• Arthur Rimbaud vu par deux de ses contemporains

    "Aujourd'hui, Rollinat parlait de Rimbaud, l'amant de Verlaine, ce glorieux de l'abomination, de la dégoûtation, qui arrivait au café et, se couchant la tête sur le marbre d'une table, criait tout haut : « Je suis tué, je suis mort. X*** m'a enculé toute la nuit... je ne puis plus retenir ma matière fécale. »
    "Le génie de la perversité que cet homme, qui m'a laissé le souvenir de la terrible main, la main de Dumolard. Oui, le génie de la perversité : c'était lui qui cassait avec un marteau le nez d'un buste de Cros, pendant son absence ; c'était lui qui, l'hiver, coupait avec un diamant de vitrier les carreaux du misérable et frileux Cabaner, qui enfin, avec une imagination malfaisante de vilain singe, passait sa vie à inventer d'impitoyables méchancetés."

                                                                                           Edmond de Goncourt
                                                                                                                Journal
                                                                                         Dimanche 18 avril 1886

  • Commentaires

    1
    phil
    Vendredi 13 Avril 2007 à 18:28
    rimbaud
    On s'en fiche. L'important, c'est les poèmes qu'il a laissés!
    2
    kate
    Vendredi 13 Avril 2007 à 19:09
    Intéressant
    quand même: on ne s'attend pas à ça après les images un peu édifiantes des manuels de littéreture. ça me fait me poser des questions sur le génie.
    3
    Samedi 14 Avril 2007 à 10:11
    Génie
    Quel génie, Kate? Le génie de la perversité dont parle Goncourt, ou le génie littéraire?
    4
    a.r.cane
    Samedi 14 Avril 2007 à 10:54
    pourquoi
    relayer des propos si ignobles des Goncourt? Qu'est-ce que ça rajoute à Rimbaud, aux Goncourt eux-mêmes, et àvotre blog? je me pose des questions.
    5
    Dimanche 15 Avril 2007 à 16:50
    Pourquoi pas?
    J'avoue avoir un peu hésité à citer ce passage des Goncourt. Mais on a tellement mythifié Rimbaud, en en faisant un saint catholique, un doux poète, un pur adolescent... Cette autre vision par Edmond, dont on n'oubliera pas qu'il était une langue de vipère, montre un autre aspect de la révolte rimbaldienne. Ca ne plaira pas aux bien-pensants, mais enfin, qui a dit que le génie avait à voir avec le fait de bien penser?
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :