• Cosi Santa, de Voltaire

       Le verrou, par Fragonard 
    Attention ! La matière de ce conte, Cosi Santa, est tirée de Saint Augustin. Enfin, plus ou moins.
    Il s'agissait d'une femme qui avait accordé ses faveurs à un homme riche pour sauver son mari. Saint Augustin hésitait à la condamner, et Bayle, qui relatait l'anecdote dans son Dictionnaire historique et critique, était scandalisé par cette mollesse complaisante du père de l'église.
    Voltaire, lui, n'est pas choqué. Ou plutôt si, mais parce que le saint homme hésite à absoudre immédiatement et complètement. Trompez, trompez tant que vous voudrez, semble-t-il dire, pour autant que ça vous fasse plaisir, et ne suivez aucun précepte absolu, sinon ceux de l'amour. Bon.
    Il peint une jeune et belle femme condamnée à épouser un vieux sot grincheux et laid. Elle laisse mourir le beau jeune homme qu'elle aime plutôt que faire une entorse à ses principes, puis son mari lui-même lui ordonne de le cocufier quand il s'agit de le sauver, lui. Elle récidive ensuite avec un vilain brigand pour préserver son frère et avec un médecin fat pour guérir son fils.
    Trois tromperies sans plaisir alors qu'elle en aurait eu tant avec son aimé. Et on la canonise pour ça ! Bel exemple de sainte ! (dit Voltaire.)
    Et vous, qu'en pensez-vous ? En ce qui me concerne, tout à fait personnellement, je n'ose pas prendre position. Qui suis-je, entre Saint Augustin, Voltaire et Bayle ?


  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 09:31
    Primus inter pares
    Entre tes pairs ici cités, tu n'as pas à rougir, tu es le premier, et l'ordre alphabétique n'a rien de honteux:-)
    2
    Valérie
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 11:53
    pensée
    Ce que j'en pense? Ca nous coûte si peu et ça leur fait tellement plaisir, comme disait je ne sais plus quelle comédienne.
    3
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 14:19
    La position
    Ah, c'est difficile d'avoir le derrière entre trois chaises...
    4
    Jean Chauma
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 17:10
    Qui trompe qui
    Il n'y a pas trop de mal à tromper les autres puisque en règle général les autres se trompent sur votre compte. Plus grave de se tromper soi-même, à force de se tromper on fini par se perdre. Les femmes, que je chéris bien plus que les hommes ont toujours de très bonnes raisons pour tromper leur mari avec un amant et l'amant avec un autre amant, ou, on en a vu tromper l'amant avec le mari. Il faut juste à la femme de bonnes raisons, je veux dire autres que la raison vulgaire des hommes. Quel bonheur que de sauver son fils, son père, son frère, la patrie en donnant son corps sans donner son âme, au méchant pas beau que l'on peut charger de la faute. Il y a toujours de l'élégance dans les tromperies des femmes.
    5
    Jeudi 6 Décembre 2007 à 20:20
    Cosi Fan Tutt
    Avec le Kamasutra comme livre de chevet, cela m'étonne que tu ne trouves pas une position!
    6
    Samedi 8 Décembre 2007 à 08:19
    Un film
    Pas tout à fait la même histoire... mais la même idée dans un superbe film chinois: http://www.nord-cinema.com/fiches/film,2206.html
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