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Francis Bacon, Portrait du pape Innocent X, | 01 décembre 2011

Francis Bacon Study after Velazquez's Portrait of Pope Innocent X Painting

"Je considère que cela a vraiment été une erreur de ma part de réaliser ces toiles. J'ai été hanté par cette oeuvre, par les reproductions que j'en avais vues. C'est un portrait tellement extraordinaire. Alors j'ai voulu faire quelque chose à partir de là. C'est un exemple de ce que je vous ai déjà dit, j'ai été très bouleversé par cette toile, et j'ai été comme poussé à réaliser ce que j'ai fait. J'avais ressenti une grande excitation devant cette image. Malheureusement, je ne suis pas parvenu à un résultat satisfaisant."

Francis Bacon à propos de ses études sur le Portrait du Pape Innocent X de Vélasquez,
in Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archimbaud, folio essais

Diego Velazquez, Portrait of Pope Innocent X,

Publié par Alain Bagnoud à 09:08:47 dans Expositions | Commentaires (0) |

Sculptures à la galerie Anton Meier | 24 août 2011

Sculptures à la galerie Anton Meier

Hier soir, cocktail au Palais de l’Athénée, 2, rue de l ’Athénée à la galerie Anton Meier, pour une exposition qui se tient jusqu’au 10.9. Elle présente quatre sculpteurs: Henri Presset, Daniel Berset, Charles de Montaigu, Franz Eggenschwiler.

On trouve des madeleines partout. Là, c’étaient les œuvres de Henri Presset.

Au début des années 80, j’étais étudiant en histoire de l’art à l’université de Genève et j’avais fait un petit mémoire sur cet artiste. J’allais lui rendre visite dans sa maison, à côté de l’hôpital psychiatrique qui s’appelait à l’époque Asile de Bel-Air et qui est devenu désormais Clinique Belle-Idée. Tout un programme.

Il y avait les sculptures monumentales dans son jardin. On causait dans son atelier. C’était une sorte d’ogre convivial. Mon premier sculpteur.

Mais je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Publié par Alain Bagnoud à 09:51:52 dans Expositions | Commentaires (1) |

Alexandre Perrier au Musée d'art et d'histoire | 04 mai 2009

Alexandre Perrier, Praz-de-Lys au soleil levant, 1897. Öl auf Leinwand, 38 x 55 cm. Kunstmuseum Solothurn

Un artiste suisse important: Alexandre Perrier (1862-1936). Vous n'avez jamais entendu ce nom. Moi non plus, il faut l'avouer, je ne savais pas qui c'était avant la rétrospective que lui organisent Le Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève et le Kunstmuseum de Soleure.
Le travail de ce peintre de paysages a évolué de façon étonnante. Quand il atteint sa maturité, l'impressionisme a triomphé. Perrier est de la génération de Seurat, de Signac, les promoteurs du pointillisme.
C'est entre ces deux mouvements qu'il cherche sa voie (avec de petites incursions quand même dans le symbolisme). Il commence par décomposer sa touche en petits points et traits minutieux. Mais il ne peint pas face aux paysages qu'il aime et qu'il reprend sans lassitude toute sa vie: le Salève, le lac Léman, le Grammont. S'inspirant de dessins qu'il exécute sur place, il cherche dans son atelier à recréer ces endroits comme s'ils étaient des paysages intérieurs.
Sa technique évolue au long de sa vie, et il finit par une manière tout à fait opposée à cette accumulation de petites touches, et très intéressante: des plages de couleurs libres presque complètement dissociées des dessins qu'il fait de ses chers sites, mais qui leur sont confrontées.

Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève, jusqu'au dimanche 23. 08. 09

Publié par Alain Bagnoud à 09:45:27 dans Expositions | Commentaires (3) |

Les Grands Centièmes d'Alan Humerose | 03 mars 2009

Les Grands Centièmes d'Alan Humerose

Et puisque nous sommes dans ce grand bâtiment de la rue des Bains qui abrite ce qui se fait en art contemporain à Genève (voir ici), n'oublions pas d'aller voir les projections de notre ami Alan Humerose au Mamco (Musée d'art moderne et contemporain) à vingt pas du Centre de la photographie.
Ça s'appelle Les Grands Centièmes et c'est dans la série des Rolywholyover (septième épisode). Ce sont des diptyques de format carré, composés de deux photographies panoramiques horizontales disposées l'une sur l'autre. L'une montre un paysage, l'autre un portrait de femme. L'absence de repères et d'indications biographiques ou topographiques pousse à la constitution d'épisodes romanesques, et, indubitablement, des histoires défilent pendant le cycle de projection sur grand écran. D'autant plus que les diptyques s'affichent à des vitesses variables et les mises en relation portrait-paysage sont aléatoires. Je cite Humerose:
« On est quelque part sur la planète et on pense à son amour qu'on a laissé, qui attend, ou peut-être déjà plus. Ou, tout au contraire, on est avec un amour mais l'esprit rêve d'espaces à l'autre bout du monde, qui appellent, ou qui retiennent encore. Alors, tout à coup, on se met à voir le monde, on remarque des choses qu'on ne voyait plus et qui soudain étonnent. On en revient pas! Une scène fugace, un regard tendu ou qui se perd, un décor à contre-jour dans lequel éclatent une sirène, deux bateaux. Une attente dans un carrefour inconnu... »

Mamco, 10 rue des Vieux-Grenadiers, jusqu'au 24 mai 2009

Publié par Alain Bagnoud à 09:21:17 dans Expositions | Commentaires (2) |

Photographies peintes de Gerhard Richter, au Centre de la photographie | 02 mars 2009

Gerhard Richter, overpainted photograph, 17.2.89

Gerhard Richter, superstar de l'art contemporain, expose au Centre de la photographie à Genève. Ça, comme disent les présentateurs télé, c'est énorme. Richter est un peintre ultra-connu dans le milieu, que les musées les plus prestigieux s'arrachent.
Né en 1939, grandi en Allemagne de l'Est, passé à l'Ouest en 61, il suit plusieurs voies. Des toiles inspirées par des photos mais peintes. Des tableaux abstraits à l'apparence spontanée mais en réalité très travaillés. Des alignements de rectangles de couleur pure, séparés par des blancs. Et ces photographies peintes exposées ici.
Il y en a des centaines. Leur élaboration se fait comme suit. Dans une corbeille, Richter jette toutes les photos amateurs qu'il fait de sa famille, de ses amis, de ses vacances, développées par des laboratoires industriels, et qu'il ne veut pas garder dans son album de souvenirs. Quand il a terminé une séance de travail sur de la peinture abstraite, il prend n'importe laquelle de ces photos qu'il macule des couleurs restant sur son couteau, plus ou moins au hasard.
On peut ensuite faire toutes sortes de théories. Art du recyclage et de l'aléatoire. Rencontre entre peinture et photographie. Interrogation des médiums utilisés. Confrontation de la peinture et de la photographie. Etc.
L'important, c'est ce qui en ressort. Les opinions. On peut trouver, comme mon ami le peintre Miguel Sancho, que Richter est le plus grand plasticien actuel. On peut penser, comme mon autre ami le peintre Gérald Rast qu'essuyer ses pinceaux sur des photos de vacances n'est pas un geste créateur et que le résultat est nul.
Moi, j'ai bien aimé. Le hasard ou la main de l'artiste crée des effets parfois fulgurants, parfois intéressants, parfois vains bien sûr. Mais j'ai été souvent charmé, ou étonné. Il y a quelque chose de surréaliste dans le résultat, et dans la démarche aussi bien. La quantité de photos ne nuit pas non plus: au fil de la déambulation, un regard se crée, qui rend propice à la réception de ces images, et donne envie d'aller de plus près le reste de l'œuvre de Richter.

Centre de la photographie, 10 rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu'au 12 avril

Publié par Alain Bagnoud à 13:42:24 dans Expositions | Commentaires (1) |

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