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    Journée faste que la Saint-Valentin pour mon Jour du dragon. Deux beaux articles en parlent ce jour-là.
    L'un dans le Courrier, dont je vous ai mis le fac-similé de la page Livres ci-contre. Il est d'Anne Pitteloud. L'autre dans 24heures, par Jean-Louis Kuffer.
    Textes, détails et liens suivent pour les intéressés. (Dès que j'aurai réussi à les capter.)


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  • Le Jour du dragonVoici le lien pour Lectures croisées, l'émission du jour d'Entre les lignes (sur Espace 2 ), qui est passée à 11 heures et qu'on peut entendre à nouveau ce soir à 19 heures. Deux critiques littéraires, Sylvie Tanette et Jean-Louis Kuffer, y décortiquent des livres dans un débat mené par Louis-Philippe Ruffy. Au sommaire: "Trois nouveautés romandes de janvier sont passées au crible de la critique."
    En fait, il n'y en a eu que deux, Un juif pour l'exemple, de Jacques Chessex (Grasset), et Le Jour du dragon, de votre serviteur. Le temps a manqué pour la suite.
    Et qu'ont-il dit? Eh bien, vous l'entendrez en suivant le lien .

    Lectures croisées: Deux nouveautés romandes de janvier sont passées au crible de la critique.


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  • ... et ceux qui désireraient entendre le résultat peuvent cliquer sur le lien ici.
    Il y a les infos d'abord. L'entretien commence exactement au début de la sixième minute.
    Bon, j'y abuse un peu du verbe ligoter il me semble. Mais pour la prochaine fois, promis, je chercherai des synonymes.

    Et, tenez, puisque ce blog me sert aussi à stocker des archives, je vais rajouter ci-dessous deux petits articles qui ont été écrits sur mon livre. Le premier est paru dans le journal Le Nouvelliste du 22.12.08 et le second dans Le Journal de Sierre du 12.12.08.

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    LES ANNÉES POP À CHERMIGNON
    Par Véronique Ribordy

    Une éducation sentimentale

    Le Jour du dragonAvec «Le jour du dragon», Alain Bagnoud livre une suite à la leçon de choses en un jour», récit très romancé d'une enfance à Chermignon dans les années 1960. Les années ont passé, le garçon arrive au seuil de l'adolescence et des années 1970. Comme le premier roman, «Le jour du dragon» se déroule sur une seule journée. Cette journée clé, l'auteur la situe le jour de la Saint-Georges, alors que tout le village est en fête. Ce sera aussi le jour de la première boum, des premiers émois amoureux et de l'irruption du vaste monde dans l'univers bien ordonné des villas tranquilles aux pelouses bien tondues, un univers où le maître, le président et le curé se partageaient jusqu'alors harmonieusement l'autorité. Pour les jeunes gens d'alors, la fanfare commence à perdre de ses attraits face aux groupes pop, la première cuite le dispute au premier joint. Le souffle du dragon, c'est pour l'auteur et son héros le souffle léger de la modernité et de l'ouverture au monde. Ce typique roman d'apprentissage dresse un portrait qui fait souvent mouche, celui d'un adolescent maladroit et timide. Ce rêveur un peu décalé se révèle pourtant un observateur attentif d'une société en mutation, où préjugés et manières de penser sont remis en cause. Et si le roman souffre parfois d'un trop-plein d'intentions, si le récit aurait gagné à quelques raccourcis et plus de fluidité, on se laisse prendre à cette relecture amusante, pertinente et non sans ironie de la vie des adolescents de ces années-là, sur fond de transformations sociales et d'inévitables désillusions. VR

                                                                                VÉRONIQUE RIBORDY

    Alain Bagnoud, «Le jour du dragon», L'Aire.

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    À LA SAINT-GEORGES
    Par Isabelle Bagnoud

    abAlain Bagnoud a depuis longtemps quitté le Valais. Physiquement seulement. Car la trame de son nouveau roman se déroule, une fois de plus, du côté de Chermignon où l'écrivain est né il y a quarante-huit ans. «Le jour du dragon» aux Editions de L'Aire, révèle immédiatement le décor. On est au début des années 70, c'est la Saint-Georges à Chermignon. Pour le garçon qui participe à la fête, c'est l'entrée dans la fanfare, mais aussi le premier béguin, la visite chez un peintre citadin, l'invitation à une boum... C'est toute la tradition et la modernité qui s'entrechoquent et se vivent en même temps, le ventre tendu. Le blouson en simili-cuir et le verre de fendant, le rock d'un côté, la baguette de tambour de l'autre, les jeunes et les vieux et cet adolescent au cœur d'un récit qu'on devine autobiographique mais qui possède des envolées initiatiques universelles. Un roman qui se lit comme une carte postale, avec plein de détails qui font juste plaisir, car l'on s'y croirait...

                                                                                  Isabelle Bagnoud

     


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  • radio
    ...le lundi 12 janvier, à 11h et 19h dans "Entre les lignes", une émission d'Espace 2.  C'est un entretien avec Sylvie Tanette sur Le Jour du dragon. Et puis, vous savez  ce que c'est, on pourra ensuite podcaster tout ça si on s'intéresse au programme et qu'on n'a pas pu l'écouter en direct. Le lien suivra dès que possible.

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  • ...sur Le Jour du dragon. Ceux que ça intéresse auront tout intérêt à cliquer ici. Ou à lire ci-dessous.

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    Le monde d'Alain Bagnoud

    Par Jean-Michel Olivier

     

    images.jpegOn dit souvent, à tort, que la littérature romande manque d'ambition. Le jour du Dragon*, le dernier livre d'Alain Bagnoud, nous démontre le contraire. Comme certains sages chinois sont capables, paraît-il, de voir le monde entier dans une goutte d'eau, Bagnoud raconte, dans le courant d'une seule journée, une vie entière. Pas n'importe quelle journée et pas n'importe quelle vie. Tout se passe le 23 avril, dans un petit village du Valais, le jour de la Saint-Georges., patron de la commune. Et ce jour fatidique, où Saint Georges terrassa le Dragon, est celui de toutes les expériences, les découvertes, les émotions, les transgressions. Nous sommes dans les années 70, années de liberté et de musique, un vent nouveau souffle même dans les villages les plus reculés. Car personne, ici bas, n'est à l'abri de l'Histoire.
    Enrôlé comme tambour dans l'une des deux fanfares du villages, le narrateur va vivre cette journée comme un parcours initiatique. C'est d'abord le sentiment — douloureux, puis exaltant — d'échapper aux griffes de sa famille, à l'ordre patriarcal qui empoisonne, depuis toujours, les relations. Bientôt le narrateur tiendra tête à son père, pourra se libérer de toutes les contraintes qui l'empêchent d'être lui, c'est-à-dire d'être libre. Comment briser les chaînes de l'enfermement familial? Grâce aux copains, à la musique, aux filles, à la Poésie. C'est la première leçon de ce jour décisif.
    Mais tout ne se passe pas si facilement, ni tout de suite. Grâce au talent d'Alain Bagnoud, nous pénétrons peu à peu, mot à mot, dans les couches les plus profondes de la conscience d'un personnage, superposées commes celles d'un mille-feuilles. La famille, donc, déjà omniprésente dans La Leçon de choses en un jour**, premier volet de cette autobiographie rêvée. Mais aussi la religion puisque le narrateur assiste, comme tous les villageois, à la messe célébrant Saint Georges. Rituel immuable, à la fois solennel et ennuyeux. Là encore, l'adolescent qui assiste à la messe ne se sent pas à sa place. Ce décorum ne le concerne pas ; au contraire, il l'aliène. Il ne se sent à l'aise qu'avec les copains qui l'entraînent sur des chemins de traverse. Car au centre du livre, extrêmement bien décortiqué, il y a le malaise d'« une existence médiocre, insuffisante. Un cerveau parasité de discours encombrants (...) Un magma instable qui aspire à se définir, qui cherche à se coaguler, mais infructueusement. » Jusqu'à ce jour, le narrateur n'a pas de visage, il n'est ni beau ni laid, il manque de présence au monde physique. C'est cette journée particulière, le Jour du Dragon, qui va lui permettre d'accéder à lui-même et au monde, jusqu'ici refusés. Dans le monde villageois pétri de traditions, de conventions et de clichés, il faut éviter comme la peste tout ce qui est singulier. Car le singulier doit toujours se fondre dans le collectif, le général, la famille ou le groupe.images-1.jpeg
    Ce trouble indistinct, Bagnoud le creuse parfois qu'au malaise. Et l'on sent une vraie douleur affleurer sous les mots qui se cherchent, refusant les clichés et le patois identitaire. Le rite de passage se poursuit : le narrateur goûte aux délice du fendant comme à ceux du premier joint. Ces paradis artificiels ne durent jamais longtemps. Qui peut comprendre ses vertiges, ses exaltations, ses ivresses poétiques et morales? Pas la famille en tout cas, ni les copains. Les filles alors? Le narrateur va connaître sa plus grande émotion à l'église, où il embrasse pour la première fois Colinette : transgression jouissive, et sans grand risque, puisque l'église, à cet instant, est déserte. Mais le narrateur a franchi le pas. Ce baiser initiatique l'a fait entrer dans un autre monde, merveilleux et bouleversant.
    Le livre se termine en musique. Ayant quitté l'uniforme de la fanfare, le narrateur retrouve ses copains dans une cave enfumée, s'essaie à jouer divers instruments, décide de fonder un groupe rock : The Dragon!, of course ! Abandonne l'abbé Bovet pour Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. Mais l'initiation au monde, la découverte de soi par les autres n'est pas finie: grâce à son ami Dogane, le narrateur va visiter l'atelier d'un peintre marginal, Sinerrois, qui va lui ouvrir les portes de l'expression artistique en lui montrant qu'en peinture, comme en poésie, la liberté est souveraine, source de découvertes et de joies. Nouvelle leçon de vie en ce jour fatidique! La liberté de peindre et de créer se paie souvent par la solitude, le silence, le rejet social. 
    L'épilogue du livre met en scène, dans un garage, l'une de ces fameuses boums qui ont fait chavirer nos cœurs d'adolescents. À cette époque, le seul souci (vital) était d'inviter la plus belle fille de la classe pour danser le slow le plus long (en général Hey Jude !). C'est l'expérience ultime que fait le narrateur au terme de cette journée proprement homérique, au sens joycien du terme, puisque toute une vie est concentrée en moins de vingt-quatre heures chrono. Ce qui est un fameux tour de force. Alain Bagnoud y scrute, au scalpel, les méandres d'une conscience malheureuse, qui cherche son salut dans la musique, l'amour, la lecture, la poésie. Et qui découvre, au terme d'un long parcours initiatique, la liberté d'être soi et la présence au monde.
    * Alain Bagnoud, Le Jour du Dragon, éditions de l'Aire, 2008.
    ** Alain Bagnoud, La Leçon de choses en un jour, éditions de l'Aire, 2006.



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