• Je suis celui qui marche en avant
    Et dont le Nom est un Mystère.
    Je suis l'Hier.
    « Celui qui contemple des millions d'années »
    Est mon Nom.
    Je parcours les sentiers du ciel...
    Voici que le titre de Seigneur de l'Eternité m'a été conféré.
    Entouré de rayonnement j'avance sur ma route
    Et je pénètre partout au gré de mon cœur.
    J'existe et je vis...
     
    Je suis Horus qui parcourt les millions d'années.
    La parole et le silence sont équilibrés dans ma bouche.
    En vérité mes formes sont à présent renversées.
    Je suis Unnefer, l'être parfait,
    Dieu qui se conforme au rythme des temps.
    Mon essence est cachée dans mon être.
    Seul je suis !... Seul... Seul...
    Seul je parcours les solitudes cosmiques...
     
                    Le livre des morts des anciens Egyptiens, chapitre 42
     Le livre des morts des anciens Egyptiens
    J'ai lu et relu ce texte hier soir, pendant un concert d'orgue qui terminait le Festival de Musique et d'Art Sacré Agapé (Genève, Eglise Saint-François de Sales). J'y étais déjà allé mercredi pour entendre les Grands Motets de Rameau par l'ensemble Baroque du Léman et le Chœur Novantiqua sous la direction de Florence Magloire. Hier, c'était plus moderne et plus ancien en même temps. Marcel Pérès y interprétait Contemplation, une œuvre pour orgue qu'il a composée d'après le Livre des morts des anciens Egyptiens, justement. Marcel Pérès qui fait un grand écart équilibré entre musique médiévale et création contemporaine. Un beau concert.

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  • Tout se désagrège

    Objets souvenirs vieilles photos

    Soufflés par un vent de désespoir

    Enfants démembrés

    Amis perdus

     

    L'armature d'acier

    Se liquéfie

    Trente ans d'alcool

    Sourdes rages

     

    Trous béants de manque d'amour

    Elle s'agrippe

    Aux mains de l'absent

    Déjà saisie

    Par les forces de l'ordre

     

    Cris et violence

     Ne sont plus de mise

    Retrouvera-t-elle un jour

    Un moment de tendresse

     

    Après novembre

    Un long hiver

    Mais la promesse du printemps

    Sera tenue

     

                                                                        Grégoire Müller
                                                                        Nada Mas, Editions de L'Aire
                                                                        © L'Aire, 2007


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  • Le banquet des affamés, par James Ensor

    Je suis coiffé d'un ridicule
    Peit chapeau de papier rose
    Un inconnu vient m'affubler
    D'un nez de clown et je souris
    Pour qu'il ne soit pas dit
    Que je suis
    D'humeur morose

    Un grand gaillard entre deux âges
    Et qiui me paraît éméché
    Porte entre ses bras musclés
    Une grosse fille rousse
    Qui rit aux éclats

    Des gamins lancent des confettis
    Un accordéoniste
    Sur le devant de la scène
    S'est mis à chanter
    Une chanson obscène

    On se lève soudain
    De partout
    On pose les mains
    Sur les épaules voisines
    On joue au petit train
    Qui roule dans les collines

    On me regarde de travers
    Je ne suis pas dans le ton
    Pour ne pas leur déplaire
    Je souffle dans un mirliton
     
                                                Jacques Herman
                                     Les Tartanes (Editions du Madrier)


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  •                                  Néanmoins

    Il faut se rendre aux mots dans un contentement chantonné
       les lèvres mi-closes, sans brusquerie,
    être à soi-même comme le chat assis sous le pommier.
    Suivre le glissement de la lune et ne se préoccuper de rien d'autre.

    Mais la sérénité est un continent inabordable,
    un train qui n'arrive pas, un messie en panne, et nous restons
    debout à des carrefours encombrés de questions imprécises et
    de réponses improbables, en peine de choisir.
    Nous avons néanmoins une candeur immense à investir
    du même élan, du même allant qu'à l'époque où nous étions
       petits.

    Nous sommes des conglomérats de molécules sacralisés par
       l'espoir d'une éclaircie,
    des rêveurs de promesses démurées.
    Nous saluons d'une main le soleil bifurquant derrière l'épaule
    de la montagne et de l'autre accueillons la nuit comme une soeur.
    Chaque parole nous sert de sésame. Aucun geste n'est dérisoire.
    Le moindre fragment d'une existence vaut d'être repris
    et consigné sous la forme d'une perle rare

    Nous distinguons désormais les moments trempés d'absolu
       qui nous sont offerts.
    Pour commencer, ne fermons plus les cercles que nous traçons
    sur le papier, la plage, l'espace aérien et n'importe où.

                                               Jacques Tornay

    (Tiré du recueil Feuilles de présence, L'Arrière-Pays 2005. Chez Josette Ségura, 1 rue Bennwihr, 32360 Jégun, France, ou dans les librairies de la Fnac.)


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  • Je n'ai jamais vécu l'amour
    en regard de la loi, ni du texte
    ni du poème à venir
    ce que j'aime
    à part toi
    c'est écrire par amour

    c'est écrire courtois

                                     Pascal Rebetez


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