• L'Insurgé, par Jules Vallès

    Vallès le révolté. Un destin qui intéresse. Une existence précaire, des articles Jules Vallès par Courbetincendiaires, de la prison régulièrement.
    Et puis un homme qui a été renvoyé quasi-systématiquement des journaux auxquels il collaborait ne peut pas être mauvais. Il a dû créer les siens pour s'exprimer : Le Peuple, La rue, Le Cri du Peuple, le Drapeau... Vite faillis ou aussi vite saisis par la justice.
    De plus il y a la Commune, à quoi il participe avec enthousiasme. Après quoi il doit ensuite fuir en Belgique et en Suisse, à Lausanne, puis en Angleterre, avant d'être amnistié.

    Vallès a romancé son existence dans un triptyque, Jacques Vingtras, qui comprend L'Enfant, Le Bachelier, L'Insurgé. C'est ce dernier tome que j'ai abordé avec sympathie. Quelqu'un qui a défendu Louise Michel et Kropotkine, vous pensez bien...
    Hélas, Vallès écrit comme un journaliste. Récit au présent, suite de scènes mal reliées entre elles, langage relâché, avec une volonté d'oralité. Mais pas l'oralité de Céline, travaillée, devenue un style. Une oralité molle au contraire, celle de l'orateur et pas celle de l'écrivain.
    On suit Vingtras pion, puis journaliste, on a les portraits des grands hommes de presse de l'époque, celui des compagnons de lutte populaire aussi, puis vient la Commune... Mais malgré l'importance de l'événement, j'ai arrêté là.


  • Commentaires

    1
    Jérôme Meizoz
    Mercredi 21 Novembre 2007 à 12:49
    Vallès
    Cher Alain, Tu es sévère sur le style de Vallès, et injuste je crois. Cette oralité conversationnelle, issue du journalisme, a été une grande innovation en 1868. Merci de parler de cet auteur trop peu lu... ;=)
    2
    Mercredi 21 Novembre 2007 à 20:39
    Appel déchirant
    Que répondrons-nous, pleins de compassion pédagogique, à ce petit élève de 5e qui écrit, je cite: Jules Vallès - L’ enfant le 6 novembre 2007 je dois le lire pour le collège et je suis quand 5eme donc je ne comprent rien a riens !! se livre me fais chié et j’ai controlle dessus a la rentrée AU SECOURS !!!
    3
    marinette
    Mercredi 21 Novembre 2007 à 21:21
    Oral des journalistes
    Il y a quelques jours, Alain, tu te fais féliciter pour ton récit fugitif d'un voyage en train qui fait deviner des conversations que tu as surprises dans le wagon resto (c'est JLK, je crois, qui te félicite!). Tu utilises un procédé très journalistique de surponctuation qui donne un côté "zapping", voulu, à ton écriture. Moi aussi, j'ai bien aimé ce texte. Mais pourquoi quand les journalistes font la même chose, tu stigmatises? A mon sens, tu crées une frontière artificielle entre littérature et journalisme là où il y a un même phénomène: rapprocher (pour des raisons diverses, certes) la langue écrite de la langue orale. Ce qui est profondément humain de la part de toute personne qui parle et écrit une même langue!
    4
    Jeudi 22 Novembre 2007 à 08:47
    Oral
    Il me semble, Marinette, qu'il y a une différence, laquelle n'intéresse peut-être par le linguiste qui a une vision plus globale, mais est essentielle à l'écrivain. Cette différece est dans le travail sur la langue : Céline et Ramuz ne reprennent pas le langage de la rue, ils créent leur propre langue à partir de ce langage en cherchant une expressivité propre et une manière originale (c'est ce qu'on appelle le style). Le journaliste a tendance à reprendre une série de recettes, le langage convenu de son milieu, normé par sa profession. Chaque écrivain peut trouver son propre territoire dans la langue, mais un écrivain ne m'intéresse que si j'entends une voix personnelle. Dans Vallès, j'entends souvent la voix d'un groupe.
    5
    Jeudi 22 Novembre 2007 à 08:59
    Vallès
    Je suis d'ailleurs peut-être effectivement injuste avec Vallès. Subjectif de toute façon. Mais quand je le lis, je n'ai jamais l'impression d'être seul avec lui. Il me semble me trouver dans une salle de conférence avec d'autres personnes conquises qui écoutent sa causerie et à qui l'orateur s'adresse avec intonations complices et références communes dans une ambiance d'anciens combattants nostalgiques et émus.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :