JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
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Ne pas oublier le tréma. C'est lui qui donne au nom de famille ce soupçon d'étrangeté qu'on va retrouver dans le roman. Mirouet tout nu, ça fait bourgeois. Avec le tréma, on a quelque chose d'exotique, breton peut-être, ou surnaturel. Nous y reviendrons.
Donc, pauvre orpheline recueillie par son tuteur, le docteur Minoret (vous sentez les correspondances ? Ah, l'onomastique balzacienne!), ange fragile et vertueux, amoureuse du noble désargenté d'en face, en butte à la mère de l'aimé férue de quartiers de noblesse, tracassée par les héritiers du docteur qui craignent d'être défavorisés, Ursule est finalement dépossédée de l'héritage que voulait lui laisser le docteur. Puis harcelée de calomnies et de lettres anonymes, en proie au mobbing du voleur qui veut la faire décamper pour apaiser ses remords.
Mais le magnétisme existe. Mesmer et Swedenborg viennent en aide à l'orpheline. Le tuteur réapparaît en rêve à Ursule, confond les prévaricateurs et les punit. Ursule épouse son noble. Tout finit bien pour les vertueux.
Entre temps, intrigue serrée comme sait les faire Balzac et portrait d'une petite société. Bravo !
Publié par Alain Bagnoud à 22:27:30 dans Balzac | Commentaires (2) | Permaliens

Il arrive à notre grand auteur, quand il veut être sublime, de bêtifier à loisir, entre clichés, naïvetés et raccourcis rigolos. C'est parfois vrai dans ses histoires d'amour, et encore plus dans sa mystique nébuleuse.
Dans Les proscrits, conte philosophique, il ne trouve pas mieux qu'incarner celle-ci en des myriades d'anges aux ailes frémissantes, portant le laurier et le glaive.
Dante est le personnage principal de la nouvelle, amené progressivement. Sa présence intéresse: c'est un regard du XIXème sur le XIIème, et par un grand auteur qui parle d'un autre grand auteur. Mais Balzac lui donne bien des ridicules. Il est sublime, forcément, il est gigantesque. Il ouvre d'un seul geste du doigt une faille dans le plancher de la chambre et l'Enfer est là.
Puis, prévenu qu'il peut rentrer à Florence, l'homme prodigieux qui manie le Ciel et l'Abîme ne trouve qu'une exclamation spontanée: « Mort aux guelfes! »
L'autre personnage, jeune homme très beau, est un ange incarné. Il cherche l'Infini, il entend sa Voix. Mais ça se termine quand, reconnu par sa mère baronne, il reconnaît enfin cette Voix: c'était celle de sa maman.
Publié par Alain Bagnoud à 13:08:41 dans Balzac | Commentaires (0) | Permaliens

Montcornet, fils de tapissier, renégat à ses origines, a acquis sa fortune en pillant la Pologne. Sa femme est sotte et invite son amant à la maison, le mari tolère ou ne voit rien. Le curé Brossette qui a la bouche pleine de maximes moralisatrices et réactionnaires a une complicité parfaite avec l'amant, Blondet. Celui-ci, cynique et trompeur, finira préfet. Du beau monde.
L'intrigue étendue révèle les ressorts, même infimes, mûs par des dizaines de personnages liés entre eux par le sang, les alliances ou l'intérêt, et dont le mouvement final peut sembler une coalition volontaire quoique la plupart ne fassent que suivre, à cause de leur position, et de l'impulsion que donnent 2 ou 3 d’entre eux.
Balzac fait une peinture sarcastique de la société. Mais il affirme aussi, ô idéologie, que la religion devrait apprendre aux paysans à souffrir et à se résigner.
Pourtant les riches qui veulent leur imposer une loi étrangère sont abjects ou sots, et on peine à comprendre que notre auteur les mette en exemple devant le peuple...
Publié par Alain Bagnoud à 15:42:12 dans Balzac | Commentaires (0) | Permaliens
Seule oeuvre avec Les Chouans des Scènes de la vie militaire qui auraient dû compter 23 titres, si je me souviens bien, Une Passion dans le désert est une courte nouvelle qui a d'ailleurs assez peu de relation avec l'armée. Sinon que son héros est un militaire, enlevé en Egypte par les Mahométans, évadé, réfugié dans une oasis.
L'essentiel de la nouvelle raconte son histoire d'amour avec une panthère. Oui oui.
Pour arriver à rendre son aventure plausible, Balzac féminise le fauve dans ses descriptions et lui donne le caractère jaloux de la première maîtresse du soldat. Entre gros chat câlin et femme despotique, la bête qui a un comportement bien humain (elle sauve son amant des sables mouvants en le tirant par le col de sa chemise) s’oppose au désert. Le héros trouve l'absolu pendant ce long séjour qu'il doit y faire.
Absolu de la passion et absolu métaphysique: le désert monothéiste...
Il devait y avoir deux autres textes inspirés par la campagne d'Egypte de Napoléon. Balzac a succombé avant.
Publié par Alain Bagnoud à 21:51:41 dans Balzac | Commentaires (0) | Permaliens
Deux parties dans ce roman. D’abord Modeste Mignon, une jeune fille dont le père a perdu sa fortune, s’éprend d’un faux grand poète, Canalis, par ailleurs maître des requêtes au conseil d'État, attaché au ministère des Affaires Étrangères.
Elle lui expédie une lettre. Canalis s’en fiche. C’est son secrétaire, Ernest de la Brière qui répond à la place du poète et sous son nom. Il veut la désillusionner mais une idylle naît. Par la poste. Une idylle longuette. Toutes ces lettres...
C’est inspiré bien entendu par la correspondance avec la Comtesse Hanska, qui avait également écrit à Balzac douze ans avant l’écriture du livre. Leur histoire tourna comme on sait.
Les personnages de Modeste Mignon, paraît-il (Wikipédia bien sûr) sont d’ailleurs tirés en partie de l’entourage de Madame Hanska, que Balzac venait de rencontrer à Saint-Pétersbourg.
La deuxième partie du roman est plus intéressante à mes yeux. Modeste Mignon redevient riche. Ernest, qui voulait l’épouser quand elle était pauvre, récolte son mépris en se révélant. Canalis se mort les doigts d’avoir raté l’occasion et file au Havre pour tenter de récupérer cette fortune mariable. Alléché lui aussi, un duc, celui d’Hérouville, se présente aussi.
Les trois font leur cour. Modeste traverse peu à peu les faux semblants pour découvrir l’amour vrai. Non, c’est moins mièvre que je ne l’écris. Le portrait de Canalis est délicieusement cruel et les intrigues passionnantes.
Publié par Alain Bagnoud à 17:28:55 dans Balzac | Commentaires (3) | Permaliens
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