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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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On ne lit plus Michel Tournier | 02 novembre 2009

Le roi des aulnes, gravure de ?
On ne lit plus Michel Tournier. Cet écrivain vedette des années 70 et 80 est au purgatoire. Je me suis demandé quelle en était la raison lorsque j'ai trouvé dans les bacs d'un marché aux puces deux de ses livres qui m'ont rappelé sa gloire passée.
Pourquoi ne pas les relire? Aussitôt dit, aussitôt fait...
Et maintenant, je comprends, sans avoir besoin d'une étude approfondie.
Ces romans à thèses me sont tombés des mains. Quelques pages du Roi des Aulnes (le thème de l'ogre, Saint-Christophe, l'Enfant...), quelques-unes de Robinson ou les limbes du Pacifique (le puritanisme, les quatre éléments, le renversement des valeurs)... Et j'ai reposé les livres.
Je me souvenais évidemment de Tournier comme d'une sorte de virtuose de la construction. Il accumule les thèmes, les symboles, il articule le tout avec science. Rien n'est gratuit, tout est récupéré, inséré, intégré, montré. La lecture en devient vite pesante, agaçante.
L'auteur insiste lourdement sur la signification de chaque chose, met en avant, explique, revient. Ce qui chez d'autres, plus subtils, constituerait l'arrière-fonds, est chez lui exhibé. Les sous-entendus sont projetés à la surface. Il n'y a aucune possibilité pour le lecteur d'une interprétation personnelle: l'écrivain lui impose ses éclaircissements.
Tournier est fils de son époque: ces années-théories, explicatives, dont il porte les valeurs et les transgressions, dans une écriture paradoxalement plutôt classique. On peut préférer des auteurs qui laissent un peu plus de place au lecteur...

Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Robinson ou les limbes du Pacifique, Folio

Publié par Alain Bagnoud à 09:13:08 dans Pas fini | Commentaires (7) |

J.-M. Coetzee, Le Maître de Pétersbourg | 04 septembre 2008

Coetzee, Le Maître de PétersbourgEt puis, toujours en ce qui concerne mes lectures de vacances, il y a des livres que je n'ai pas finis. Par exemple Le Maître de Pétersbourg. Un roman de Coetzee, cet écrivain que j'apprécie pourtant beaucoup (voir ici et ).
Dans Le Maître de Pétersbourg, il s'agit d'Histoire. De la grande Histoire mêlée à l'histoire littéraire.
Le personnage principal est un peu malpropre, sentimental, faible, repoussant. Il s'agit de Dostoïevski exilé qui revient à Pétersbourg parce que son beau-fils Pavel, un nihiliste, vient de mourir suite à ce qui est peut-être un accident, peut-être un suicide, peut-être un meurtre. L'écrivain russe s'installe dans la chambre de Pavel et tourne autour de la logeuse...
Je ne peux pas vous en dire plus, ce roman m'a franchement repoussé.
Peut-être parce que je n'ai pas du tout apprécié cette image veule de Dostoïevski qui y est présentée d'emblée...

J.-M. Coetzee, Le Maître de Pétersbourg, Seuil.

Publié par Alain Bagnoud à 11:24:30 dans Pas fini | Commentaires (0) |

Le naïf aux quarante enfants, par Paul Guth | 24 juin 2008

PendusAh que le monde a changé depuis 1955 ! L'enseignement surtout.

L'enseignement, c'est ce dont parle Le naïf aux quarante enfants, qui raconte les débuts d'un jeune professeur ingénu.

Une classe idéale, comme un temple du savoir. L'enthousiasme du maître. Des élèves serviles, disciplinés. Le seul problème est qu'ils s'intéressent plus spontanément au monde extérieur qu'aux « plus grands hommes de Rome, de la Grèce et de la France ».

Alors, le professeur met en rapport ces génies avec la vie courante. Pour la plus grande édification de ses élèves, il présente Villon en argot :

« Quand Villon avait besoin de grisbi, il préparait un bisenesse. Il lui fallait de l'oseille, car il aimait bien se fendre la pipe. Pour écluser, à lui le pompon ! »

Non : le pompon à Paul Guth !

 

Paul Guth, Le naïf aux quarante enfants, Albin Michel

Publié par Alain Bagnoud à 09:54:11 dans Pas fini | Commentaires (4) |

La baïne, par Eric Holder | 15 février 2008

 Pointe de Grave

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Eric Holder a du talent. Une écriture. Une manière bien à lui de faire vivre un décor.

Celui du Sud-Ouest de la France, dont il a emprunté un mot du langage particulier pour en faire le titre de son roman. La baïne est une lagune entre le rivage et un banc de sable, formée par la houle de l'Atlantique, dit le quatrième de couverture. Un endroit traître, où même les bons nageurs peuvent se faire emporter par le courant et les tourbillons dus aux failles dans le banc de sable.

Ainsi, au début du livre, c'est une jeune femme qui se noie. A la fin, c'est l'héroïne du livre, Sandrine Laguibson (comme la guitare). Une jeune femme amoureuse de la pointe de Grave, qui en a épousé un natif, qui a deux enfants avec lui, qui s'occupe de faire le guide dans la région.

Et puis arrive un bel étranger, un Parisien, fils d'un cinéaste célèbre qui veut tourner un film dans la région et engage Sandrine pour les repérages. Puis le film se fait, puis il y a un adultère avec le Parisien. Puis une relation qui se noue. Puis j'ai arrêté le livre.

Non que je désapprouve l'adultère, ne croyez pas ça ! Ou que j'aie trouvé Holder mauvais écrivain. Mais le roman était posé sur la pile que je lis, puis un peu plus au-dessous, puis tout au fond, et chaque fois qu'il s'agissait de prendre un ouvrage, c'était un autre. Jusqu'à ce que je me rende compte que je ne le finirai jamais...

J'ai quand même feuilleté un peu, par acquis de conscience. Pour constater que oui elle se noie bien à la fin. On s'en doutait un peu. Quand ça commence par une noyade... Mais pourquoi ? Accident ? Suicide ? Ah ! C'est un mystère que je n'ai pas la force d'élucider.

Si vous voulez le faire, il va falloir lire La baïne.


Eric Holder, La baïne, Seuil

Publié par Alain Bagnoud à 10:18:03 dans Pas fini | Commentaires (0) |

Jusqu'à pareil éclat, par Anne-Lise Grobéty | 17 janvier 2008

Anne-Lise Grobéty, copyright La GruyèreC'est ce qu'on appelle, semble-t-il, de l'écriture féminine.

Je manque de compétence pour juger. Il me semble plutôt, à moi, qu'il y a surtout une écriture individuelle, chaque bon auteur ayant la sienne. Mais bon, pourquoi est-ce que l'écriture féminine n'existerait pas ? Puisque c'est ce qu'affirme Valérie Cossi dans le quatrième de couverture de Jusqu'à pareil éclat, qui parle pour ce livre de « tradition au féminin ».

Voyons donc ses caractéristiques d'après le texte.

Tentative de création d'une atmosphère onirique. Description des liens mère-fille réels ou symboliques. Surattention aux objets, aux matières, aux textures. Communication avec la nature, les arbres et les petits oiseaux.

Et surtout, images, métaphores, personnifications. Un flux d'images, de métaphores et de personnifications. Partout des images, des métaphores et des personnifications.

Tenez, j'ouvre le livre au hasard, vraiment. P. 37 : « les tapis gobaient d'un trait chacun de ses pas. » P. 17 : « Au fur et à mesure qu'on quittait la roture des jardins pour s'approcher de la bâtisse, on voyait bien que les fleurs devenaient de plus en plus guindées, les pelouses pompeuses, contrites... » P. 29 : « L'odeur de cette armée de vieux livres - douze mille soldats aux armes obsolètes, orgueilleusement sûrs de vaincre l'éternité dans leur tunique de cuir rouge foncé. » Allez, une dernière page. J'ouvre au hasard, il y en a partout. P. 75 :  « un pont plié en deux sur la pauvre rivière qui prenait son élan pour fuir et se perdre dans l'immensité. »

Bon.

 

Anne-Lise Grobéty, Jusqu'à pareil éclat, Bernard Campiche éditeur.

Publié par Alain Bagnoud à 09:06:31 dans Pas fini | Commentaires (4) |

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