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Les Goncourt et Proust | 18 février 2007

Le problème du Journal des Goncourt, c'est qu'il a eu Proust comme lecteur - et admirateur ! Proust s'y immergeait volontiers (comme dans les Mémoires de Saint-Simon). Il y a d'ailleurs trouvé une grande quantité de noms. Je me suis diverti à les relever quelque part. Je n'ai plus ça sous la main.
Je m'amusais beaucoup, à l'époque, en pensant à un article de Roland Barthes, lequel parlait de l'onomastique chez Proust et analysait la création de mots comme Guermantes, cette attaque du début, cet amollissement de la fin, sans savoir manifestement que Proust ne les avait pas inventés mais trouvés chez Jules et Edmond.
Malgré tout, il a joué un mauvais tour au Journal, Proust. Dans La Recherche, il en a écrit un long pastiche, mélange d'admiration et d'agacement pour le style Goncourt. Un pastiche qui a définitivement coulé le Journal.
 C'était tout à fait immérité, et sans doute involontaire de la part de Proust. Mais il avait tellement de talent, que voulez-vous ? Son pastiche est à mourir de rire. On y voit un Edmond naïvement vaniteux, rapportant que selon une grande dame russe, il est extrêmement connu dans le nord de la Pologne « une jeune fille ne consentant jamais à promettre sa main sans savoir si son fiancé est un admirateur de La Faustin ». Déplorant, lorsque Brichot l'universitaire ne tique pas à son nom la « conspiration qu'organise contre nous la Sorbonne ».
Mais le narrateur conclut après sa lecture : « Prestige de la littérature ! J'aurais tant voulu revoir les Cottard, leur demander tant de détails sur Elstir... » et déplore son « incapacité de regarder et d'écouter, que le journal cité avait si péniblement illustrée ». Il est vrai qu'il suggère plus loin que les Goncourt ne décrivent que la surface, alors que lui, il radiographie. C'est le mot qu'il utilise. Mais son pastiche, on le voit, était aussi un exercice d'admiration.

Publié par Alain Bagnoud à 14:25:37 dans Proust | Commentaires (0) |

Journée de printemps | 10 janvier 2007

 Aujourd'hui, il y a eu comme une journée de printemps. La température, la douceur de l'air... Proust a merveilleusement parlé de ces saisons insérées dans d'autres saisons. Proust. Il va falloir le relire. J'ai fixé des délais. Tous les cinq ans. Sinon, je n'ouvrirais pas d'autre livre. Il me semble que le moment est bientôt venu.
J'ai tout de même un souci, par rapport à ce blog. S'il m'est plaisant d'y parler de mes lectures, je ne peux, comme ça, à première vue, écrire sur La Recherche. (Puisqu'il paraît qu'on dit La Recherche, ça fait initiés, petit club, avec ce côté cercle d'intimes qu'on éprouve à appeler quelqu'un par son surnom - vous savez : Babal ou Petite...)
Il faut du sérieux quand on s'attaque à ce monument. On ne peut pas donner ses impressions sur La Recherche (et toc !) comme on le fait avec Sans famille. « J'ai bien aimé. » « J'ai beaucoup pleuré. » D'ailleurs, sur Proust, tout a déjà été dit.
Vous me direz que justement, si tout a déjà été dit, on n'a pas peur d'être ridicule avec une banalité ou un cliché. On ne fait en quelque sorte que citer.
On verra bien. De toute façon, c'est encore de la musique d'avenir. Personne ne rentre comme ça dans A la recherche du... pardon, dans La Recherche. C'est comme gravir le Mont Blanc. On se prépare, on s'organise avant de partir, on s'entraîne. On prévoit, on fait de la recherche...

Publié par Alain Bagnoud à 19:33:56 dans Proust | Commentaires (0) |

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