JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Le musée Rietberg à Zürich. Appelé aussi Musée des arts non européens.
Quand on va dans ce genre de lieu, on ne peut s'empêcher de comparer avec le Musée du Quai Branly. C'est devenu la référence, Quai Branly. « Là où dialoguent les cultures. » Voulu par Jacques Chirac, un grand amateur.
Branly, c'est une architecture où on lit les espaces de l'extérieur. A l'intérieur, une sorte de labyrinthe caverneux, un peu étouffant parfois dans l'ambiance et l'accumulation, mais fascinant comme un vertige, attirant, dont on n'a plus envie de sortir. Qui hésite entre l'ambiance de l'aventure, de la découverte, la mise en valeur des objets et une organisation thématique censée donner du savoir. 
Une grande question que pose ce genre de musées. L'ethnologue ne voit là que des objets de culte, religieux, symboliques, pratiques, et éclaire leur sens dans le rituel et le social. Le fervent d'art primitif ne s'intéresse qu'à leur beauté plastique.
Nous, amateurs peu éclairés, nous oscillons sans cesse entre ces deux pôles. Fascinés par l'esthétique et le spectaculaire de ce masque, par la forme de cette statue, curieux d'apprendre dans quelles circonstances ils étaient utilisés, brandis, et quel était leur pouvoir symbolique ou magique.
A quoi peut-être il faut ajouter une troisième question. La question historique.
De quand date ce bas-relief, cette estampe japonaise ? Que faisait-on en Europe à cette époque, où en étaient la civilisation, l'art ?
Je trouve un intérêt à ces musées sous ces trois angles. Avec parfois encore quelque chose d'un peu plus bas.
Quand je suis fatigué, je ne cherche plus que des ambiances. J'entre dans la salle des chamans ou du bouddhisme tibétain, je me laisse globalement envahir par une atmosphère, paresseusement, sans vouloir en savoir plus.
Enfin, le Musée Rietbert a des pièces très intéressantes, des collections riches. Plus clairement exposées qu'au quai Branly, plus didactiquement aussi.
Une partie des bâtiments sont neufs, les réserves sont accessibles, on peut s'y promener poétiquement. Le tout est dans trois pavillons et le parc autour est charmant.
Publié par Alain Bagnoud à 09:27:23 dans Expositions | Commentaires (2) | Permaliens
Zentrum Paul Klee. Une de ces nouvelles cathédrales de l'art. Une ondulation de collines, forcément intégrée au paysage, comme surgie du sol puisque le gazon et les arbres vont peu à peu recouvrir la structure. Mi-bunker camouflé de l'armée, mi-marotte écolo. Spectaculaire.Publié par Alain Bagnoud à 08:21:41 dans Expositions | Commentaires (2) | Permaliens

Tout est de la faute de Kirchner. En 1917, à 37 ans, il est venu se soigner à Davos. Il était blessé, drogué, psychiquement détruit. Ce séjour lui a paru si bénéfique qu'ils s'est installé là et y est resté jusqu'à son suicide en 1938.
Et bien sûr, ça a influencé sa peinture. Formellement d'abord. La nervosité de la période berlinoise Brücke se calme. Les toiles sont plus apaisées, plus ordonnées, plus lumineuses. Bien.
Mais cette exposition ne retrace pas seulement ça. Surtout une histoire d'amitiés, en fait. L'année 1920, Philipp Bauknecht, peintre allemand expressionniste et autodidacte, est à Davos pour soigner sa tuberculose. Même chose la même année pour le peintre néerlandais Jan Wiegers. Ils rencontrent Kirchner, se lient avec lui, sont tous deux fortement influencés par sa peinture - et l'influencent un peu. Dans ces situations d'échange...
Puis c'est le tour de trois artistes bâles. Albert Müller, Herman Scherer et Paul Camenish voient des œuvres de Kirchner en 23, s'extasient, travaillent à le rencontrer, font des séjours fréquents et prolongés à Davos. Des œuvres avec de fortes parentés se créent, transposant le langage de Kirchner.
Je laisse aux spécialistes ou aux visiteurs de l'expo le jeu de voir qui est plus ceci ou cela, ordonné, décoratif, structuré, dramatique, spontané, émotionnel, etc. L'ensemble en tout cas est d'un langage étonnamment commun.
L'exposition est magnifique. Des paysages incandescents, habités, animistes, des scènes montagnardes monumentales au hiératisme sacralisant, des nus édéniques dans une nature bienveillante et innocente, des portraits mutuels qui baignent dans l'amitié, l'estime et le désir de percer l'autre dans son identité la plus intime...
Puis drames. Fin de l'espoir qu'avait Kirchner de voir reprendre son héritage artistique par une génération jeune. Müller meurt en 26, Scherer en 27, Bauknecht en 33, Camenisch se tourne vers le naturalisme, etc.
Mais les toiles qui témoignent de cette collaboration amicale et peut-être un peu exaltée font revivre une période heureuse, fertile, enviable.
Quand on invente ensemble. Qu'on se stimule. Quand tout semble possible. Un peu comme quand Braque et Picasso inventaient ensemble le cubisme autour de 1910...
Publié par Alain Bagnoud à 11:13:37 dans Expositions | Commentaires (2) | Permaliens
A ne pas s'y reconnaître. Ça tranchait méchamment sur le reste de l'exposition. Parce que sinon, Chagall a toujours fait la même chose. Publié par Alain Bagnoud à 09:51:05 dans Expositions | Commentaires (5) | Permaliens
Ce point de vue suffit pour que tout change, et que se crée un univers nouveau, fulgurant, poétique, inquiétant parfois. Publié par Alain Bagnoud à 08:59:07 dans Expositions | Commentaires (5) | Permaliens
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