Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Balzac, La femme de trente ans. | 07 mars 2011

La Confiance de Surcouf attaque Kent

La femme de trente ans, plus qu'un roman est une suite de nouvelles de qualités très différentes.

La pire: les deux rencontres. Tout est faux apprêté, ridicule, artificiel, outré. Suite de clichés et de conventions romanesques, mélodrame qui fait dans le sublime, les pleurs, les agenouillements et les serments absolus.

Le sombre héros a l'accent d'une « infernale ironie » et un « coup d’œil d'aigle ». L'héroïne le voit trois secondes. Cette pure jeune fille quitte immédiatement sa famille pour suivre l'assassin.

On les retrouve dans la cabine d'un bateau corsaire où le proscrit est capitaine vénéré. La cabine d'Hélène est un chef-d’œuvre d'improbabilité: tapis de Perce, porcelaine de Sèvres, piano, fleurs rares, tableaux de Raphaël, de Girodet, de Gérard Dou, ors et bijoux.

Ça se finit dans une auberge où Hélène mourante retrouve sa mère par hasard et prêche sa sœur. « le bonheur ne se trouve jamais, pour une fille, dans une vie romanesque, en dehors des idées reçues, et, surtout, loin de sa mère. »

La Comédie humaine est décidément plus intéressante quand il y a description des mœurs, des sociétés, les événements sociaux, les fêtes, les salons, les repas, les mousselines et les épaules nues, les intrigues, les complots, le jeu du pouvoir visible ou occulte.

 

Publié par Alain Bagnoud à 09:25:43 dans Balzac | Commentaires (0) |

Balzac, Z Marcas | 17 janvier 2011

Z Marcas. Titre bizarre. C'est un nom propre. Mais pourquoi ce Z?

On retrouve cette lettre dans Balzac. Et dans Marcas, deux a, six lettres, comme dans Balzac.

Or on sait que notre auteur a transposé dans cette nouvelle ses espoirs déçus. Deux fois dans sa vie, il a été mis à la tête d'un journal par des coalitions discrètes. Deux fois il a cru pouvoir ainsi entrer dans la vie politique: il allait imposer ses opinions, on allait l'aider pour l'achat d'une maison nécessaire à devenir éligible, il serait député, grand homme politique. Deux fois on l'a utilisé puis jeté.

Comme Marcas, puissant penseur, d'envergure énorme, qu'un politicard utilise pour devenir ministre, dédaigne, reprend.

Etonnant Balzac. Il a fait la fortune de dizaines de ses personnages, il a conduit de Marsay au poste de premier ministre, il peut tout réussir dans ses livres, il voit tout, il dénoue les intrigues et comprend les combinaisons financières les plus habiles. Et dans la vie courante...

Dans la vie courante, il est écrivain.

Publié par Alain Bagnoud à 21:50:47 dans Balzac | Commentaires (0) |

Balzac, La maison du chat qui pelote | 21 décembre 2010

Honneur aux souvenirs. La maison du chat qui pelote est le premier Balzac que j'ai jamais lu. C'était en 1973, dans une de ces collections à laquelle s'étaient abonnés mes parents, qui vous expédiaient un livre par mois. On pouvait les choisir. Si on négligeait de le faire, un titre nous était expédié au hasard.
Je ne sais plus si c'est la décision ou la chance qui nous avait pourvu de ce Balzac-là. Il m'est difficile aussi de me rappeler ce que j'en avais pensé, à 14 ans. Tout au plus m'en était-il resté un malaise que j'ai essayé de m'expliquer en relisant le livre.
Un artiste riche et aristocrate, Théodore de Sommervieux, s'éprend d'une jeune fille issue de la bourgeoisie. C’est la fille d'un marchand drapier, qui a du bien, mais qui vit dans la restriction et l'écon
François Marius Granet, (1775-1849), peintre, autoportraitomie. Ils se marient malgré les oppositions.

Mais la naïve, sage et courageuse Augustine déçoit bientôt son mari. Elle ne parvient pas à s'adapter à son milieu, elle lui paraît fadasse. Derrière son côté portrait sublime, c'est une fille trop marquée par son milieu, par les principes et les valeurs qu'on lui a appris, pour réussir sa transplantation. 

Son mari la trompe bientôt avec la piquante et rouée duchesse de Carigliano.  Clou du livre: Augustine va demander conseil à sa rivale, qui lui révèle gentiment quelques trucs. Mais la fille de bourgeois échoue à les exploiter.

Il y a en filigrane toute une histoire du portrait d'Augustine. Théodore en fait une œuvre géniale, qui lui sert à séduire le modèle ou en tout cas à lui exprimer son amour. Il la donne ensuite à la duchesse comme gage de soumission. Celle-ci la rend à Augustine, qui veut s'en servir pour ressaisir son mari. Mais il détruit l’œuvre devant ses yeux. Plus symbolique, on ne peut pas.
Alors, qu’est-ce qui m'avait laissé ce malaise? Probablement ce constat: on peut changer de milieu, mais il est très difficile de faire partie réellement, naturellement, du nouveau cercle qu'on atteint. J'étais fils de paysan et jeune ambitieux, je convoitais une promotion. Le message de Balzac me gênait.
Il me faudrait encore du temps et des expériences pour en comprendre le bien-fondé.

Publié par Alain Bagnoud à 14:00:23 dans Balzac | Commentaires (0) |

Blazac, contre et pour | 06 décembre 2010

Balzac par DavidIl m'arrive de trouver Balzac complètement outré. Ses histoires d'amour, par exemple, sont souvent un peu trop engagées dans le sublime, les pleurs, les agenouillements et les serments absolus....

Ce qui est toujours passionnant à mon sens: la description des mœurs, des sociétés, les événements sociaux, les fêtes, les salons, les repas, les mousselines et les épaules nues, les intrigues, les complots, le jeu du pouvoir visible ou occulte.

Publié par Alain Bagnoud à 09:47:40 dans Balzac | Commentaires (0) |

Balzac, Un prince de la Bohême | 23 novembre 2010

Luigi Morgari : Scenery for the scene with Mimi and Rodolfo in the opera La Boheme
Il faut avouer que je n'apprécie pas beaucoup Balzac quand il fait le spirituel. On a vu un exemple de ce qu'il produit ici.

Un Prince de la Bohême se veut plein d'esprit. Dans ce court texte, notre auteur fait l'apologie de celui de La Palférine, issu d'une famille noble ruinée, et qui se meut dans ce milieu que Mürger a si bien décrit dans ses Scènes de la vie de Bohème.

L'intérêt principal du texte me semble surtout les attaques incessantes contre Sainte-Beuve et son soit-disant galimatias. Une vengeance. Sainte-Beuve critiquait avec virulence et méchanceté les livres de Balzac.

Sinon, La Palférine est vulgaire, grossier, arrogant, méprisant pour les faibles. Les saillies de son esprit ne visent qu'à écraser les autres, à montrer sa supériorité, à se vanter de son immoralisme. Exemples:

Il séduit une femme mariée qui lui écrit tous les jours mais il n'ouvre pas ses lettres et les utilise pour nettoyer ses rasoirs.

Il fait un enfant à une pauvre fille. Supplié par la mère de la séduite d’assumer ses responsabilités, voici ce qu'il lui dit: « quand cet enfant aura sept ans, âge auquel les enfants passent des mains des femmes entre celles des hommes... (mouvement d'assentiment chez la mère), si l'enfant est bien de moi (geste d'assentiment chez la mère), s'il me ressemble d'une manière frappante, s'il promet d'être un gentilhomme, si je reconnais en lui mon genre d'esprit, et surtout l'air Rusticoli, oh! alors (nouveau mouvement), par ma foi de grand homme, je lui donnerai... un bâton de sucre d'orge! »

Hilarant, non?

Dans le genre étude de la bohème, mieux vaut lire le délicieux Mürger.

Publié par Alain Bagnoud à 12:46:04 dans Balzac | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| >>

Rechercher

Archives

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6223613 visiteurs
Depuis le début du mois :
43772 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03