• Gilbert Cesbron, Les saints vont en enfer

    C'est d'une période révolue que parle ce livre. Les débats qui y sont traités sont bien nostalgiques. La place de l'Eglise dans la société, et plus particulièrement parmi les pauvres. La question des prêtres ouvriers. Toute une époque.
    Il s'agit, vous savez, de ces missionnaires qui allaient à l'usine, avec les plus démunis, les manœuvres, pour leur apporter le Christ et les pousser à vivre l'évangile dans leur quotidien. D'où concurrence et liens de compagnonnage louches avec le parti communiste qui leur disputait le terrain.
    On est tout au début des années 50. Pierre, fils de mineur du nord, se retrouve prêtre ouvrier à Sagny. On suit son combat pour aider les autres, pour améliorer leurs conditions de vie, pour créer une fraternité, pour partager sa foi. C'est une lutte quotidienne, qui passe par l'entraide. Un engagement par l'exemple.
    Il est un des saints du titre. Quant à l'enfer, c'est la ville ouvrière où les enfants sont battus, où les rats bouffent le crâne des nourrissons, où l'eau coule dans les maisons, où les détritus jonchent les rues, où règnent la faim, l'insécurité, le froid, la violence et le manque d'espoir...
    Cesbron a une écriture visuelle, le sens des dialogues. Certaines entrevues semblent des scènes de théâtre qui opposent deux visions, deux idéologies. Il y a un côté reportage aussi dans cette description d'une misérable banlieue ouvrière, précisément observée, et rendue jusque dans ses niveaux de langage. Très efficace. On comprend l'immense impact qu'avait eu le livre à l'époque de sa parution.

    Gilbert Cesbron, Les saints vont en enfer, Le livre de poche 1952


  • Commentaires

    1
    g.phil
    Dimanche 15 Février 2009 à 14:46
    cesbron
    Oui, ça fait très viellot. C'était dans le temps où l'Eglise se demandait comment aller vers la gauche, alors que maintenant, elle va vers l'extrême-droite, on l'a vu avec Benoit 16 qui annule l'excommunication des intégristes et les propos négationnistes de l'évêque d'iceux.Tant mieux, ce sera plus folklorique encore...
    2
    Émond
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 16:42
    Parler des papes
    Je pense que nous devons pas juger mais prier pour ceux qui ont la destiné de l'Église en leur mains...
    3
    TEMPÉ
    Mardi 17 Septembre 2013 à 15:00
    Histoire du titre
    L'origine du titre : Les Saints, c.a.d les vitraux de l'église d'Ammerschwihr près de Colmar ont été déposés au début de la dernière guerre et cachés dans la partie inférieure d'une cave, appelée l'enfer, d'un viticulteur pendant toute la durée de la guerre. Gilbert Cesbron mis au courant de ce fait, en a fait le titre de son livre.
    4
    Lundi 26 Janvier 2015 à 04:23
    titre : Gilbert Cesbron, Les saints vont en enfer | 13 février 2009
    Peut-être, ce n' est qu' une proposition, ne doit-on voir dans cette aphorisme que l' idée selon laquelle il n' y a que là, et là seulement,en enfer, parmi les "pêcheurs patentés", que leur sacerdoce offre une aide authentique, une alternative, rendue visible par leur exemple, à la damnation. A titre d' illustration, ne fut-il pas reproché à Christ de fréquenter des gens de mauvaise vie. De ce point de vue, St Benoit offre un exemple plutôt antithétique; mais l' on peut également soutenir que ce sont précisément les " justes et les bien-pensants" qui, en vérité, sont les plus indigents en termes d' occasions de repentir, et, partant qu' on ne peut ni ne doit, davantage les délaisser. Que la Paix soit sur Vous... tous.
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