JUSTE PARU
Voir ici 
Articles de presse
LA TRILOGIE
Voir ici
Articles de presse
Articles de presse
Articles de presse
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
![]()
Avec le talent et la virtuosité qu’on lui connaît, le comédien Nicolas Rinuy lisait la semaine passée un texte de Péguy au Terrier, Notre jeunesse.
Charles Péguy, écrivain singulier, chrétien, socialiste, républicain et mystique, intellectuel engagé, dont l’œuvre a eu peu d’écho de son vivant avant sa mort héroïque en 1914, la veille de la bataille de la Marne, puis a été récupérée par les catholiques nationalistes et le régime de Vichy.
Ils avaient du mérite, tellement l’œuvre est inassimilable et la pensée libre.
La lecture du Terrier était en tout cas l’occasion d’entendre cette prose rythmée, martelante, qui fonctionne sur les oppositions, les répétitions, l’insistance, la construction en spirale: reconnaissable entre toutes et profondément singulière.
Le Terrier, Espace privé ouvert au public. Maison fondée en 1999. 71, bd de la Cluse, 1205 Genève. Sous-sol, porte rouge.
Prochains spectacles:
LE QUINTEXTE, création musicale (jazz) et littérature, par Nicolas Lambert et son ensemble (08-11.03 2012)
Nicolas RESTIF DE LA BRETONNE, Les nuits de Paris, par Marcel Cottier etNicolas Rinuy (25-29.04. 2012)
Publié par Alain Bagnoud à 09:39:48 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
A 25 ans, Arnaud Maret publie un roman de 500 pages.
Le fait déjà tient de l’exploit. Il y en a un deuxième dans Les Ecumes noires: le roman est habité par un souffle qui pousse le lecteur jusqu’au bout de l’histoire. Histoire ici est d’ailleurs à prendre dans ses deux sens: la fiction et l’étude du passé.
Le personnage principal s’appelle Julien Kelsen. Il est jeune professeur à l’Université de Fribourg, là où Arnaud Maret a obtenu justement un Master en histoire, avec, comme titre de mémoire: Le national-socialisme à travers le regard de la presse valaisanne francophone. Représentations de l'Allemagne et dérives antisémites à la lumière du facteur confessionnel, 1933-1938.
Ce qui n’est pas sans rapport avec le roman qu’il publie, comme on le verra.
Donc, en 1989, Julien Kelsen apprend que son père a été assassiné à Münich où il vivait. Abasourdi, il s’y rend, rencontre un commissaire humaniste nommé Hertling, et apprend que tout l’accuse de cette mort.
Si Hertling était un simple flic borné, Kelsen serait vite condamné pour parricide. Mais il parvient à se disculper et commence sa propre enquête, qui va réveiller quelques fantômes.
Pendant la guerre de 39-45, son père n’était pas exactement qui il croyait. Une photographie, puis la confession d’un de ses anciens complices font apparaître un épisode monstrueux, arrivé en Hongrie en 1944.
Pour comprendre, Kelsen fouille ce qu’il peut trouver, reconstitue une époque sombre, découvre un nouveau visage à son père. Il n’est pas seul à s’intéresser à son histoire. Une femme mystérieuse agit en coulisses, en parallèle de ses recherches, poursuivant une vengeance que Kelsen va peu à peu cerner, et dont la découverte va le transformer.
L
a forme du livre, comme on le voit, est celle d’un polar, dont les révélations successives font avancer l’intrigue et retiennent le lecteur. L’écriture est simple, claire, efficace, évocatrice.
Il y a bien évidemment quelques petites longueurs, comment n’y en aurait-il pas dans un livre de cette ampleur? Les trajets décrits, par exemple, dressent une topographie minutieuse des villes traversées. Le procédé est d’ailleurs utile au genre du polar: le ralentissement des événements exacerbe le suspense.
Réussite, donc, pour le prometteur Arnaud Maret, Valaisan originaire de Bagnes, né en 1986. Actuellement, il vit entre Fribourg, Lausanne et le Valais, poursuit des études de droit en parallèle de son activité professionnelle dans le domaine de la conservation du patrimoine écrit et sonore, annonce le quatrième de couverture. Et il écrit. On se réjouit de le suivre.
Arnaud Maret, Les Ecumes noires, Editions de L’Aire
Publié par Alain Bagnoud à 09:13:41 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
28 délégués-lycéens de toute la Suisse romande ont choisi de couronner Angeles de Reynald Freudiger pour l'édition 2012 du Roman des romands. Le prix a été remis au Théâtre Benno Besson d'Yverdon vendredi passé. Voici ce que j'écrivais sur ce livre le 20 mai 2011:
Deuxième livre de Reynald Freudiger après La mort du prince bleu, Àngeles est une réussite.
D’abord la préface.
On ne fait plus de préfaces désormais, déplore Freudiger, qui les aime et du coup en pond une charmante. Il y parle de son titre, de la manière idéale de lire son recueil: chaque texte d’une traite. Idéal pour les pendulaires: un à l’aller, un autre au retour. Le livre leur propose ainsi une semaine de trajet.
Ces textes courts ne sont pas de nouvelles dans le sens traditionnel du mot. L’éditeur les annonce comme des récits, Freudiger leur préfère le mot de contes. Définissons tout ça. Je sors mon dictionnaire.
Un conte, c’est une « action de rapporter à quelqu'un un fait réel » ou un « récit d'aventures imaginaires destiné à distraire, à instruire en amusant ». Les deux définitions collent avec le projet de Àngeles. Le livre a aussi des affinités avec ce qu’on appelle le réalisme magique, qui se donne « généralement pour but de saisir une réalité avérée à travers la peinture quotidienne de populations latino-américaines ou caribéennes pour en révéler toute la substance fabuleuse, irrationnelle parfois étirée jusqu’au rang de mythe. » (voir ici).
Les histoires séduisantes et âpres qu’on trouve dans Àngeles se passent en Amérique latine, et mettent en scène des personnages communs (par exemple un Bolivien immigré) ou extraordinaires (un ange avec ses ailes bricolées). Ils reflètent une vision de ce continent poétique ou réaliste (les jeunes kidnappeurs), liée à l’Histoire (les dictatures) ou à un quotidien parfois violent (rapt, assassinats).
Il y a de l’humour aussi, sous-jacent ou au premier plan, comme dans ce récit où les passagers d’un bus voient une apparition: une tête barbue. Tout le monde identifie le Christ sauf le narrateur, en proie à une mission littéraire, qui tente de persuader les autres qu’il s’agit de Don Quichotte.
Tous ces contes un peu baroques forment un univers cohérent, avec pour lien thématique et suspendu la présence des anges. A chaque fois, il s’agit de l’autre, de la manière de le voir, de le juger, de le comprendre, des variations aussi du regard qu’on peut avoir sur autrui.
C’est l’écriture également qui les unit. Leur composition se réfère à une esthétique cohérente. Les voix différentes qui parlent ont en commun un ton détaché, amusé, candide, qui prend de la distance avec les drames, les cruautés et les émerveillements, et distille une force contenue d’émotion. Présence d’un auteur qui maîtrise son récit et joue avec lui.
Reynald Freudiger est né en 1970. Il a voyagé en Amérique latine après ses études de lettres à Lausanne. « Là-bas, il s’intéresse de près au mouvement de fond qui, un peu partout sur le continent, porte alors la gauche au pouvoir. » (Culturactif) On le retrouve collaborateur à l’édition critique des œuvres complètes de Charles-Ferdinand Ramuz pour le compte du Centre de recherches sur les lettres romandes. Actuellement, il enseigne le français dans un gymnase et s’adonne à la critique littéraire – et à l’écriture.
Reynald Freudiger, Àngeles, L’Aire
Publié par Alain Bagnoud à 09:16:31 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Avec sa phrase courte, épurée, sans images, sa rétention, Jules Renard a trouvé un style fait de formules souvent cinglantes, qui semble et est parfois profond.
Pour lui, il ne s'agit pas de tout dire, mais d'inscrire de petites vérités lapidaires. Il avait l'amour des limites, du réel, de l'observé, a passé sa vie à borner son travail d'écriture, à le contenir, à l'assécher, à l'étrangler. L’objectif était d'exprimer les chose avec de la concision, de l'esprit, de l'ironie.
Son journal elliptique, accumulant les petites phrases éclatantes, vise à atteindre la vérité du quotidien. Et y réussit souvent.
Publié par Alain Bagnoud à 11:04:11 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Décidément fertile, l’écrivain neuchâtelois Gilbert Pingeon publie deux romans d’un coup. Léa, aux Editions d’Autre Part, et La Cavale du banquier, aux Editions de L’Aire.
Pour l'amateur qui, comme moi, les lit l’un après l’autre, des points communs s’imposent, de sorte que la tentation est grande de les comparer. Ressemblances et différences.
La matrice des romans semble la même. Leurs deux personnages principaux sont des bourgeois quinquagénaires aisés (un banquier, un ancien homme politique). Tous deux sont solitaires, narcissiques, à la recherche d’un sens à leur vie qu’une activité professionnelle ne peut leur donner.
Chacun traque une femme exotique qui a vingt ou vingt-cinq ans de moins que lui. La conclusion du livre est tragique pour elles: l’une tente d’étouffer ses enfants et de se suicider, l’autre meurt étranglée. A la fin, tout rentre dans l’ordre pour le personnage principal qui retrouve son train-train quotidien.
Les différences maintenant. Dans un cas, c’est un essai de séduction qui échoue. Dans l’autre une histoire de passion charnelle, de picole, de déglingue qui mène à la mort.
La Cavale du banquier ouvre en plus un Dossier Kevin Kovac qui propose au lecteur la vie d’un jeune délinquant. Son destin croisera celui des personnages principaux. Ces deux histoires parallèles se nouent finalement de façon tragique.
Léa, que l’auteur annonce comme un remake d’Adolphe, le fameux roman de Benjamin Constant, est une sorte de jeu du chat et de la souris entre les deux personnages principaux. Les êtres qui tournent autour d’eux (les deux filles de Léa, son ex-mari...), sont de simples pions dans ce jeu d’échec de la conquête et du refus.
Comme on le voit, au-delà des ressemblances, Léa et L
a Cavale du banquier ne sont pas de simples variations sur le même modèle. Ces romans ont des personnalités propres. Gilbert Pingeon sait diversifier ses effets. Son écriture est précise, rythmée, souvent ironique, sarcastique, apte à suggérer l’intériorité par la description des actes.
Tels qu’ils sont, Léa et La Cavale du banquier présentent des facettes différentes du talent de cet écrivain dont on avait déjà apprécié un livre autour des animaux et un roman sur l'aventure intérieure.
Gilbert Pingeon, Léa, Editions d’Autre Part
Gilbert Pingeon, La Cavale du banquier, L’Aire
Publié par Alain Bagnoud à 10:08:10 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| 65| 66| 67| 68| 69| 70| 71| 72| 73| 74| >>
Depuis le 14-09-2006 :
6025872 visiteurs
Depuis le début du mois :
12082 visiteurs
Billets :
1186 billets
Commentaires