
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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d'ailleurs mis une photo prise le jour de l'inauguration, trouvée sur le net. Quelques amis qui entourent le patron. Sympathique, ce patron. Publié par Alain Bagnoud à 10:06:55 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (5) | Permaliens
Une ambiance tout en orange. Les murs, les rideaux. Jusqu'aux tables (d'un brun orangé) et aux catelles du sol (gris orangé). Un joli petit bar en bois, des assiettes et des reproductions de tasses au mur.
C'était un café tenu par des Capverdiens, avant sa transformation (il était alors tout bleu).
Je ne sais plus si c'est le cas encore ce matin, où deux petits hommes d'affaires, plutôt le genre représentants de commerce, parlent fort, chacun essayant de prendre le pouvoir sur l'autre.
Une dame grisonnante à cheveux courts lit le journal en buvant un café. La serveuse effectivement pourrait venir du Cap-Vert. Est-ce que ça a de l'importance ?
Un homme grisonnant entre, avec une pince en argent qui tient sa cravate et un pin's doré représentant une automobile au revers du veston. Il embrasse la serveuse. Ils échangent des nouvelles.
Les deux petits hommes d'affaire ont baissé le ton. L'un a sorti des documents, l'autre met ses lunettes de vue. « Là c'est l'avenue. Sous cette façade, ce sera la sortie du tunnel. Les autorisations... Les oppositions... Il y a toujours un problème. C'est ça qui est emmerdant. Tu comprends ce que je veux dire ? » Puis il se donne des airs de virilité en parlant de couper les couilles à quelqu'un.
C'est un café de quartier, assez tranquille dans le matin.
Café Les Glycines, 6 rue Dancet, Genève
Publié par Alain Bagnoud à 09:36:06 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (2) | Permaliens
Le sol est noir avec des rayures blanches, les murs jaunes, excepté l'un d'eux où de grands panneaux rouge foie ornés d'une lampe grise sont séparés par des miroirs. En face, une longue banquette en bois avec, au-dessus, une glace horizontale qui court tout au long du mur. L'espace en est tout agrandi, on se voit ici, puis là, au hasard des reflets.
C'est coquet, chaleureux, avec de jolies tables en bois anciennes, des chaises de bistrot et quelques plantes vertes. Le nom vient de la plaine de Plainpalais, sur quoi s'ouvre la vitrine et dont les travailleurs du marché aux puces passent, le mercredi et le samedi. Il y a une terrasse.
Quand La Plaine Lune a ouvert, voici plusieurs années, c'était un autre décor et sa spécialité était d'engager des chômeurs en fin de droit pour les aider à se recycler. C'est ce qui peut-être a modelé la clientèle. Avec les puciers et leurs acheteurs, il y a des gens du genre, je dirais, gauche chrétienne. Et les étudiants qui peuplent de toute façon le quartier.
Ceux de La Plaine Lune ont plutôt tendance à avoir un petit accent allemand. Très proches, à quelques dizaines de mètres, il y a un foyer pour étudiants germaniques et la paroisse allemande.
On mange, à La Plaine Lune, de la choucroute garnie, des moules marinières frites salade, de la souris d'agneau, ou de la joue de bœuf mijotée avec os à moelle et pommes vapeur (aujourd'hui). C'est familial. On s'y sent bien, on a envie de rester.
Mais l'endroit ne favorise pas les errances et les dérives nocturnes. Il ferme tôt. À 22 heures 30 en général, le lundi à 17 heures, le samedi à 15 heures 30. Il est temps alors de passer au Métis, au Lys ou au Sud.
La Plaine Lune, avenue du Mail 14 bis, Genève
Publié par Alain Bagnoud à 08:34:25 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a une réputation qui s'attache au Café Remor. Celle d'un café d'intellectuels. D'intellectuels un peu vieillots peut-être.
Non dans les âges mais dans les goûts. Des quadragénaires qui semblent encore savoir ce qu'était le structuralisme. Des trentenaires qui sortent du Centre d'Art Cinématographique à quelques dizaines de mètres, après avoir vu une rétrospective Hitchcock.
Ils s'habillent d'ailleurs un peu rétro. Tweed pour les hommes, cols roulés, imperméables. Filles avec des franges droites courtes, des petites robes. Des lunettes en forme de papillon.
Ça fait harmonie avec le jazz diffusé dans le café, avec le décor ancien et heureusement préservé, les coins en niche, les petites tables propices aux tête-à-tête. Pas du genre romantique et amoureux, non. Plutôt sur la politique ou sur les spectacles ou sur les rumeurs culturelles. Ou les expos présentées dans le lieu, qui changent régulièrement.
Des femmes ensemble, entre copines. Des hommes en discussion. Ça drague quand même, mais assez discrètement.
Pour que ça prenne son essor, il faut attendre les beaux jours, la belle terrasse qui est un must du coin. Ou plutôt les terrasses. L'une couverte, fermée, pour la mi-saison, l'autre sur le trottoir, devant la place du Cirque et l'ouverture de la Plaine de Plainpalais.
Là oui, tout le monde y est. Tous ceux, je veux dire, qui ont au moins un papier pré-universitaire. Réservez vos places. C'est qu'il faut y être vu pour appartenir à un certain milieu.
Qui a quand même une caractéristique bizarre. Les clients du café ont tous des livres ou au moins des journaux qu'ils apportent avec eux, qu'ils posent ostensiblement sur la table. Mais personne ne lit jamais.
Ils viennent peut-être pour les glaces ou les chocolats qui sont fameux.
Café Glacier Remor, Place du Cirque 3, Genève. Pour en savoir plus, il y a un site très bien fait ici.
Publié par Alain Bagnoud à 12:13:39 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (4) | Permaliens
Comme chaque dimanche matin ou presque, je sors de l'Epi doré 2. C'est là où nous allons prendre un café dominical et lire le gros journal popu que, selon la formule, tout le monde aime tellement mépriser. Double avantage : on prend le pouls du monde et on se sent tellement intelligent, par comparaison.
Ce bistrot est un des seuls ouverts dans le quartier, le dimanche tôt. En entrant, on est accueilli par un grand comptoir face aux vitrines, avec des pains dans des casiers, des pâtisseries et des sandwiches dans une vitrine. Parce que l'Epi doré est aussi une boulangerie, mais sans les afféteries et le côté vieille dame des tea-rooms. C'est plutôt
vitalité et peuple.
Petites tables en marbre noir composite. Une ou deux stammtisch en bois, plus collectives. Nous ne sommes pas seuls. C'est le rendez-vous des Portugais du coin notamment.
La salle fait une sorte de L dont la longue branche traverse tout l'immeuble et donne par une fenêtre sur la cour intérieure. Des couples avec des poussettes, des quadras, des travailleurs au bar. Sur les murs, des affiches rétros pour du cacao, du Champagne de la Jarretière, du vermouth bianco ou du Martini. Des lampes en forme de demi-vasques et un plafond étoilé de petites lumières allogènes vers l'arrière, à moulures sur le devant, très beau, avec une lampe suspendue.
Et une attraction : la patronne. Un personnage ! Une énergie, une vitalité, une personnalité !
Si tu tombes sur ce billet, ne m'engueule pas la prochaine fois que tu me vois, Madame, comme la dernière fois où j'ai parlé ici de ton abattage. J'aime beaucoup ton café et ton dynamisme !
Publié par Alain Bagnoud à 09:51:48 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (5) | Permaliens
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