JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Efficacité de la technique de Japrisot : donner la parole à divers personnages, afin qu'ils expliquent leur point de vue sur le fragment de l'histoire qu'ils connaissent. Construire ainsi un puzzle incompréhensible et angoissant jusqu'à ce que la dernière pièce enfin révèle soudain le motif entier.
Ici, le personnage principal s'appelle Dany. Elle est belle, blonde et myope comme une taupe. C'est une petite secrétaire qui semble terne et fiable mais qui va se révéler imprévue, fantasque et pleine de ressources lorsqu'arrivent les événements singuliers qui vont presque la faire basculer dans la folie.
Comme son patron part pour un week-end prolongé avec sa famille, elle emprunte sa voiture après l'avoir emmené à l'aéroport et descend vers la Méditerranée pour voir la mer. Mais des événements bizarres se provoquent et s'enchaînent. On la reconnaît sur le trajet, on lui affirme qu'elle est passée sur la même route mais dans le sens contraire le matin même. Dans une station-service, un assaillant invisible lui écrase la main gauche. Elle découvre enfin un mort dans le coffre, enroulé dans un tapis et près de la carabine qui l'a tué.
Dany finit quand même par déjouer la machination, à cause de ressources qu'elle ignorait en elle et du soutien de braves gens qu'elle croise en route. C'est la morale de ce livre à suspense: on peut pardonner à ceux qui tuent par amour, mais les cruels, les malades, les jaloux, les égoïstes et les manipulateurs doivent être punis.
Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, (Gallimard/Folio policier, 1998, 311 pages)
Publié par Alain Bagnoud à 08:54:15 dans Polars, etc | Commentaires (6) | Permaliens
Le tableau dont Arturo Pérez-Reverte parle dans le titre de son livre a été peint par le peintre flamand Pieter Van Huys en 1471. Vous ne le connaissez pas? Moi non plus. Il a été complètement inventé par l'auteur. Deux chevaliers s'y affrontent aux échecs avec, derrière eux, une dame, vêtue de noir, un livre entre les mains. La toile se trouve à Madrid, chez Julia qui est restauratrice d'art et qui doit nettoyer le tableau pour une prochaine vente. Mais une radiographie qu'elle fait lui montre une curieuse inscription, dissimulée sous une couche de peinture par le peintre lui-même: "Quis necavit equitem?" C'est-à-dire: "Qui a tué le chevalier?".
Il y a deux mouvements ensuite. Grâce à un expert en échec et en remontant de quelques coups la partie, Julia découvre que l'un des joueurs qui avait été assassiné ne l'avait pas été par celui qu'on accusait depuis cinq siècles mais par quelqu'un autre. Deuxième mouvement: quelqu'un reprend la partie en cours, assimile les pièces du jeu d'échec à Julia et à son entourage, et continue à jouer, tuant réellement les vivants que les pièces symbolisent.
Ça vous semble compliqué? Rassurez-vous, si le scénario est assez machiaviélique, et les personnages manipulateurs, vous n'aurez aucune peine à comprendre tellement Arturo Pérez-Reverte a le sens de la pédagogie et prend ses précautions pour que tout soit clair, détaillé, précisé, au point que le texte semble bientôt longuet, appliqué, délayé et téléphoné. Il vous apparaitra assez vite que vous êtes bien plus intelligent que les personnages décrits, et les énigmes proposées ne vous sembleront pas si insolubles que ça.
Un exemple: ce n'est pas pour me vanter, mais je suis un joueur d'échec très médiocre. A peine si je connais le maniement des pièces et n'importe qui peut me flanquer une rouste sur l'échiquier. Mais alors que l'expert du livre, qui pourrait vaincre les plus grands maîtres du monde paraît-il, met un jour entier et plusieurs pages pour retourner en arrière d'un coup dans le jeu, il m'a fallu cinq minutes. C'est la même chose avec l'assassin: je l'ai découvert cinquante pages avant ces êtres d'une finesse et d'une déduction extraordinaires.
Il y a donc deux solutions: soit je suis un génie, soit Arturo Pérez-Reverte nous prend un peu pour des cons.
Arturo Pérez-Reverte, Le tableau du maître flamand, Le livre de poche
Publié par Alain Bagnoud à 11:26:00 dans Polars, etc | Commentaires (3) | Permaliens

Un bon vieux polar de la série
noire.
Du balai! De Ed McBain date de
1956 et est le premier volume de sa série sur le 87ème
district d'une ville qui ressemble un peu à New York.
Ed McBain a eu une idée de
précurseur qui allait faire le succès de cette suite:
le héros ne serait pas un seul homme, mais un commissariat
entier. L'un des flics serait le personnage principal d'un roman,
puis il cèderait la vedette à quelqu'un d'autre.
Certains des policiers mourraient, de nouveaux arriveraient, on
verrait les anciens héros passer dans d'autres bouquins en
silhouettes, puis revenir au premier plan.
Ça n'étonnera pas les
amateurs de séries télévisées policières,
dont certaines sont construites selon les mêmes principes.
Il y a d'autres choses d'ailleurs qu'on
voit dans Du balai ! et qu'on retrouvera sur le petit écran:
les investigations scientifiques. Bien entendu, on est en 1956 et il
ne s'agit pas d'ADN ni de recherches informatiques. Plutôt de
formulaires, de médecin légiste, de rapports de
balistique et d'autopsie...
L'intrigue: trois flics se font tuer
successivement. Le commissariat s'engage dans toutes sortes de
pistes. Finalement, il s'agit dans deux cas sur trois pour le
meurtrier d'égarer les soupçons, et le responsable est
un proche d'un des assassinés. D'accord, je ne dirai pas qui,
pour le suspense. Sa femme.
Et on trouve aussi une description
intéressante de gangs de jeunes. Oui, ils existent déjà
en 56. Ils ont des vestes rouges avec le nom de leur tribu en doré.
Les Grovers. Ils sont claniques et brutaux, ils se battent
contre le gang de l'autre quartier, ils ont des couteaux et des
pistolets bricolés qu'ils utilisent.
Est-ce que ça existe, une
histoire de ces groupes? Les zazous, les mods, les blousons noirs,
les hell's angels, les gangsta? J'aimerais bien pouvoir comparer.
Ed McBain, Du balai ! Série noire.
Publié par Alain Bagnoud à 09:23:05 dans Polars, etc | Commentaires (4) | Permaliens
Billy Rags fait partie du genre des
polars documentés. Ceux qui racontent comme une sorte de
reportage en caméra-vérité ce qui se passe dans
les couloirs des quartiers de haute sécurité pendant
les évasions, les préparations de braquage et les
attaques de fourgons blindés, ceux qui vont fouiner dans
l'enfance des criminels dangereux pour rechercher ces événements
déclencheurs qui puissent expliquer leur trajectoire.
Enormément d'effets de vérité. Dans les
dialogues, les situations, les relations, les descriptions de
personnages.Ted Lewis, Billy Rags, Rivages
noir
Publié par Alain Bagnoud à 14:31:24 dans Polars, etc | Commentaires (1) | Permaliens
Voilà ce que c'est que de lire en désordre: dans la dernière aventure où je l'ai suivi, Hyéronimus Bosch devait se glisser clandestinement dans sa maison sur pilotis qui était condamnée par un quelconque service d'hygiène après un tremblement de terre, et était destinée à la démolition. Dans La glace noire, que je viens de terminer, la maison est encore saine. Bosch y amène la médecin légiste de Los Angeles pour des parties de jambes en l'air après quoi il lui arrache des renseignements qu'il ne devrait pas savoir.
Ce qui rappelle que, quel que soit le roman dans lequel il apparaît, Bosch est un franc-tireur. Toujours tenu à l'œil par la police des polices qui l'a dégradé, faisant toujours le désespoir de ses chefs à qui il n'obéit que si ça l'arrange, toujours à un doigt de se faire expulser de la police criminelle. Toujours, aussi, en train d'accumuler des résultats qu'il est seul à obtenir grâce à ses intuitions, à son individualisme, à sa méfiance de la hiérarchie et à sa tendance à s'appuyer sur ceux qu'il juge digne de sa confiance.
Ici, il s'agit d'un flic qui a passé la ligne. Moore était dans la brigade des stups et il semble qu'il ait travaillé à répandre la black ice, une nouvelle drogue-cocktail élaborée au Mexique.
Moore se suicide au fusil de chasse, mais il a laissé des documents pour Bosch. Celui-ci ne croit pas à la version officielle et va à son habitude tout bouleverser. Pour finalement découvrir une vérité inattendue qui mêle drogue, désir du père, mouches, ambition féminine, tunnels et violence.
Michael Connelly, La glace noire, Points policiers
Publié par Alain Bagnoud à 12:26:10 dans Polars, etc | Commentaires (4) | Permaliens
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