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Johnny et la petite nuance de Doris | 18 janvier 2007

 Doris Leuthard

On ne va pas revenir en détail sur cette histoire. Vous la connaissez. Johnny à Gstaad pour payer moins d'impôts, la ministre suisse Doris Leuthard qui, hors caméra mais devant les journalistes, dénonce une inégalité en comparant avec un Suisse qui gagne autant que le rock'n'roller des grands-mères.
Je n'y étais pas mais je vous cite la phrase que les médias ont reproduite : « Roger Federer paie dix fois plus d'impôts que Johnny ; c'est injuste. »
Vous entendez la formulation ? Vous sentez le malaise ?
Si elle avait dit : « Johnny paie dix fois moins que Federer », on aurait saisi qu'il faut décupler la somme que devrait verser le chanteur.
Là, au contraire, on comprend que Federer paie dix fois trop. Une petite nuance, madame Leuthard, qui en dit beaucoup.
Comme si le sens de l'équité devait amener finalement une division par dix des impôts exigés aux riches Suisses.
Mais je sais: ce n'est pas ce que vous avez voulu dire.

Publié par Alain Bagnoud à 21:23:24 dans Journal | Commentaires (0) |

11'111 le 11.1 | 11 janvier 2007

Ça y est, ce blog a passé le cap des 11'111 visites, m'annoncent les statistiques que je peux consulter avec mon code. J'ai essayé de rendre le compteur visible, mais il déconne un peu...
Non, ça y est, il marche, vous le verrez dans la colonne de gauche. Non, il a soudain disparu. (Je fais des essais.) Il est revenu mais il indique 0 visiteur pour ce mois, ce qui est très vexant et de plus faux. Ça se corrigera peut-être tout seul. En attendant, je vous livre les chiffres exacts : 22'523 pages vues au total, 1331 visiteurs depuis le début de ce mois, 11'114 depuis son ouverture, le 14.09.2006.
Ça se fête ! Champagne ! Ou jus de fruits, c'est selon. Mais sans oublier les chansons. La vie sans chansons, c'est triste.
Pourquoi toute une histoire sur ce chiffre, 11'111, me direz-vous ? Est-ce que je serais devenu numérologue ? Oh non ! Pas de ça chez nous ! Notez bien, la numérologie n'attrape pas moins les gogos que l'astrologie ou le channeling. Je la respecte pour ça. Donner une chimère à ces gens qui ont tellement besoin de croire n'importe quoi (et leur prendre des sous au passage).
11'111, donc : une simple alignée de 1, rien d'autre ! Mais j'ai remarqué que les blogs fêtaient traditionnellement leur 10'000ème visiteur et ce moment m'a échappé. J'étais en vacances dans la neige, je me promenais un peu, je lisais, je chauffais le chalet au feu de bois et le soir, je buvais un peu de bon vin. Sans bon vin et sans chansons, on ne peut pas (ou plus difficilement). 11'111, c'est donc une séance de rattrapage.
Pour vous remercier d'être venus et d'être là.

Publié par Alain Bagnoud à 11:34:33 dans Journal | Commentaires (1) |

Neige | 07 janvier 2007

Vacances de neige toujours (pour terminer). Je vous conseille d'essayer les raquettes. Je suis un nouveau converti, ce sont ceux qui font le plus facilement du prosélytisme. Mais enfin, c'est une expérience exaltante. D'abord, vous n'avez pas tous ces gens à ski partout, qui vous passent devant, qui surgissent à gauche, qui s'arrêtent à droite, qui freinent brusquement quand vous êtes derrière eux, qui prennent des trajectoires étranges, qui vous donnent l'impression d'être seul à pied sur la ligne blanche d'une autoroute très fréquentée.
Choisissez plutôt la tranquillité. Vous chaussez des raquettes, vous prenez des bâtons et vous suivez une piste balisée. Sympathique. Peu de monde. Vous admirez le paysage, les sapins aux branches ornées de neige, les combes blanches, les sommets, tout ça. Le rythme est trouvé, on avance, on pense à sa respiration, des pensées défilent, on se sent bien, empli d'existence, c'est très zen.
Ou alors, encore mieux, vous coupez droit dans les forêts. Vous frayez votre trace. Question solitude, on peut difficilement trouver mieux. La neige se lit comme un livre. Les lièvres qui ont passé, leur empreinte triangulaire, les marques des biches, des cerfs. Sous un vaste arolle, le lendemain d'une tempête, j'ai vu des traces d'ongulé (un chevreuil ?) qui partaient, mais aucune qui arrivait : la bête s'était réfugiée là pendant la tourmente.
On imagine ainsi toutes sortes d'histoires. Par exemple cette autre trace que nous avons vue avec famille et amis, il y a quelques jours (sans raquettes cette fois) : des gouttes de sang sur la neige du sentier, en plein bois, loin des villages. On les a suivies jusqu'à ce qu'elles quittent la piste pour descendre dans la forêt. Et là, soudain, l'empreinte d'une patte de chat. Un grand chat. Un très grand chat : sans doute un lynx. Qui portait manifestement une proie morte ou blessée dans sa bouche.J'étais très ému, moi qui ai écrit un roman dont cet animal est le héros. L'un des héros. Ça s'appelle La proie du lynx. Et ça se passe justement à St-Luc où je termine ces vacances.

Publié par Alain Bagnoud à 16:55:33 dans Journal | Commentaires (0) |

2007 | 01 janvier 2007

(Sanctuaire Notre Dame des Fontaines, La Brigue. Elus du Jugement dernier: les vierges.)


J'ai fêté la Saint-Sylvestre avec des amis que je connais depuis trente ans, dans un ancien studio de danse classique avec barres au mur et grand miroir au fond. Des Valaisans rencontrés au collège pour la plupart. Restés au pays ou rentrés après leurs études. On se voit presque toutes les années à cette occasion.
Que sommes-nous devenus ? Médecins, pharmaciens, directeur de labo médical ou vétérinaire (la branche thérapeutique). Pas mal d'enseignants à tous les niveaux. Des employés.

Nous sommes installés. La plupart ont une maison, une ou deux voitures, des enfants. Les femmes sont bien entretenues, les hommes gardent la forme. Il y a de la chaleur humaine, de l'humour. On s'intéresse à la culture, à la politique, à la gastronomie. Aux bons produits, aux bons vins. On pratique des loisirs créatifs, on fait du bénévolat. La classe moyenne. Aucun notable, même si la position de certains pourrait leur donner ce statut mais il leur manque l'importance, la morgue, l'esprit de sérieux, la jouissance du pouvoir et l'envie d'en imposer aux autres.
Que dirait la sociologie ? Que nous sommes des bourgeois ? Oui : de petits bourgeois réformistes. Les magazines nous traiteraient sans doute de bobos. Malgré tout, nous avons évité le pire. Vous connaissez la chanson : on s'était donné rendez-vous dans 10 ans. Dans 20 ans. Dans 30 ans. Aucun n'est devenu alcoolique, toxico, amer ou résigné. Nous avons du travail, une insertion sociale, un environnement affectif. Pas trop d'ennuis de santé. Nous cultivons encore des projets, des rêves. Et nous avons du plaisir à nous revoir malgré les différences, 30 ans après.
Eh bien, à la prochaine Saint-Sylvestre ! Et bonne année à tous ! Il y avait une formule dans mon enfance : une bonne santé et le paradis en récompense !
Après le jugement dernier? Si seulement !

Publié par Alain Bagnoud à 16:36:08 dans Journal | Commentaires (2) |

Encore un de fait ! | 27 décembre 2006

 Soulagement ! C'est passé !
Il me semble que je n'ai plus aimé Noël depuis que j'ai sept ans. Pourtant, je suis assez amateur de réjouissances en général, d'amis, de famille, quand c'est dégagé des obligations trop pesantes. Mais là, il y a les rituels étouffants, le devoir des échanges, la déception des cadeaux donnés et reçus, et plus reptilien : le
solstice d'hiver, l'obscurcissement, le froid, la mort ! On éprouve évidemment ces craintes irrationnelles depuis le fond des âges et le fait d'être civilisé n'y change rien : si cette année, le mouvement était irréversible ? Si le soleil ne revenait pas ? S'il n'y avait pas de renaissance ? Et aussi l'angoisse de cette renaissance à venir et une désillusion déjà. Alors, bien sûr,  on célèbre le culte celte de la lumière ! Les saturnales romaines ! Les fêtes de fin d'année avec toutes ces lumières artificielles, toute cette attente vide, tout cet étourdissement, toute cette déception et tout cet ennui ! Il y manque un peu de sens - en tout cas de nos jours.
Mais, bon, il y a plus triste.
Par exemple les livres de Christine Angot... Non, non, je ne vais pas m'y mettre aussi, tout le monde en dit du mal aujourd'hui... Lisez plutôt Balzac ou Proust.

Publié par Alain Bagnoud à 17:00:37 dans Journal | Commentaires (0) |

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