• M'occuper de monter ce blog m'amuse tellement que j'y passe toutes mes heures. Ca tombe bien. J'étais un peu désoeuvré. En attente de mon prochain livre, La leçon de choses en un jour, qui doit paraître dans deux ou trois semaines. L'excitation d'avoir terminé le texte, vu la couverture, corrigé les épreuves, est retombée. La dépression post partum qui suivra la publication n'est pas encore venue. Me voici en quelque sorte dans des limbes. Des limbes, qui au lieu de se situer entre la terre - cette vallée de larmes! - et le paradis, se placent entre le nirvana du fantasme et le retour à la réalité. Bon.
    Mon désoeuvrement était accentué par le fait que j'ai terminé dans l'intervalle le premiet jet du texte suivant, qui doit être en quelque sorte une suite à La Leçon de choses en un jour. Je vous explique. J'ai le projet d'une série de livres qui racontent une journée dans la vie d'un narrateur, placée tous les sept ans. Le fil rouge est la question de la langue. Comment trouver peu à peu sa langue propre dans la jungle des parlers qui nous parasitent depuis l'enfance, au fur et à mesure des milieux que l'on fréquente. C'est de l'autofiction. Dans La leçon de choses, le narrateur (qui, évidemment, n'est pas sans me ressembler) a sept ans. Dans le manuscrit suivant, il en a quatorze. Ca peut continuer un petit moment comme ça.
    J'ai du matériel bien sûr, accumulé depuis des années, des notes, des plans, des journaux intimes, des bouts de texte à insérer ici ou là. Comme tout est un peu intriqué, j'avais commencé à écrire Parures (le titre provisoire de la suite) il y a plusieurs années déjà, mais je ne pensais pas finir sa première mise en place si rapidement. La faute au mois d'août pourri. En montagne, il n'y avait qu'à bourrer de bûches le fourneau en pierre ollaire, lire (London Fields et L'information de Martin Amis, par exemple, un écrivain excitant et important) et écrire. Puis le manuscrit bouclé, que faire? Je ne pouvais pas commencer tout de suite à le retravailler, il faut un peu de recul. Alors écrire la suite ou tomber malade. C'est ce que je me suis empressé de faire. Je me suis arrangé pour accueillir un méchant virus qui m'a affaibli pendant trois semaines et mis dix jours au lit. J'en suis ressorti avec le projet de ce blog. Une bonne idée, manifestement! L'énergie, l'envie, le plaisir reviennent.


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