• Péchenard lecteur de Proust

    Claude Monet, La mer à Pourville

    Nul ne peut dire, évidemment, que le livre de Péchenard est le meilleur jamais écrit sur Proust puisque personne ne les a lus tous. Parcourir simplement la liste de toutes les publications ayant trait à notre auteur prendrait des heures, et je ne suis pas sûr qu'une vie suffirait à étudier la masse d'études, de biographies, mémoires, brochures, libelles, souvenirs, essais, consacrés à l'auteur de la Recherche, à ses écrits, à sa correspondance, à sa vie, à ses proches...
    Comme tout proustolâtre, j'ai lu une ou deux biographies. Nous ne respectons bien évidemment pas le vœu de notre auteur, qui voulait qu'on s'occupât (l'imparfait du subjonctif vient naturellement, quand on parle d'un tel sujet) des œuvres des écrivains et pas de leur vie.
    Mais il faut dire que Marcel, qui n'avait pas de biographie, a tellement inventé la sienne, lancé des pistes, volontairement intrigué pour qu'on se pose des questions sur lui, dans ses textes et dans sa vie, qu'il n'aurait pas fait autrement s'il avait voulu lancer une foule d'inquisiteurs sur ses traces.
    Tout de même, il est vrai qu'il vaut mieux lire La Recherche, un roman qui ne se termine jamais, plutôt que n'importe quoi de para-proustien. Sauf les livres de Christian Péchenard.
    Christian Péchenard est un avocat parisien. Il est, comme chacun d'entre nous, le meilleur lecteur de Proust, à qui Proust s'adressait personnellement et de façon privilégiée. Comme à chacun de nous.
    Péchenard a pulié trois essais: Proust à Cabourg, Proust et son père, Proust et Céleste. Ils sont réunis dans la collection La petite vermillon de La Table ronde sous le titre unique de Proust et les auttres.
    Il n'y a pas de révélation à proprement parler dans ces textes. Quelques anecdotes parfois, une réévaluation du rôle du profession Adrien Proust dans la vie de son fils, donc dans son œuvre... Mais l'essentiel est ailleurs: dans l'esprit et l'ironie de Christian Péchenard, dans sa précision minutieuse, dans son amour de Proust et sa manière de se le réapproprier. Ses trois délicieux livres sont des créations à part entière, des œuvres littéraires, et pas des parasites.
    Tenez, une citation, argument d'autorité, de Maurice Nadeau, dans La Quinzaine littéraire: « Les fanatiques auront raison de porter aux nues le délicieux ouvrage d'un avocat parisien... Proust, nous dit Péchenard, est un personnage imaginaire. »


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