxley

    C'est un fait tout à la gloire de Michel Houellebecq : il a relancé Huxley et son Brave new world.
    C'était dans les Particules élémentaires.
    Un roman qui étonnerait Huxley. Lui dénonçait une société totalitaire basée sur le sexe, la consommation, le jeunisme, le bonheur  Arrabal sur le tournage de Possibilité d'une île, le film de Houellebecqpar l'infantilisme, et  l'efficacité économique. Michel, au contraire, trouve ça super. Il adorerait vivre dans le Nouveau Monde. Toutes ces coucheries, ce sexe obligatoire, ces filles toujours jeunes qui ne peuvent pas dire non.
    Et ce soma à disposition. Cette drogue qui rend béat, qui n'a pas d'effets secondaires, qui ne donne pas la gueule de bois. Car picoler, c'est très bien, n'est-ce pas Michel, mais le lendemain... Les alka-seltzer... Le monde hostile, les objets aigus, les sons trop forts, le brouillard des gueules de bois. Non, non, du soma, tout de suite !
    Et des partouzes, des femmes à disposition, des distractions, des jeux, des films ! Pas d'intellectualisme ! Plus d'art, plus de livres !
    Michel, ai-je dit ? Non non, je ne m'y laisse pas prendre. Il ne s'agit pas de Houellebecq mais bien évidemment d'un de ses personnages. Michel Djerzinski. Le héros des Particules élémentaires. Il travaille dans la recherche, clone des animaux.
    Dans Le Meilleur des mondes, ce sont les humains qui sont clonés. Et on a dissocié sexe et reproduction. Exactement ce que Michel veut faire. Michel Djerzinski.
    Michel Houellebecq, lui, montre, condamne. Il « possède le don d'exposer avec une atroce lucidité les maux de notre époque et de retourner le couteau dans la plaie jusqu'à ce que nous acceptions de regarder en face nos sales secrets » (Didier Sénécal, journaliste à Lire).
    Bon..J'avais bien aimé  les Particules élémentaires. Moins que Extension du domaine de la lutte, mais plus que Plateforme, par exemple. C'est déjà un peu lointain, ces lectures. Il m'en reste le souvenir de mises en scènes romanesques compétentes, d'une étonnante croyance en la science, d'une écriture relâchée mais efficace. Houellebecq, c'est Zola. Le Zola de notre époque.
    Un Zola avec de l'humour. Parce que sa manière de brûler ce que les gens de sa génération ont adoré, c'est souvent à hurler de rire.


  • Commentaires

    1
    a.cane
    Jeudi 18 Octobre 2007 à 12:53
    Arrabal
    Mais que va faire Arrabal dans la galère du film de Houellebecq, dont il n'est que trop évident qu'il va être d'une nullité abyssale?
    2
    ph.g
    Jeudi 18 Octobre 2007 à 17:27
    Houellebecq
    D'accord avec vous, Bagnoud. Houellebecq a quelque chose à dire sur notre univers, notre éqpoque, notre temps. Et puis on ne s'ennuie pas en lisant ses livres, bien que leur langage soit, comme vous dites, relâchés. Et ce n'est déjà pas si mal.
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