• Antoinette et Elisabeth sortent de l'Institut

    sriimg20070605_7894923_0.jpgOn commence à voir les premiers résultats concrets de la formation donnée à l'Institut littéraire suisse de Bienne.

    A sa création, cet établissement a partagé le monde en deux camps. Ceux qui affirmaient qu'on ne peut pas enseigner à écrire, et les tenants de l'apprentissage à l'américaine: séminaires d'écritures et cours de création.

    Deux livres, sortis récemment, de deux anciennes étudiantes de l'Institut, nous fournissent des éléments pour nourrir le débat. Celui d’Antoinette Rychner, Petite collection d'instants-fossiles, recueil de récits brefs, aux Editions de l'Hèbe (2010). Et celui d’Elisabeth Jobin, Anatomie de l'hiver, un roman paru aux Editions de L'Aire (2011).

    Eh bien, le résultat est convaincant. On devine à leur lecture que si l'Institut littéraire n'a pas fourni à ces deux auteures un talent qu'elles possédaient sans doute déjà, il leur a fait gagner plusieurs années de tâtonnement et les a aidées à purger leurs textes des maladresses du débutant.

    illustrationPrincipale.jpg&long=485&haut=363Les petits récits d'Antoinette Rychner s'attachent à des instants cruciaux, dramatiques ou comiques. Ils décrivent ces moments intenses où quelque chose se passe. Très dépouillés, visant à l'effet, fulgurants parfois, ces vingt-cinq petits flashs épinglent des sentiments, des révélations, des expériences personnelles ou artistiques.

    On sent un peu le séminaire d'écriture en les lisant, ont dit les grincheux. Eh bien, pas tellement, je trouve.

    Elisabeth Jobin, elle, nous pond un roman qui se passe dans un village jurassien. Le départ d'un habitant va avoir decouv_Jobin6.jpgs répercussions dans le temps figé et les relations déterminées du lieu.

    La disparition de Michaël affecte tout son entourage. Ses deux maîtresses, Alice, l'épicière, qui a quatre enfants de pères différents, Laura l'étudiante belle et amoureuse de son corps. Sa famille, la mère, le père travaillant à l'usine proche, sa soeur Emily, personnage central peut-être de ce microcosme romanesque. Ou encore Joël qui suit son exemple et quitte sa femme...

    Dans un contexte figé, les lignes se déplacent petit à petit. Le village impose ses formes, ses relations, son manque de communication et d'amour. Autour, il y a la nature très présente, les forêts, les renards... Ailleurs le lointain, le rêve d'autre chose, l'espoir d'un changement. Les personnages, pris entre ces forces, oscillent, choisissent, survivent, résistent ou se soumettent.

    Le roman est dense, bien écrit, maîtrisé. Naissance d'un talent.

    Antoinette Rychner, Petite collection d'instants-fossiles, Editions de l'Hèbe (2010)
    Elisabeth Jobin,
    Anatomie de l'hiver, Editions de L'Aire (2011).


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  • Commentaires

    1
    helena
    Mercredi 16 Mars 2011 à 10:50
    Bonjour
    "On sent un peu le séminaire d'écriture en les lisant, ont dit les grincheux" meuh non ! c'est pas qu'on est grincheux ! c'est juste qu'il nous en faut un peu plus, comme a dit une dame à la librairie francophone sur france inter... il en faut un peu plus pour être "nourrissant"... on reste sur sa faim... (mais une autre critique avait bcp aimée). Chacun ses goûts sans toute de suite parler de grincheux ! Chaleureusement
    2
    helena
    Mercredi 16 Mars 2011 à 10:51
    Bonjour
    Je parlais du livre d'Antoinette R.
    3
    Mercredi 16 Mars 2011 à 12:25
    Bonjour aussi
    Vous n'avez pas du tout l'air grincheuse, Helena.
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