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Raymond Alcovère, Rien compris au Rock and Roll, | 13 décembre 2011

Raymond Alcovère, écrivain et blogueur, sort son premier roman noir. Rien compris au Rock and Roll.

Personnages: une jeune chercheuse qui travaille sur les pesticides dans l’alimentation. Johan, un agent manipulé qui a été chargé de la séduire et de la contrôler. Un hacker génial souffrant du syndrome d’Asperger. Un tueur mercenaire redoutable.

Lieux: Montpellier, Venise, Madagascar.

Contenu: de l’espionnage, des errances, de la traque et des références au rock’n’roll.

Tous les ingrédients sont là, avec en toile de fond une redoutable Organisation, un service d’espionnage tentaculaire, secret, infiltré partout, au service de la grande finance, dont le but est de manipuler la politique internationale.

CRaymond Alcovèreonfrontés à cette pieuvre, les héros sont en mauvaise posture, et la situation semble désespérée. Jusqu’à la fin, totalement inattendue... qui n'est pas la plus petite des surprises de ce thriller écolo original.

 

Raymond Alcovère, Rien compris au Rock and Roll, Clairdeplume34

Publié par Alain Bagnoud à 10:15:41 dans Polars, etc | Commentaires (0) |

Bernard Peitrequin, L'énigme Denervaud | 27 mai 2010

Bernard Peitrequin, L'énigme DenervaudL’énigme Denervaud: une vieille femme a été assassinée près de Grandvaux en 2005. La police de Vevey enquête, aidée par un journaliste sensuel, amateur de femmes et de gastronomie.

Il n’y a pas de preuve, seulement des indices et des convictions. Qui l’a tuée? Les soupçons se portent vite sur les héritiers, et plus particulièrement sur les deux fils. L’ainé, agent immobilier qui a coupé tous les ponts avec sa mère mais a un grand besoin de liquide, ou le dernier, un étranger de couleur de peau différente, adopté, et qui s’est disputé avec sa mère la veille de sa mort pour obtenir de l’argent...

Toute ressemblance avec une affaire ayant réellement existé, par exemple celle-ci, est bien entendu une pure coïncidence. D’autant plus qu’elles ne se terminent pas de la même manière. Dans le bouquin, le fils adopté est innocenté et le frère aîné reconnu coupable. Dans l’affaire réellement arrivée et dont je ne parle pas, c’est le contraire.

Le polar de Bernard Peitrequin se lit bien, malgré quelques épisodes superflus. On peine par exemple à comprendre ce que peut bien faire dans le livre le récit d’un voyage à Vilnius et la description du tour organisé à cette occasion. De même quelques approximations dans la ponctuation gênent. Peitrequin a l’habitude de séparer les longues répliques en plusieurs paragraphes, et place devant chacun d’eux un tiret, qui ne devrait servir qu’à marquer le changement de sujet ou le changement d'interlocuteur dans un dialogue.

Mais la composition du récit intrigue, particulièrement au début, quand Peitrequin remonte plusieurs années avant le meurtre, lance quelques fausses pistes et donne des éléments en mosaïque qui trouveront leur place plus tard.

Et puis il est intéressant de trouver une histoire à suspense dans un décor connu - et, surtout, de ne pas voir, dans l’intrigue, des références à une histoire réellement arrivée!

 

Bernard Peitrequin, L’énigme Denervaud, L’Aire

Publié aussi dans Blogres

Publié par Alain Bagnoud à 22:27:39 dans Polars, etc | Commentaires (0) |

Joe R. Lansdale, Tape-cul | 10 mars 2010

Joe R. Lansdale, Tape-culÇa cogne dur et ça canarde sec chez Joe R. Lansdale.
Hap Collins, le roi de la baston, veut faire plaisir à sa nouvelle copine dont la fille, une jeune putain, s'est fait maquer par une organisation. Mais quand ils débarquent dans le bordel avec leur ami Léonard et tout un arsenal, ils découvrent qu'elle s'est fait vendre à un gang de bikers, les Banditos Supremes, des Nazi survivalistes. Ils ont une ferme derrière la frontière mexicaine, avec des crotales tout autour et des flingues partout. Donc, nos héros y vont.
Humour scato, mais aussi contrastes irrésistibles (le nain manipulateur qui parle comme Shakespeare), sang et tripes (répandues), vie humaine qui a autant de valeur qu'un préservatif utilisé: c'est du lourd dans Tape-cul.
Une originalité dans le duo de héros texans, qui n'en est pas sa première aventure (« Une enquête de Hp Collins et Léonard Pine »). Le narrateur est le gentil. Sensible, humaniste. Peut-être pas selon nos critères, mais d'après son ami Leonard, homosexuel noir vétéran de la guerre du Vietnam qui a moins de scrupules que Staline, Hitler et Pol Pot réunis à répandre le sang, et que sa conscience ne trouble en rien: jamais un cauchemar.
Sa vision noire de la vie est confirmée par les faits, bien sûr. A la fin, la fille qu'ils ont sauvée se remet à tapiner et sa mère ne veut plus voir Hap. Mais le lecteur, lui, a passé 300 pages sans décoller le nez du livre.

Joe R. Lansdale, Tape-cul, Folio policier

Publié par Alain Bagnoud à 09:38:59 dans Polars, etc | Commentaires (1) |

Simenon, Au bout du rouleau | 14 janvier 2010

C'est un type de trente ans, blond, viril, etc. Il veut être un homme, il se prend pour un homme. Il fuit, il a peur, il boit mais c'est un homme, lui. Les autres, les bourgeois qu'il rencontre dans cette petite ville où l'a mené son errance paniquée, ce sont des larves. Dans une boîte minable, il a levé une entraîneuse qui le suit, sans rien savoir de lui, sans qu'il soit attiré par elle, parce qu'il a besoin d'être aimé et admiré par quelqu'un.
Ça, c'est l'apparence. Ce qu'il croit. Ce qu'il aimerait être vrai. Mais il se raconte des histoires, et c'est ce que révèle petit à petit Simenon dans un lent dévoilement subtil.
Ce type est en fait un petit délinquant minable. Il a travaillé dans plusieurs endroits. Il arrive à attirer la confiance d'employeurs grâce à son bagout, mais au bout de quelque temps, il commet un petit quelque chose, abus de confiance, vol, qui est découvert et qui le fait prendre la fuite. Ce faux dur a presque réussi à être proxénète mais il a été chassé par le milieu qui l'a traité de demi-sel et l'a battu. Son dernier tour est d'avoir assommé et volé un homme dont il avait vu le portefeuille bien fourni dans une boîte de nuit. Mais il craint d'être repéré pour ce crime. Il fuit, se retrouve dans une petite ville.
Et tout se dérègle. Il découvre que la fille qui le suit n'est pas si minable, qu'elle l'a pris en pitié, qu'elle le manipule pour le sauver. C'est une ancienne actrice. Elle connaît sans le dire le tenancier de l'hôtel où ils échouent, un homme détaché de tout, qui était producteur de cinéma. Tous deux se liguent pour l'aider.
Et ça, il ne peut l'accepter. Ce qu'il ne supporte pas surtout, c'est de ne pas correspondre à l'image qu'il se faisait de lui. Un solitaire, qui dirige sa vie. Il veut en finir. Quand la police le repère, il médite son dernier acte de volonté, sa propre mort. Et même ça, ça échoue.
Portrait psychologique à petites touches, comme Simenon sait les construire, avec le suspense qui est celui du dévoilement d'un caractère, ce livre donne aussi ce qui fait également la force de notre auteur. Des ambiances, ici provinciales. La description d'une petite ville et de ses notables, qui ressemblent un peu à ceux qui peuplent, par exemple, Les Fantômes du Chapelier.

Publié par Alain Bagnoud à 12:02:06 dans Polars, etc | Commentaires (0) |

Roger Borniche, René la canne | 14 octobre 2009

Borniche et René la canne après son arrestationRoger Borniche, né en 1919, est d'abord un flic, avec un excellent palmarès. Cinq cent soixante-sept arrestations, dont deux ennemis publics numéro un des années cinquante et soixante. Émile Buisson, un braqueur psychotique, dont il a raconté l'histoire dans Flic Story. Et René Girier, dit René la Canne, dont il raconte l'histoire dans le livre éponyme.
Ce n'est pas les seules choses qu'il ait publiées. Il est l'auteur de 28 livres au total, dont plusieurs ont été repris comme base pour des films.
J'ai donc lu son René la Canne, l'histoire d'une traque. Sa proie est un grand fauve. René Girier né le 9 novembre 1919 dans la banlieue lyonnaise, qu'on surnommait René la Canne ou René le boiteux parce qu'il avait reçu une balle dans la jambe.
Borniche éprouve beaucoup de sympathie pour ce gangster. Le voyou est bel homme, séducteur, plein d'énergie et de ressources. Il s'évada 17 fois en 8 ans de prison, et il finira par devenir son ami, après sa libération finale en 1956 grâce à sa visiteuse de prison, la princesse Charlotte de Monaco, la maman de Rainier III de Monaco, la grand-mère de notre Albert du Rocher.
La princesse, nous explique Wikipédia, l'installa ensuite près de son château de Marchais (Aisne). Il devint son chauffeur (sans permis), son intendant et son ami. Ce fut René la Canne qui conduisit la princesse au mariage de son fils avec Grace Kelly en 1956.
Avant tout ça, on suit donc Borniche en 1949. Il tente de reprendre cet évadé, avec les moyens de l'époque qui nous font sourire, à nous qui sommes gorgés grâce aux séries télévisées de méthodes scientifiques, d'analyses d'ADN, de surveillances par Internet et par satellites. Là, en 49, on utilise la planque, les écoutes téléphoniques, les téléphones depuis les cafés et surtout l'intuition.
C'est assez intéressant. Il faut dire que Borniche n'est pas un naïf en littérature. Il a manifestement lu beaucoup de romans policiers et d'autres romans. Il sait se mettre en scène, découper une histoire, la saucissonner, varier les points de vue, nous placer de temps à autre dans la tête de ses personnages. On le suit donc avec un plaisir mi-documentaire, mi-littéraire.

Publié par Alain Bagnoud à 10:12:00 dans Polars, etc | Commentaires (3) |

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