Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Le blog d'Alain Bagnoud...

fonctionne au ralenti pendant l'été

Alain Bagnoud

Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)

DERNIERS LIVRES PARUS (CLIQUEZ POUR COMMANDER)

 Alain Bagnoud, La leçon de choses en un jour


Alain Bagnoud, Saint Farinet


Alain Bagnoud, La proie du lynx

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
495950 visiteurs
Depuis le début du mois :
29740 visiteurs
Billets :
546 billets

Rechercher dans ce blog

Juillet

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

La Sittelle par Jacques Herman | 17 juillet 2008

   Antonio de Pereda, Allégorie du Temps qui passe
A signaler: un nouveau recueil de poèmes de Jacques Herman . La Sittelle. Encore une démonstration de son talent léger et grave tout à la fois, de ses dons de visualisation et d'évocation. Des poèmes coulés  dans une forme fraîche et spontanée.
Un exemple, pour illustration:

Retenir le temps

Ses mains se crispent sur le temps
Qui passe inexorablement
Et qu'il tente vainement
De retenir

Reste ici lui dit-il
Comme s'il s'adressait
A un chien

Mais le temps n'entend rien
Ou pour le moins
Lui fait la sourde oreille
Il file
File
File entre ses doigts
Comme il file entre les miens

Je m'en vais
Ce spectacle m'afflige
Je reprends mon manteau
Mon chapeau
Mes gants
Il me faut affronter la neige
Sale temps 

Jacques Herman, La Sittelle, Editions du Madrier 

Publié par Alain Bagnoud à 17:06:52 dans Poèmes | Commentaires (0) |

L'Aube de la nuit | 05 mai 2008

Je suis celui qui marche en avant
Et dont le Nom est un Mystère.
Je suis l'Hier.
« Celui qui contemple des millions d'années »
Est mon Nom.
Je parcours les sentiers du ciel...
Voici que le titre de Seigneur de l'Eternité m'a été conféré.
Entouré de rayonnement j'avance sur ma route
Et je pénètre partout au gré de mon cœur.
J'existe et je vis...
 
Je suis Horus qui parcourt les millions d'années.
La parole et le silence sont équilibrés dans ma bouche.
En vérité mes formes sont à présent renversées.
Je suis Unnefer, l'être parfait,
Dieu qui se conforme au rythme des temps.
Mon essence est cachée dans mon être.
Seul je suis !... Seul... Seul...
Seul je parcours les solitudes cosmiques...
 
                Le livre des morts des anciens Egyptiens, chapitre 42
 Le livre des morts des anciens Egyptiens
J'ai lu et relu ce texte hier soir, pendant un concert d'orgue qui terminait le Festival de Musique et d'Art Sacré Agapé (Genève, Eglise Saint-François de Sales). J'y étais déjà allé mercredi pour entendre les Grands Motets de Rameau par l'ensemble Baroque du Léman et le Chœur Novantiqua sous la direction de Florence Magloire. Hier, c'était plus moderne et plus ancien en même temps. Marcel Pérès y interprétait Contemplation, une œuvre pour orgue qu'il a composée d'après le Livre des morts des anciens Egyptiens, justement. Marcel Pérès qui fait un grand écart équilibré entre musique médiévale et création contemporaine. Un beau concert.

Publié par Alain Bagnoud à 08:53:52 dans Poèmes | Commentaires (1) |

Novembre | 07 décembre 2007

Tout se désagrège

Objets souvenirs vieilles photos

Soufflés par un vent de désespoir

Enfants démembrés

Amis perdus

 

L'armature d'acier

Se liquéfie

Trente ans d'alcool

Sourdes rages

 

Trous béants de manque d'amour

Elle s'agrippe

Aux mains de l'absent

Déjà saisie

Par les forces de l'ordre

 

Cris et violence

 Ne sont plus de mise

Retrouvera-t-elle un jour

Un moment de tendresse

 

Après novembre

Un long hiver

Mais la promesse du printemps

Sera tenue

 

                                                                    Grégoire Müller
                                                                    Nada Mas, Editions de L'Aire
                                                                    © L'Aire, 2007

Publié par Alain Bagnoud à 09:21:29 dans Poèmes | Commentaires (3) |

Banquet de noces, par Jacques Herman | 23 septembre 2007

Le banquet des affamés, par James Ensor

Je suis coiffé d'un ridicule
Peit chapeau de papier rose
Un inconnu vient m'affubler
D'un nez de clown et je souris
Pour qu'il ne soit pas dit
Que je suis
D'humeur morose

Un grand gaillard entre deux âges
Et qiui me paraît éméché
Porte entre ses bras musclés
Une grosse fille rousse
Qui rit aux éclats

Des gamins lancent des confettis
Un accordéoniste
Sur le devant de la scène
S'est mis à chanter
Une chanson obscène

On se lève soudain
De partout
On pose les mains
Sur les épaules voisines
On joue au petit train
Qui roule dans les collines

On me regarde de travers
Je ne suis pas dans le ton
Pour ne pas leur déplaire
Je souffle dans un mirliton
 
                                            Jacques Herman
                                 Les Tartanes (Editions du Madrier)

Publié par Alain Bagnoud à 11:09:16 dans Poèmes | Commentaires (3) |

Jacques Tornay | 15 janvier 2007

                                 Néanmoins

Il faut se rendre aux mots dans un contentement chantonné
   les lèvres mi-closes, sans brusquerie,
être à soi-même comme le chat assis sous le pommier.
Suivre le glissement de la lune et ne se préoccuper de rien d'autre.

Mais la sérénité est un continent inabordable,
un train qui n'arrive pas, un messie en panne, et nous restons
debout à des carrefours encombrés de questions imprécises et
de réponses improbables, en peine de choisir.
Nous avons néanmoins une candeur immense à investir
du même élan, du même allant qu'à l'époque où nous étions
   petits.

Nous sommes des conglomérats de molécules sacralisés par
   l'espoir d'une éclaircie,
des rêveurs de promesses démurées.
Nous saluons d'une main le soleil bifurquant derrière l'épaule
de la montagne et de l'autre accueillons la nuit comme une soeur.
Chaque parole nous sert de sésame. Aucun geste n'est dérisoire.
Le moindre fragment d'une existence vaut d'être repris
et consigné sous la forme d'une perle rare

Nous distinguons désormais les moments trempés d'absolu
   qui nous sont offerts.
Pour commencer, ne fermons plus les cercles que nous traçons
sur le papier, la plage, l'espace aérien et n'importe où.

                                           Jacques Tornay

(Tiré du recueil Feuilles de présence, L'Arrière-Pays 2005. Chez Josette Ségura, 1 rue Bennwihr, 32360 Jégun, France, ou dans les librairies de la Fnac.)

Publié par Alain Bagnoud à 09:40:15 dans Poèmes | Commentaires (1) |

1| 2| >>