• Où on voit qu'un héros trouve un sens à son destin dans le saut à l'élastique, et que l'inverse n'est pas vrai

    Le récit d'Arthur Brutin, Le Saut, frappe le lecteur par sa vivacité. Le héros, un terne jeune homme, s'inscrit dans un stage de préparation au saut à l'élastique, désireux d'affronter ses limites et d'aller jusqu'au bout de lui-même. Il y rencontre Gabrielle, qui sera, comme l'écrit Arthur Brutin dans une formule heureuse: « une femme et toutes les femmes ». Mais, attiré par Gabrielle, le héros tergiverse. Faut-il l'aborder? Comment? Que lui dire? La description minutieuse de ces hésitations nous fait pénétrer dans une analyse précise des intermittences du coeur et de la peur de la femme, fascinant monologue intérieur d'une soixantaine de pages. Puis Gabrielle entraîne le personnage principal dans sa chambre et le séduit. Le récit tourne alors à l'érotisme torride chargé de mysticisme: le héros découvre Dieu dans le sexe féminin. Le lendemain, les deux amants illuminés se rendent sur le Pont du Diable (relevons encore l'onomastique) pour leur premier saut. Mais saisi par une vague de frousse, le héros ne parvient pas à se jeter dans le vide et regarde Gabrielle se lancer, prendre son envol « comme un Archange », lumineuse, harmonieuse, bras écartés. Mais l'élastique ne va-t-il pas se casser? Le roman se termine sur ce suspens lancinant. (Arthur Brutin, Le Saut, Editions de la Passerelle)

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