• Un amour de Swann, par Marcel Proust

    Un amour de Swann est probablement le plus parfait de tous les volumes de Proust. Un texte très travaillé. Des phrases musicales. Des métaphores soignées. Une composition impeccable.
    Une élégante à la terrasse du café Flore, par Jean-Gabriel DomerguePourtant, j'éprouve une petite oppression quand je lis le début. Tous ces milieux clos.
    Le salon des Verdurin, le petit appartement d'Odette, sa chambre au rez-de-chaussée, ses escaliers qui montent vers les deux pièces de réception, dans lesquels le domestique doit placer les lampes exactement à la bonne place faute que l'effet général soit manqué. Tous ces restaurants et ces cafés dans lesquels Swann la recherche, le soir, à ce moment décisif de son amour où il pense qu'il ne la retrouvera pas, qu'il ne la ramènera pas chez elle et où le manque lui fait subir une évolution décisive (ce même manque que le narrateur éprouve, enfant, à ne pas avoir de baiser de sa mère).
    Un enfermement, une contrainte redoublés par la petitesse des Verdurin (mais leur exécution par Proust est jouissive) et par la bêtise d'Odette. Emprisonné dans toute cette étroitesse, tous ces murs et tous ces plafonds bas, l'amour semble bien incapable de prendre une expansion qui puisse rendre Swann heureux


  • Commentaires

    1
    Ray
    Samedi 16 Juin 2007 à 11:28
    Proust
    J'ai éprouvé la même gêne, ce sentiment d'oppression quand j'ai commencé "La Recherche", au point que je l'ai abandonnée une dizaine de fois avant de vraiment démarrer et ne plus m'arrêter... Et là quel voyage ! Je garde du coup une relation particulière avec "Un amour de Swann", mais mon préféré maintenant, celui vers lequel je reviens toujours est "Le temps retrouvé", peut-être par le souvenir, le choc ressenti au moment où on comprend d'un coup toute la logique de l'ensemble, la perfection de sa composition, magique...
    2
    Gabrielle
    Jeudi 28 Juin 2007 à 08:58
    Un Amour De Swann
    Surement a cause d'un style trop personnel, de phrases parfois trop longue je n'ai jamais réussit a aller jusqu'au bout, curieuse j'ai quand même lu la fin, et je crois que c'est par cette dernière phrase " dire que j'ai gaché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir , que j'ai eu mon plus grand amour , pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre !" que le livre commence réellement. Difficile de lire un auteur qui nous décrit avec perfection l'amour né non pas de la satisfaction de sa résolution mais de l'absence ... Cela vaut la peine d'être lu car je penses que chacun est a même de retrouver un peu de soi en Swann...
    3
    guenoun
    Mardi 18 Septembre 2007 à 22:31
    proust ,l'écriture comme une dentelle
    Proust c'est la perfection de l'écriture , la maîtrise totale et absolue de la langue .La précision et l'exactitude des verbes et des mots sonnent comme une partition de BACH , de MOZART , un dessin de Léonard de VINCI , un tableau de Salvador DALI ou d'Egon SCHEELE ...;justes et parfaites.ET, la question comment un être humain peut il atteindre une telle perfection...une telle perfection. Son écriture relève de la grâce ...un croyant ne peut que devenir agnostique ...l'art a un tel degré de perfection relève du divin....Comment atteint on un tel degré deperfection....qui guide la main lorsque PROUST écrit....une association physicochimique au niveau neuroligique due au hasard ....?????
    4
    Mercredi 19 Septembre 2007 à 14:15
    Qui guide la main
    lorsque Proust écrit... Ah si on le savait... Mystère des génies...
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