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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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Alexandre Perrier au Musée d'art et d'histoire | 04 mai 2009

Alexandre Perrier, Praz-de-Lys au soleil levant, 1897. Öl auf Leinwand, 38 x 55 cm. Kunstmuseum Solothurn

Un artiste suisse important: Alexandre Perrier (1862-1936). Vous n'avez jamais entendu ce nom. Moi non plus, il faut l'avouer, je ne savais pas qui c'était avant la rétrospective que lui organisent Le Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève et le Kunstmuseum de Soleure.
Le travail de ce peintre de paysages a évolué de façon étonnante. Quand il atteint sa maturité, l'impressionisme a triomphé. Perrier est de la génération de Seurat, de Signac, les promoteurs du pointillisme.
C'est entre ces deux mouvements qu'il cherche sa voie (avec de petites incursions quand même dans le symbolisme). Il commence par décomposer sa touche en petits points et traits minutieux. Mais il ne peint pas face aux paysages qu'il aime et qu'il reprend sans lassitude toute sa vie: le Salève, le lac Léman, le Grammont. S'inspirant de dessins qu'il exécute sur place, il cherche dans son atelier à recréer ces endroits comme s'ils étaient des paysages intérieurs.
Sa technique évolue au long de sa vie, et il finit par une manière tout à fait opposée à cette accumulation de petites touches, et très intéressante: des plages de couleurs libres presque complètement dissociées des dessins qu'il fait de ses chers sites, mais qui leur sont confrontées.

Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève, jusqu'au dimanche 23. 08. 09

Publié par Alain Bagnoud à 09:45:27 dans Expositions | Commentaires (0) |

Les Grands Centièmes d'Alan Humerose | 03 mars 2009

Les Grands Centièmes d'Alan Humerose

Et puisque nous sommes dans ce grand bâtiment de la rue des Bains qui abrite ce qui se fait en art contemporain à Genève (voir ici), n'oublions pas d'aller voir les projections de notre ami Alan Humerose au Mamco (Musée d'art moderne et contemporain) à vingt pas du Centre de la photographie.
Ça s'appelle Les Grands Centièmes et c'est dans la série des Rolywholyover (septième épisode). Ce sont des diptyques de format carré, composés de deux photographies panoramiques horizontales disposées l'une sur l'autre. L'une montre un paysage, l'autre un portrait de femme. L'absence de repères et d'indications biographiques ou topographiques pousse à la constitution d'épisodes romanesques, et, indubitablement, des histoires défilent pendant le cycle de projection sur grand écran. D'autant plus que les diptyques s'affichent à des vitesses variables et les mises en relation portrait-paysage sont aléatoires. Je cite Humerose:
« On est quelque part sur la planète et on pense à son amour qu'on a laissé, qui attend, ou peut-être déjà plus. Ou, tout au contraire, on est avec un amour mais l'esprit rêve d'espaces à l'autre bout du monde, qui appellent, ou qui retiennent encore. Alors, tout à coup, on se met à voir le monde, on remarque des choses qu'on ne voyait plus et qui soudain étonnent. On en revient pas! Une scène fugace, un regard tendu ou qui se perd, un décor à contre-jour dans lequel éclatent une sirène, deux bateaux. Une attente dans un carrefour inconnu... »

Mamco, 10 rue des Vieux-Grenadiers, jusqu'au 24 mai 2009

Publié par Alain Bagnoud à 09:21:17 dans Expositions | Commentaires (2) |

Photographies peintes de Gerhard Richter, au Centre de la photographie | 02 mars 2009

Gerhard Richter, overpainted photograph, 17.2.89

Gerhard Richter, superstar de l'art contemporain, expose au Centre de la photographie à Genève. Ça, comme disent les présentateurs télé, c'est énorme. Richter est un peintre ultra-connu dans le milieu, que les musées les plus prestigieux s'arrachent.
Né en 1939, grandi en Allemagne de l'Est, passé à l'Ouest en 61, il suit plusieurs voies. Des toiles inspirées par des photos mais peintes. Des tableaux abstraits à l'apparence spontanée mais en réalité très travaillés. Des alignements de rectangles de couleur pure, séparés par des blancs. Et ces photographies peintes exposées ici.
Il y en a des centaines. Leur élaboration se fait comme suit. Dans une corbeille, Richter jette toutes les photos amateurs qu'il fait de sa famille, de ses amis, de ses vacances, développées par des laboratoires industriels, et qu'il ne veut pas garder dans son album de souvenirs. Quand il a terminé une séance de travail sur de la peinture abstraite, il prend n'importe laquelle de ces photos qu'il macule des couleurs restant sur son couteau, plus ou moins au hasard.
On peut ensuite faire toutes sortes de théories. Art du recyclage et de l'aléatoire. Rencontre entre peinture et photographie. Interrogation des médiums utilisés. Confrontation de la peinture et de la photographie. Etc.
L'important, c'est ce qui en ressort. Les opinions. On peut trouver, comme mon ami le peintre Miguel Sancho, que Richter est le plus grand plasticien actuel. On peut penser, comme mon autre ami le peintre Gérald Rast qu'essuyer ses pinceaux sur des photos de vacances n'est pas un geste créateur et que le résultat est nul.
Moi, j'ai bien aimé. Le hasard ou la main de l'artiste crée des effets parfois fulgurants, parfois intéressants, parfois vains bien sûr. Mais j'ai été souvent charmé, ou étonné. Il y a quelque chose de surréaliste dans le résultat, et dans la démarche aussi bien. La quantité de photos ne nuit pas non plus: au fil de la déambulation, un regard se crée, qui rend propice à la réception de ces images, et donne envie d'aller de plus près le reste de l'œuvre de Richter.

Centre de la photographie, 10 rue des Vieux-Grenadiers, Genève, jusqu'au 12 avril

Publié par Alain Bagnoud à 13:42:24 dans Expositions | Commentaires (1) |

Vernissage à Krisal | 23 janvier 2009

 Etienne dumont par Jean Romain

Ah, ce vernissage (voir ici )! Quelle tuerie! Un monde fou.
C'est que l'événement était de taille, le modèle très connu, et un exploit a été accompli. Réunir 12 photographes, une espèce généralement encore plus individualiste que celle des écrivains, autour d'un projet commun.
Le résultat est intéressant. Il y a le même modèle, mais les langages sont si différents qu'on peut considérer finalement ces photos comme des autoportraits de chacun des photographes.
Vous avez deux jours pour voir ça à la galerie Krisal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge.
Et voici les noms des artistes. Zalmai ahad, vincent camel, alan humerose, michel israelian, steeve iunker, max jacot, isabelle meister, philippe pache, thierry parel, jean revillard, francis traunig, olivier vogelsang.
En plus, le vernissage m'a permis de rencontrer toutes sorte de gens, dont deux blogueurs, des artistes qui montrent leur production sur le net. Evdokia et Philippe Reymondin. Suivez les liens. Et suivez aussi le lien ici si vous voulez avoir quelques photos de la soirée, sur le site de Jean Romain, à qui j'ai pris la photo qui orne cet article.  

Publié par Alain Bagnoud à 21:55:34 dans Expositions | Commentaires (3) |

Les antinomies d'Etienne Dumont | 23 janvier 2009

affiche-dumont-SITE.jpg

C'est l'événement genevois du jour! La sortie indispensable du week-end! Tout ce qui compte dans la république sera là. Vous aussi, sans doute, pour découvrir les portraits d'Etienne Dumont à la Galerie Krysal, œuvres de 12 photographes.
Etienne Dumont, 60 ans, fils de bonne famille, journaliste sans complaisance et tatoué. Une figure de Genève, estimé, haï, critiqué, contemplé, admiré. De ces gens qui, comme on dit, « ne laissent pas indifférents ».
Il a commencé par un petit tatouage dans les années 60. Puis un autre. Faits désormais par le Lausannois Dominique Lang, ils ont petit à petit envahi tout son corps et son visage. Comme Dumont cicatrise «vite et bien», il se lance aussi dans le piercing: des anneaux sous la peau des mains, un labret, (hublot transparent) entre la lèvre et le menton, des cercles dans les lobes des oreilles, tout ce que son corps supporte. Il a dû ainsi enlever une barrette de son nez dont les parois se séparaient, ainsi qu'un des cornes en silicone qu'il avait sous la peau de son crâne pour cause de nécrose foudroyante l'an dernier.
On peut bien sûr s'interroger, et tout le monde le fait, sur les motivations du personnage. Ce qui m'intéresse plutôt, moi, c'est l'axe des contradictions dans lequel cette transformation le place.
La beauté / la laideur. L'exhibitionnisme/ la pudeur. La visibilité / le masque. La création / la destruction. L'étalage / l'effacement. L'apparence / l'intériorité. Le narcissisme / la haine de soi. La jeunesse éternelle / la décrépitude.
La démarche d'Etienne Dumont le met au centre de toutes ces antinomies, dans une oscillation perpétuelle entre elles, une interrogation renouvelée. Une sorte de quête personnelle, vertigineuse, qui impose violemment aux autres des questions inévitables.
Et les photographies? Je ne les ai pas encore vues. Mais on peut les découvrir ce soir de 18h à 21h pendant le vernissage. L'exposition aura lieu demain, samedi 24 janvier (10h-18h) et après-demain, dimanche 25 janvier 2009 (14h-17h).

Etienne Dumont, 60 ans, 12 photographes.zalmai ahad/vincent camel/alan humerose/michel israelian/steeve iunker/max jacot/isabelle meister/philippe pache/thierry parel/jean revillard/francis traunig/olivier vogelsang
Galerie Krysal, 25 rue du Pont-Neuf, Carouge

(Publié aussi dans Blogres )

Publié par Alain Bagnoud à 09:54:57 dans Expositions | Commentaires (4) |

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