
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
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Un artiste suisse important: Alexandre Perrier (1862-1936). Vous n'avez jamais entendu ce nom. Moi non plus, il faut l'avouer, je ne savais pas qui c'était avant la rétrospective que lui organisent Le Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève et le Kunstmuseum de Soleure.
Le travail de ce peintre de paysages a évolué de façon étonnante. Quand il atteint sa maturité, l'impressionisme a triomphé. Perrier est de la génération de Seurat, de Signac, les promoteurs du pointillisme.
C'est entre ces deux mouvements qu'il cherche sa voie (avec de petites incursions quand même dans le symbolisme). Il commence par décomposer sa touche en petits points et traits minutieux. Mais il ne peint pas face aux paysages qu'il aime et qu'il reprend sans lassitude toute sa vie: le Salève, le lac Léman, le Grammont. S'inspirant de dessins qu'il exécute sur place, il cherche dans son atelier à recréer ces endroits comme s'ils étaient des paysages intérieurs.
Sa technique évolue au long de sa vie, et il finit par une manière tout à fait opposée à cette accumulation de petites touches, et très intéressante: des plages de couleurs libres presque complètement dissociées des dessins qu'il fait de ses chers sites, mais qui leur sont confrontées.
Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève, jusqu'au dimanche 23. 08. 09
Publié par Alain Bagnoud à 09:45:27 dans Expositions | Commentaires (0) | Permaliens
Et puisque nous sommes dans ce grand
bâtiment de la rue des Bains qui abrite ce qui se fait en art
contemporain à Genève (voir ici),
n'oublions pas d'aller voir les projections de notre ami Alan
Humerose au Mamco (Musée
d'art moderne et contemporain) à vingt pas du Centre de la
photographie.
Ça s'appelle Les
Grands Centièmes et c'est dans la série des
Rolywholyover (septième épisode). Ce sont des diptyques
de format carré, composés de deux photographies
panoramiques horizontales disposées l'une sur l'autre. L'une
montre un paysage, l'autre un portrait de femme. L'absence de repères
et d'indications biographiques ou topographiques pousse à la
constitution d'épisodes romanesques, et, indubitablement, des
histoires défilent pendant le cycle de projection sur grand
écran. D'autant plus que les diptyques s'affichent à
des vitesses variables et les mises en relation portrait-paysage sont
aléatoires. Je cite Humerose:
« On est quelque part sur la
planète et on pense à son amour qu'on a laissé,
qui attend, ou peut-être déjà plus. Ou, tout au
contraire, on est avec un amour mais l'esprit rêve d'espaces à
l'autre bout du monde, qui appellent, ou qui retiennent encore.
Alors, tout à coup, on se met à voir le monde, on
remarque des choses qu'on ne voyait plus et qui soudain étonnent.
On en revient pas! Une scène fugace, un regard tendu ou qui se
perd, un décor à contre-jour dans lequel éclatent
une sirène, deux bateaux. Une attente dans un carrefour
inconnu... »
Mamco, 10 rue des Vieux-Grenadiers, jusqu'au 24 mai 2009
Publié par Alain Bagnoud à 09:21:17 dans Expositions | Commentaires (2) | Permaliens
Gerhard Richter, superstar de l'art
contemporain, expose au Centre de la photographie à Genève.
Ça, comme disent les présentateurs télé,
c'est énorme. Richter est un peintre ultra-connu dans le
milieu, que les musées les plus prestigieux s'arrachent.
Né en 1939, grandi en Allemagne
de l'Est, passé à l'Ouest en 61, il suit plusieurs
voies. Des toiles inspirées par des photos mais peintes. Des
tableaux abstraits à l'apparence spontanée mais en
réalité très travaillés. Des alignements
de rectangles de couleur pure, séparés par des blancs.
Et ces photographies peintes exposées ici.
Il y en a des centaines. Leur
élaboration se fait comme suit. Dans une corbeille, Richter
jette toutes les photos amateurs qu'il fait de sa famille, de ses
amis, de ses vacances, développées par des laboratoires
industriels, et qu'il ne veut pas garder dans son album de souvenirs.
Quand il a terminé une séance de travail sur de la
peinture abstraite, il prend n'importe laquelle de ces photos qu'il
macule des couleurs restant sur son couteau, plus ou moins au hasard.
On peut ensuite faire toutes sortes de
théories. Art du recyclage et de l'aléatoire. Rencontre
entre peinture et photographie. Interrogation des médiums
utilisés. Confrontation de la peinture et de la photographie.
Etc.
L'important, c'est ce qui en ressort.
Les opinions. On peut trouver, comme mon ami le peintre Miguel
Sancho, que Richter est le plus grand plasticien actuel. On peut
penser, comme mon autre ami le peintre Gérald Rast qu'essuyer
ses pinceaux sur des photos de vacances n'est pas un geste créateur
et que le résultat est nul.
Moi, j'ai bien aimé. Le hasard
ou la main de l'artiste crée des effets parfois fulgurants,
parfois intéressants, parfois vains bien sûr. Mais j'ai
été souvent charmé, ou étonné. Il
y a quelque chose de surréaliste dans le résultat, et
dans la démarche aussi bien. La quantité de photos ne
nuit pas non plus: au fil de la déambulation, un regard se
crée, qui rend propice à la réception de ces
images, et donne envie d'aller de plus près le reste de
l'œuvre de Richter.
Centre de la photographie, 10 rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu'au 12 avril
Publié par Alain Bagnoud à 13:42:24 dans Expositions | Commentaires (1) | Permaliens
Ah, ce vernissage (voir ici )! Quelle tuerie! Un monde fou.
C'est que l'événement était de taille, le modèle très connu, et un exploit a été accompli. Réunir 12 photographes, une espèce généralement encore plus individualiste que celle des écrivains, autour d'un projet commun.
Le résultat est intéressant. Il y a le même modèle, mais les langages sont si différents qu'on peut considérer finalement ces photos comme des autoportraits de chacun des photographes.Vous avez deux jours pour voir ça à la galerie Krisal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge.
Et voici les noms des artistes. Zalmai ahad, vincent camel, alan humerose, michel
israelian, steeve iunker, max jacot, isabelle meister, philippe
pache, thierry parel, jean revillard, francis traunig, olivier vogelsang.
En plus, le vernissage m'a permis de rencontrer toutes sorte de gens, dont deux blogueurs, des artistes qui montrent leur production sur le net. Evdokia et Philippe Reymondin. Suivez les liens. Et suivez aussi le lien ici si vous voulez avoir quelques photos de la soirée, sur le site de Jean Romain, à qui j'ai pris la photo qui orne cet article.
Publié par Alain Bagnoud à 21:55:34 dans Expositions | Commentaires (3) | Permaliens
C'est
l'événement genevois du jour! La sortie indispensable du week-end! Tout
ce qui compte dans la république sera là. Vous aussi, sans doute, pour
découvrir les portraits d'Etienne Dumont à la Galerie Krysal, œuvres de 12 photographes.
Etienne
Dumont, 60 ans, fils de bonne famille, journaliste sans complaisance et
tatoué. Une figure de Genève, estimé, haï, critiqué, contemplé, admiré.
De ces gens qui, comme on dit, « ne laissent pas indifférents ».
Il
a commencé par un petit tatouage dans les années 60. Puis un autre.
Faits désormais par le Lausannois Dominique Lang, ils ont petit à petit
envahi tout son corps et son visage. Comme Dumont cicatrise «vite et
bien», il se lance aussi dans le piercing: des anneaux sous la peau des
mains, un labret, (hublot transparent) entre la lèvre et le menton, des
cercles dans les lobes des oreilles, tout ce que son corps supporte. Il
a dû ainsi enlever une barrette de son nez dont les parois se
séparaient, ainsi qu'un des cornes en silicone qu'il avait sous la peau
de son crâne pour cause de nécrose foudroyante l'an dernier.
On
peut bien sûr s'interroger, et tout le monde le fait, sur les
motivations du personnage. Ce qui m'intéresse plutôt, moi, c'est l'axe
des contradictions dans lequel cette transformation le place.
La
beauté / la laideur. L'exhibitionnisme/ la pudeur. La visibilité / le
masque. La création / la destruction. L'étalage / l'effacement.
L'apparence / l'intériorité. Le narcissisme / la haine de soi. La
jeunesse éternelle / la décrépitude.
La
démarche d'Etienne Dumont le met au centre de toutes ces antinomies,
dans une oscillation perpétuelle entre elles, une interrogation
renouvelée. Une sorte de quête personnelle, vertigineuse, qui impose
violemment aux autres des questions inévitables.
Et les photographies? Je ne les ai pas encore vues. Mais on peut les découvrir ce soir de 18h à 21h pendant le vernissage. L'exposition aura lieu demain, samedi 24 janvier (10h-18h) et après-demain, dimanche 25 janvier 2009 (14h-17h).
Etienne Dumont, 60 ans, 12 photographes.zalmai ahad/vincent camel/alan humerose/michel
israelian/steeve iunker/max jacot/isabelle meister/philippe
pache/thierry parel/jean revillard/francis traunig/olivier vogelsang
Galerie Krysal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge
(Publié aussi dans Blogres )
Publié par Alain Bagnoud à 09:54:57 dans Expositions | Commentaires (4) | Permaliens
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