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Une pieuvre dans la tête, par Pascal Dessaint | 02 février 2007

 Un polar à Toulouse. Il y a des maris qui disparaissent, un commissaire qui observe les oiseaux, un inspecteur dont le frère a une pieuvre dans la tête. Un tueur en série, qui est en fait une femme, Proserpine, laquelle comme son nom l'indique (Perséphone) a passablement à voir avec la mythologie.
C'est ce livre, Une pieuvre dans la tête, qui a fait connaître Pascal Dessaint comme auteur de romans noirs.  Il l'a publié d'abord dans une petite maison d'édition, L'Incertain, en 94. Ça a été repris en 2000 par Rivages/Noir où Dessaint a émigré. Une promotion méritée.
Dans Une pieuvre..., il fait montre d'une écriture personnelle, maîtrisée, de fantaisie dans les faits et la narration. Certains chapitres par exemple racontés à la première personne du singulier, les autres par un observateur omniscient.
Et il a un superbe personnage principal. La ville de Toulouse. (On a envie d'y aller...)

Publié par Alain Bagnoud à 16:58:11 dans Polars, etc | Commentaires (0) |

Lune sanglante, par James Ellroy | 23 janvier 2007

 Il me semble qu'il y a, dans les livres d'Ellroy, des tueurs en série plus crédibles que ce poète de Lune sanglante. Celui-ci est un type qui s'est fait violer par deux condisciples au lycée. Ensuite il les hait et les désire tout à la fois. Il érige une sorte de temple scatologique à leur gloire. Un homosexuel non assumé, qui tue des femmes. Qui considère comme une idole une fille du même lycée, auto-proclamée poétesse et cheffe de mouvement, laquelle vivra dans ses rêves d'adolescence les dix-huit années qui suivent.
Et puis l'intrigue. Ça ne prend pas tout de suite. Ça commence par la scène du viol, puis suit une nuit d'émeutes où le héros policier tue un homme quand il est jeune. On saute dix-sept ans plus tard. Etc. Jusqu'à la fin, où l'ami du héros arrive comme la cavalerie, juste à temps.
Mais, bon, il y a quand même une énorme force dans ce texte. Ça tient au sens qu'a Lloyd Hopkins de sa mission, ingrate, désespérante. A des univers intimes cloisonnés, liés à la folie. Au nécessaire désir d'innocence. A l'horreur du mal.
Et à une écriture aussi, ambitieuse, qui cherche à exprimer de la complexité. Une écriture qu'Ellroy a abandonnée par la suite, si j'en juge par mes souvenirs de livres ultérieurs avec ces phrases sujet-verbe-complément. Je ne les pas tous lus jusqu'au bout. Je ne me souviens plus très bien des titres et des histoires.
Par contre, je me rappelle parfaitement le Dahlia Noir. Et Ma part d'ombre, une autobiographie qui raconte les liens que faits Ellroy entre l'héroïne du Dahlia Noir et sa propre mère, assassinée un soir de fête après un flirt poussé. Deux chefs-d'œuvre !
Quant aux autres livres de jeunesse qui constituent La trilogie Lloyd Hopkins, on en reparlera.
A propos, bravo à Jean Winiger qui a réussi à faire sa première connexion avec ce blog (voir ici). Comme quoi on peut arriver à tout, avec de la volonté !

Publié par Alain Bagnoud à 16:54:13 dans Polars, etc | Commentaires (0) |

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