Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Epiphaneia, par Oskar Gomez Mata et la compagnie L'Alakran | 20 décembre 2006

Il m'est venu hier soir une idée, alors que j'assistais au spectacle Epiphaneia d'Oskar Gómez Mata : pourquoi est-ce que je ne parlerais pas de théâtre sur ce blog ? Après tout, je suis aussi incompétent sur ce sujet que sur les autres !
Donc Epiphaneia. C'est la première fois que je vois le travail de Gómez Mata, personnage dont je ne sais d'ailleurs rien. Sinon qu'on l'a aperçu, avant le spectacle, juché sur une scène face au public qui attendait l'ouverture des portes, en train d'expliquer qu'il avait piqué tout ce qu'il y avait dans la pièce à d'autres spectacles.
Il a ses fans. Des gens que je connaissais me prévenaient (toujours avant l'ouverture des portes) : « C'est un génie ! » Ou alors : « Il est complètement fou ! » Ou encore : « Il ne faut pas t'attendre à du théâtre, plutôt à une performance. »
Effectivement, c'est assez décousu. Mais très drôle souvent. On teste l'absence du sens de la vue, on essaie de faire tenir une boule en équilibre sur un souffle d'air, on regarde des acteurs survoltés faire des sketchs sur le thème de la disparition. Avec quelques sujets qui reviennent. Je cite. « Perdre du poids/Considérer notre futur comme passé/Perdre du poids/Considérer sa propre disparition comme quelque chose d'inéluctable/D'étonnamment agréable/Aller vers l'avant/L'avant/Perdre du poids/AVANCER/Perde du poids/ Avancer. Perdre le poids du passé et du futur et faire du présent un présent absolu. » C'est le programme (ou la déclaration d'intention).
Bref, on s'amuse bien, on s'émeut parfois, on s'interroge. Ça tient le coup presque jusqu'à la fin. Mais soudain, Gómez Mata veut faire faire l'éléphant au public. Vous savez, ce truc inspiré d'un Polonais qui se pratique dans tous les cours élémentaires de théâtre : on bande les yeux d'un groupe, on le met en file indienne, les mains sur les épaules du précédent, et on le balade. Là, il nous entraîne tout autour du théâtre, du sous-sol au 2ème étage. C'est très long, et c'est très con. On a compris au bout de 2 minutes, on ne s'amuse plus du tout. Ça se finit par une méditation bidon. Dommage, cette fin ! J'avais trouvé le spectacle alléchant jusque là.
Le Grütli, d'ailleurs, j'aime bien ce qui s'y passe maintenant. La nouvelle direction réinvente un peu le théâtre, mais c'est ce qu'il faut faire de temps en temps. J'ai aimé leur Playstation penthésilée XY, d'après Heinrich von Kleist. Penthisélée, la reine des Amazones, contre Achile (l'excellent Pierre-Isaïe Duc). C'était très tendu, très sensuel, très plastique. Je me suis amusé au Concours Electre, où le public choisissait comme à Star Ac une version de l'histoire d'Eclectre qui serait montée plus tard. J'ai été intéressé par Les Perses, d'Eschyle, où quelques acteurs professionnels et 150 figurants interrogeaient la démocratie et la pédagogie au théâtre. La suite aussi promet. (Le Grütli, rue Général-Dufour 16, Genève, http://www.grutli.ch/.)

Publié par Alain Bagnoud à 11:42:33 dans Théâtre | Commentaires (0) |

Le Terrier | 11 décembre 2006

C'est le théâtre underground de Genève. Au sens propre et figuré. Il est sous terre et s'occupe de « culture alternative, en marge de la société, à l'écart des médias de masse » (définition d'underground que je reprends à Wikipedia).
Un petit appartement au sous-sol, géré par les rongeurs associés. Deux pièces, l'une pleine de livres, l'autre est une salle de réception, sur les murs blancs de laquelle courent les noms des auteurs et des acteurs qui ont participé à l'aventure. Auteurs vivants ou classiques. Un choix assez pointu, et pas toujours conventionnel.
A côté, la salle de spectacle. Charmante ! 25 places en gradins. Une toute petite scène au décor de récupération, sur laquelle un acteur lit un texte. Car c'est la spécificité de ce petit théâtre. La mise en lecture par un professionnel d'un texte bien choisi.
Hier, l'excellent Nicolas Rinuy lisait L'inondation d'Evgueni Zamiatine (1884-1937), dans un cadre
minimaliste : une chaise, une carcasse de lit, une couverture pliée dessus. 
C'est l'histoire prenante d'un couple sans enfants qui accueille une orpheline. Et la tragédie commence. Les désirs, les souffrances montent, la Neva proche déborde comme les pulsions des personnages, le récit d'apparence simple se dédouble et résonne en profondeur.
Je cite là-dessus la présentation de la lecture par Marcel Cottier : « 
Sans doute est-ce chez Zamiatine autant l'ingénieur en construction navale (son autre identité professionnelle, brillamment honorée par de nombreuses activités et réalisations) que l'homme de lettres qui ont dicté à sa plume le devoir (disons même:la discipline, car il faut y voir l'expression d'une position éthique dont la force et la clairvoyance paraissent aujourd'hui exemplaires) de ne jamais dissocier les lois du destin de l'homme de celles de la nature, de mettre la plus haute connaissance de celle-ci au service d'une meilleure intelligence de celui-là. » Bien dit !
Pour Zamiatine, c'est trop tard. Mais si vous voulez être tenu au courant des prochaines lectures : leterrier@bluewin.ch.

(« Le Terrier,
Espace privé ouvert au public. Maison fondée en 1999. Un lieu singulier - des lectures choisies - une saison cadencée. 71, bd de la Cluse, 1205 Genève. Sous-sol, porte rouge. »)

Publié par Alain Bagnoud à 09:48:36 dans Théâtre | Commentaires (4) |

Olivier Chiacchiari, La mère et l'enfant se portent bien | 19 octobre 2006


Vous souvenez-vous, messieurs (je parle aux pères) de ces moments magiques qui ont suivi l'accouchement ? Pas les jours bénis où la nouvelle maman était encore à l'hôpital avec le petit trésor et où vous alliez faire les bistrots avec les copains pour célébrer comme il se doit l'événement. Je parle d'après. Quand tout le monde s'est retrouvé à la maison. Vous vous rappelez ? L'exaltation et les angoisses devant le petit être fragile. Quand en manque de sommeil chronique, vous contempliez durant des heures votre compagne qui allaitait, en prenant l'air attendri et en pensant aux copains qui continuaient à fêter l'événement dans les bistrots. Et puis on vous donnait le bébé, il vous vomissait dessus, se mettait à hurler et une odeur vraiment bizarre émanait de ses couches. Et dans ce moment de bonheur obligatoire, vous vous sentiez un peu l'accessoire de ce couple fusionnel que formaient votre femme et votre bébé, vous compreniez qu'on attendait désormais de vous que vous assumiez vos responsabilités, que vous cessiez de rêver. Que c'était fini la rigolade, l'aventure. Qu'il y aurait dorénavant toujours le bébé entre votre compagne et vous. Mais on estimait que la situation devait vous rendre ravi, béat, et comme vous étiez un brave homme, que vous ne vouliez décevoir personne, vous étiez ravi et béat.
Olivier Chiacchiari l'a été lui aussi, ravi et béat. Puis pour se venger, il a écrit une pièce dont on dégustera le titre. La mère et l'enfant se portent bien. C'est une satire très cruelle et très drôle. Il y décortique au scalpel les relations entre jeunes parents, les transformations de leurs rapports, et met en pièces les clichés sur le sujet. Ses personnages sont insérés dans notre époque. Très contemporains. On n'aurait certainement pas pu jouer ça il y a vingt ans. Une amie me disait que si Chiacchiari peut dire ce qu'il dit, c'est parce que les rapports hommes-femmes ont changé grâce au féminisme. Vous pourrez bientôt en juger par vous-même. On va jouer la pièce à Genève, au Théâtre de Poche, du 30 octobre au 25 novembre (www.lepoche.ch). Allez la voir ! Le texte est à hurler de rire ou à grincer des dents, c'est selon. Vous verrez, messieurs, vous vous y reconnaîtrez ! Vous aussi, peut-être, mesdames. Ou en tout cas, vous entendrez pour une fois tout haut ce que vos hommes pensaient de temps à autre tout bas.  

Publié par Alain Bagnoud à 10:47:52 dans Théâtre | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7|

Rechercher

Archives

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6226021 visiteurs
Depuis le début du mois :
46180 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03