JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
tête », mais : « Tu lui dira qu'il n'a plus besoin d'avoir de souci. » Publié par Alain Bagnoud à 14:37:56 dans Lectures | Commentaires (3) | Permaliens
Boudard adore la vie. Il a de l'appétit. Il est truculent, popu, sympathique, proche de ses lecteurs.
Dans L'éducation d'Alphonse, il raconte sa rencontre avec un professeur soûlard, renvoyé de partout à cause de son vice, et qui lui a ouvert par ses géniaux monologues de bistrot les chemins de la littérature.
Grâce à lui, le jeune Alphonse rencontre des personnages typiques, comme ce curé Gégenbach, défroqué pour rejoindre les surréalistes, puis de retour dans un couvent, puis sorti de nouveau pour verser dans le satanisme et se fa
ire entretenir par les femmes riches. Ou un poète soiffard d'une lignée noble à qui les habitués du bistrot réclament constamment les seuls 3 vers qu'il a jamais écrits - et qui les récite avec fierté sans se rendre compte qu'on se fout de lui. Ou un prince lié à toutes sortes de magouilles et qui finit par fabriquer de la fausse monnaie...
C'est une galerie de portraits pittoresques, disons, plus qu'une vision du monde noire et jouissive à la Céline, dont il est le disciple. Mais un bon divertissement, tonique et amusant.
Publié par Alain Bagnoud à 15:16:56 dans Lectures | Commentaires (1) | Permaliens
Ces initiés sont d'abord 70, chacun initie 10 par semaine, ils sont 777 770 en un mois. On les arme, on les entraîne, ils prennent le pouvoir. Tuent au fusil-mitrailleur ou à la guillotine les barbus : sociologues, psychanalystes, neuropsychiatres... Puis, par exemple, à la suite d'un rêve du dictateur, tous les Noirs aussi. Publié par Alain Bagnoud à 00:01:46 dans Lectures | Commentaires (6) | Permaliens
Jérome Meizoz, l'auteur du Rapport Amar, vient de lever un lièvre : l'antisémitisme de Cendrars. Il a retrouvé un projet de pamphlet de notre poète du transsibérien. L'article de Meizoz va paraître bientôt dans le Courrier. Pierre Assouline, qui l'a déjà lu, en a fait un compte-rendu dans La république des livres.
Je le signale en passant. Ce que je voulais dire surtout, c'est que Meizoz m'a averti d'un entretien avec Jean Chauma. L'auteur du très étrange Bras cassés. Guiseppe Merrone et Ami-Jacques Rapin ont rencontré le voyou-écrivain pour la revue A contrario (vol.4 - Numéro 2). C'était le 14 juillet ( ! ) 2006 « à la terrasse d'une brasserie
située face au casino d'une petite ville thermale française. » Tout s'explique (sauf la date) lorsqu'on sait que l'ancien braqueur de banques est interdit de séjour sur le territoire helvétique.
Il parle de sa transformation. Ce voyou des années 70 s'est en effet extrait du mitan et est devenu un « causeur ».
Tout ça par la faute des livres. Bien sûr. Il était dans l'isolement au mitard, avec le droit de lire un volume par jour. Des SAS, des San-Antonio, puis Saint-Exupéry, Edgar Morin. « La lecture me donnait soudain un but qui était celui de pouvoir côtoyer un milieu auquel je n'appartenais pas. »
Et l'écriture ? « Une solution pour avancer ». « Pour intéresser le monde : les gonzesses, les baveux, le curieux. » Des termes du milieu. Les filles, les avocats, le juge d'instruction.
C'est l'argot, seul langage des voyous. D'ailleurs, selon Chauma, « Bras cassé est une expression argotique désignant un loser qui ne renonce pas à essayer de gagner, de réussir, d'être un winner, un bon, etc. Le voyou ne pense pas à s'en sortir, il aime être où il est, et comme il est, il voudrait juste être un tout bon. »
Jean Chauma en est devenu un. Par l'écriture. Un tout bon.
Son entretien est passionnant. Sur l'argot, les postures des voyous, la langue et ce qu'elle impose et permet. Il faudrait creuser. Je vais y revenir bientôt, tiens, quand j'aurai un peu plus de temps.
Publié par Alain Bagnoud à 00:03:50 dans Lectures | Commentaires (8) | Permaliens
Le personnage principal de Bille en tête, Virgile a 16 ans. C'est un jeune con issu de la bonne bourgeoisie, scolarisé dans une pension chic.
Il se croit révolté parce qu'il veut, je cite : « Des femmes, de l'argent, un nom qui sonne ». Il se prend aussi bien sûr pour Mozart et Christophe Colomb tout à la fois.
Son grand fait d'armes consiste à séduire ou à être séduit par une amie de son père, qui a 36 ans. Pour montrer comme il est poète et fou, il exécute toutes sortes d'excentricités devant elle : il rentre tout habillé dans la baignoire où la dame se baigne, il l'oblige à lui offrir deux montres de luxe parce qu'il a deux poignets, et il est tout content parce
qu'elle l'emmène en Rolls avec chauffeur à Deauville pour baiser dans un hôtel prestigieux.
C'est un sale gosse gâté, odieux, qu'on rêve à chaque page de gifler. Alexandre Jardin, lui, trouve ce tête à claque génial. Il le donne en exemple, il le célèbre dans une langue convenue qui a tout de même la qualité d'être alerte.
Ouf, il y en a au moins une.
Publié par Alain Bagnoud à 10:56:18 dans Lectures | Commentaires (9) | Permaliens
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