• Sarkozy, Salerno et mai 68

    Loin de moi l'idée de me mêler des affaires de nos amis français, mais on peut quand même les remercier d'avoir élu un homme qui fait le spectacle avec une telle régularité et propose tant de réjouissance et d'amusement au monde entier.

    Nicolas Sarkozy au salon de l'agricultureCar son audience ne se limite pas à la France. Les multiples traductions (avec les problèmes de fidélité qui vont avec) de son dernier sketch au Salon de l'agriculture en témoignent. Comment restituer « casse-toi pauvre con » en finlandais, en allemand, en hongrois ? Comment rester fidèle à l'esprit du maître ? Important dilemme ! On entend déjà hurler les puristes. Traduttore-traditore ! Etc.

    Enfin, vous avez déjà été couverts d'analyses et d'explications sur ce mouvement d'humeur du président, je ne veux pas insister. Simplement souligner la vraie stratégie sarkozienne, que je viens de comprendre et qui me semble diablement fine.

    Cet homme, qui déclarait vouloir en finir avec mai 68, est au contraire en train de mener à bien une révolution issue de cette époque.

    Avec d'abord, comme premier principe, la libération de la parole, chère à cette période. Mais ce n'est pas tout.

    Sarkozy prônait le retour à la politesse, aux bonnes mœurs, voici qu'au contraire il montre par l'exemple aux jeunes comment traiter quelqu'un qui ne serait pas d'accord avec eux.

    Il prétendait restaurer l'autorité, voici qu'au contraire il sape la sienne propre, l'autorité présidentielle, et de façon peut-être décisive.

    Il voulait montrer qu'il aimait les riches, les stars, les Bolloré, les Carla Bruni, la jet set, le voici désormais classé, comme je l'ai entendu hier au Café de la Paix, boulevard Carl-Vogt, dans une de ces délicieuses discussions de bistrot peu argumentées mais si ardentes : « le premier et le seul président qui est proche du peuple. »

    Sandrine Salerno, conseillère administrative genevoiseDevant ces réalisations si contraires à ses intentions déclarées, tout le monde politique et journalistique se demande comment il va bien pouvoir s'en sortir désormais, Sarkozy. Eh bien, j'ai la solution.

    Il lui suffit de prendre exemple sur une auguste élue genevoise, chargée de diriger la ville, et qui se propose de lever le pied dans les mois prochains :

    « Mais je continuerai à donner des orientations à mes cadres. Jusqu'à présent, je me suis beaucoup concentrée sur l'opérationnel. Ce qui était nécessaire en début de mandat, pour prendre connaissance personnellement des dossiers. Ce congé m'offrira l'opportunité du recul, je pourrai me consacrer aux priorités stratégiques et politiques, celles pour lesquelles j'ai effectivement été élue.»

    Allez Sarko, tu peux reprendre le programme de Salerno. Disparaître. Et sans qu'on te fasse le moindre reproche. Avec des félicitations même.

    Pour ça, il suffit que tu tombes enceinte et que tu transformes ça en grossesse militante !


    (Publié aussi dans Blogres.)


  • Commentaires

    1
    Mardi 26 Février 2008 à 20:53
    Justement
    Ségolène a mis en place le congé de paternité, pour Sarkozy ce serait la solution.
    2
    Le rat
    Mercredi 27 Février 2008 à 09:27
    Sarko
    Pauvre homme! Rien ne lui sera épargné.
    3
    Primo
    Mercredi 27 Février 2008 à 11:03
    alors
    alors ça, sarkozy en crypto-défenseur de mai 68, il fallait le trouver... (Blogres)
    4
    Mercredi 27 Février 2008 à 22:16
    sarkopipo
    Je viens juste de lire un truc sur le nouveau media participatif au sujet des problèmes de traduction: http://www.mediapart.fr/presse-en-debat/l-information-sur-le-web/25022008/le-casse-toi-de-nicolas-sarkozy-un-casse-tete-de-t Il aurait du s'inspirer de Cyrano: Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule ! Cyrano, ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter. Ah?... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule De Bergerac. C'est vrai qu'il n'avait pas été vraiment injurié avant de dire "casse-toi".
    5
    Jeudi 28 Février 2008 à 09:59
    Cyrano
    Effectivement, Joël, Sarkozy a un peu moins de panache que Cyrano. Mais il est plus drôle.
    6
    Jeudi 28 Février 2008 à 15:39
    Moi
    Il ne parvient qu'a me desesperer, me deprimer...
    7
    Vendredi 29 Février 2008 à 17:33
    Sarko
    Bref, tu lui proposes poliment d'aller se faire mettre...
    8
    sabine Jauffret
    Dimanche 2 Mars 2008 à 01:27
    art postal et mai 68
    40 ans après, que nous reste-t-il de mai 68 ? Nicolas Sarkozy, dans un discours prononcé le 29 avril à Bercy, veut tourner la page de mai 68. Quelques extraits : «La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler […]. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au coeur d’une campagne présidentielle.» « Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid […]. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître […], proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit. » Plus loin, à propos des dérives du capitalisme financier, il ose : « Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68 ». A l’opposé Gérard Filoche, qui fut un acteur de mai 68 (quand Sarkozy, lui, n’avait que 13 ans), lui rétorque par un livre dont le titre annonce la couleur : « Mai 68, Histoire sans fin. Liquider mai 68 ? Même pas en rêve ! » «Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’Histoire de France ! Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal; l’autre: social, révolutionnaire, solidaire… Sarkozy a fait « l’ouverture » avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice. Son but ? Battre les héritiers du vrai mai 68, celui des employés et ouvriers qui continuent à lutter pour une autre répartition des richesses, pour le droit au travail, les salaires et les retraites. » Et vous ? Que défendrez-vous de cette époque pas si lointaine qui n’est toujours pas enseignée dans les cours d’Histoire de France ? Nous vous proposons de participer à la constitution d’une exposition d’art postal, qui présentera vos positions, vos réflexions, vos témoignages, votre vision de cet évènement qui ne fut pas seulement Français et pas essentiellement étudiant. Vos textes seront lus, enregistrés et passés en boucle sur l’expo. Parce que Mai 68 fut aussi un tourbillon créatif, envoyez-nous votre enveloppe décorée, colorée, lumineuse, éclatante de vie, qui illustre où complète votre propos. A vos pinceaux, collages, photos, gravures, crayons … Pas de format interdit ni imposé (objets postaux acceptés). Pas de jury, pas de sélection. Toutes les enveloppes seront exposées. Pas d’hésitations, TOUT PASSE A LA POSTE. Un petit mot sur l'art postal : Il sort momentanément l'art des galeries et des musées. Dans ces expositions se côtoient des oeuvres d'artistes connus mais qui restent ici anonymes et des oeuvres de débutants, parfois de sérieuses surprises. Il est basé sur l'échange et le don, il coûte la même chose à tous : de la créativité, un peu (ou beaucoup) de temps, 2 connections de neurones, et le tarif du timbre en vigueur. Il respecte certaines des conditions d'une réelle communication : liberté d’expression, plaisir de donner et de recevoir ; prendre le temps de concevoir, et celui de répondre, parler « de sa place » en s’exprimant à partir d’une préoccupation ou d’un thème abordés collectivement ...Il permet à certains de reprendre le chemin de l'écriture et restaure le plaisir d'ouvrir sa boîte à lettres. Et pour finir, la plupart de ces enveloppes ne passent pas dans les machines à oblitérer (pas conformes !). Plus il y en aura, plus il faudra de monde au tri !!! Pas de petites résistances ni d'utopies inutiles. Date limite d’envoi de vos travaux : 15 avril 2008. Adresse d’envoi : Mouvement Politique d’Education Populaire – La Vigarié – 81340 Saint-Cirgue. Pour une analyse un peu originale du sujet vous pouvez consulter le lien suivant : http://www.gfen.asso.fr/documentligne/mai68.htm#15txt et/ou lire l’ouvrage de l’historienne états-unienne Kristin Ross « Mai 68 et ses vies ultérieures ». Complexe -Monde diplomatique, 2005. Pour une découverte rapide de ce qu’est l’art postal vous pouvez également consulter ce lien : http://www.avenirdattac.net/spip.php?article228
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