• Balzac, l'amour et la société

    Ce qu'il y a de frappant, dans les romans de Balzac, c'est leur manière de tout expliquer, leur volonté de ne pas laisser de zone d'ombre. Il faut que tout apparaisse, que tout soit signifiant.
    Les milieux sociaux déterminent les comportements. Une duchesse du faubourg Saint-Germain a une idiosyncrasie qui ressemble à celle de toutes les duchesses. Un jeune noble de province issu d'un milieu isolé et confit a la sienne. L'environnement, le décor, les objets liés à ce milieu ont pour fonction de rendre visible ses traits.
    Bien sûr, là-dedans, les individus ont des caractères différents. La physionomie de chacun les révèle. La physionomie, la physiognomonie. Les principes de Lavater.
    A partir de là, c'est une mécanique qui s'enclenche, et qui détermine le déroulement du roman. Quelque chose dérange la fixité sociale.
    Il peut s'agir d'un changement de milieu, d'un personnage soudain transplanté dans d'autres règles. C'est alors son adaptation et le choc entre les valeurs anciennes et nouvelles qui seront montrés.
    Il peut s'agir d'une idée fixe exposée, et on verra alors ses confrontations avec le fonctionnement social du groupe, qu'elle dérange.
    Il peut s'agir d'amour. Mais il n'existe pas la plus grande liberté dans son surgissement. Celui-ci répond à des règles précises, arrive dans des situations codifiées d'avance, prévisibles. Puis il se développe selon un mélange dosé et inéluctable, personnel et social, de naïveté, de rouerie et de calculs.
    C'est cette mécanique implacable, cette organisation maîtrisée et présentée comme nécessaire, qui alourdit souvent les romans de Balzac, avec son goût des antithèses violentes: l'ange-le démon, la sainte-la putain, la province-Paris, le profiteur-la victime, et sa vision sociale et politique figée.
    Mon plaisir à le lire est ainsi moindre quand il analyse les finesses du cœur que quand il traite de la collectivité, de son fonctionnement et de ses caractéristiques. Si la vie amoureuse est vue par lui comme un jeu d'échec aux ouvertures convenues et aux développements prévisibles, il met à jour et recrée les caractéristiques sociales avec une puissance et une compréhension inégalables.


  • Commentaires

    1
    Lundi 15 Juin 2009 à 18:39
    l'amour
    Tiens.. je suis justement en train de lire Unde Femme de tente ans... Ce que vous dites est très juste je trouve. Mais bizarrement, mon intérêt n'est pas moindre quand il parle d'amour. Cela s'explique sans doute par le fait que j'ai vécu dans des sociétés dont les structures sociales, familiales, me font penser à celle dépeinte par Balzac. Quand je lis Balzac, je lis un roman contemporain indien, avec cette rupture pas si nette que cela entre hier et demain, entre la tradition et la modernité. J'aime Balzac. Splendeurs et misères au-dessus des autres...
    2
    Mardi 16 Juin 2009 à 10:35
    Moi aussi,
    j'aime Balzac, évidemment. Les Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes sont aussi parmi mes romans préférés. Votre comparaison avec le roman contemporain indien est tout à fait intéressante. Je vais m'y mettre. Que me conseillez-vous?
    3
    rere
    Vendredi 2 Octobre 2009 à 21:32
    Balzac
    J'aime Balzac et Naguib mahfouz pour cela je veux faire une etude comparee entre les deux . je veux traiter un sujet qui consacre la socitete dans les romans de deux ecrivains. s.v.p donnez-mpi quelques propositions.
    4
    ab
    Samedi 3 Octobre 2009 à 09:43
    Balzac
    J'aimerais bien, mais malheureusement, je ne connais pas mahfous...
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