JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
Son essai, ou plutôt ses discours et fragments sur Descartes: quand un grand cerveau en regarde fonctionner un autre.
Il y a dans l'écriture de Valéry une intelligence qui semble élever la nôtre, faire travailler la meilleure partie de notre esprit. D'abord, grâce à des angles d'attaque imprévus, qui font se dire qu'on n'a pas, nous, assez de hauteur, qu'il faut pour saisir un problème le prendre de l'extérieur, alors que notre petitesse peine à se dégager et reste prise dans les replis des choses. Ensuite, sa langue se développe selon les inflexions d'une pensée souple, ramifiée, nette et profonde, qui font trouver par comparaison nos aperçus toujours un peu courts.
Où on comprend que la syntaxe de la pensée est celle de la langue.
Publié par Alain Bagnoud à 09:29:13 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
On se demande parfois à quoi servent les rencontres d’écrivains. Eh bien, justement, à rencontrer des écrivains. C’est ainsi qu’il y a déjà quelques jours, le 31 janvier exactement, lors de l’inauguration de la nouvelle MRL (Maison de Rousseau et de la Littérature), on m’a présenté pour la première fois à Georges Ottino dont j’avais déjà lu quelques textes et dont l’agréable conversation m’a donné envie d’ouvrir le dernier en date de ses ouvrages parus.
Né en 1925 à Genève, ancien professeur apprécié, Ottino est en effet l’auteur de 11 livres publiés en deux salves. Les trois premiers ont paru chez Gallimard entre 1955 et 1958. Les huit autres sont à L’Age d’Homme et s’échelonnent entre 1991 et aujourd’hui.
Son dernier recueil de nouvelles, Carrefours sentimentaux, date de 2010. Une définition tirée du Petit Robert et mise en exergue explicite ce titre: « Carrefour: Endroit où se croisent plusieurs voies ».
Souvent construites sur des monologues intérieurs qui permettent les analepses du souvenir, ces nouvelles tenues et légèrement ironiques parlent effectivement de croisements affectifs, à l’exception d’Opus 4, qui contient une dénonciation un peu convenue de certaines supercheries de l’art contemporain. Des nouvelles avec parfois des références délicieusement obsolètes. Les allusions à l’homosexualité à travers Gide et Rimbaud, par exemple, laisseraient pantois des personnages non lettrés.
C’est que le monde de Georges Ottino est un monde de culture: peinture, littérature, musique. Un bon exemple en est la nouvelle, Un virtuose, la plus longue du recueil, qui raconte une aventure amoureuse entre une amatrice de musique et un pianiste professionnel. Une histoire qui se finit mal.
C’est le cas en général dans ce recueil, quand les rencontres n’échouent pas tout simplement, par la faute des circonstances ou par la volonté délibérée d’un des partenaires. Une prise de contact sensuelle dans le train se conclut piteusement, un admirateur platonique provoque un drame involontaire, un musée fermé empêche un jeune garçon de retrouver sa surprenante amoureuse...
Ottino explore avec élégance ces moments où quelque chose peut se passer, changer notre vie, et s’interroge sur les circonstances de ces moments que nous ne maîtrisons pas. Pas de réponse définitive, bien sûr. Mais, comme le dit la dernière phrase du livre: L’enquête continue.
Georges Ottino, Carrefours sentimentaux, Nouvelles, Contemporains, L’Age d’Homme, 2010
Publié par Alain Bagnoud à 15:41:37 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Arrivé mardi en montagne par un beau froid. Mercredi il neige.
Constatation: pendant toute cette saison d'hiver, il a suffi que je monte en altitude pour qu'immédiatement, les flocons tombent.
Du coup, j'ai décidé de proposer mes services.
Stations en pénurie d'or blanc, n'hésitez pas à me contacter.
Publié par Alain Bagnoud à 09:32:02 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Il est intéressant de voir aussi combien Rousseau, si ombrageux, si attaché à sa liberté, est mené, par d'autres ou par une idée qu'il se fait de lui.
Même sa grande réforme « romaine » qui le fait quitter sa place de caissier, ses vêtements de cour et se marginaliser, même ce suicide social est une sorte de comédie sincère et exaltée à la fois, liée au succès de ses premiers écrits. Il s'agit de se mettre en conformité avec eux.
Publié par Alain Bagnoud à 13:35:42 dans Rousseau | Commentaires (0) | Permaliens

César Bonvoyage cultive des roses. Mais le soleil disparaît. Pour le faire revenir, Bonvoyage place chaque jour un caillou peint en bleu sur un autel dédié à la vierge.
Quand la colline est devenue toute bleue sans aucun résultat, il se résout, lui le casanier, à partir en voyage jusqu’à la capitale, sur l’ancienne voie royale, pour rendre visite à Chrosostophe Oggre, fonctionnaire immortel qui est le seul à pouvoir l’aider. Son chat Bolivar l’accompagne, tenu en laisse et tout blanc.
En chemin, le cultivateur de roses affronte la violence et le deuil, et découvre finalement que la création est le moyen de donner un sens à l’absurde, de réenchanter le monde.
Cette histoire poétique donne un beau livre. Bel objet et beau contenu.
Rédi
gé lors d’un voyage en Amérique du Sud (le lieu mentionné est Quito, en Equateur), continent dont le réalisme magique a inspiré le récit. Ecrit par Marie-Jeanne Urech dont on avait déjà apprécié les derniers textes (voir ici, ici et ici).
Il a été imprimé par Aencrage & co, à Beaume-les-dames sur un papier ivoire 160 grammes, composé à partir de caractères mobiles en linotypie en Aster de corps 10, tiré sur une presse typographique et broché selon une technique artisanale. Sa couverture, sur papier vergé blanc 220 grammes, de S.P. & J.B.B, est inspirée par un tableau de Caspar David Friedrich, Le voyageur au-dessus de la mer de nuages. Pour en savoir plus: www.aencrages.com
Marie-Jeanne Urech, Le chat qu’il tenait en laisse comme un chien, récit, Aencrages & co
Publié par Alain Bagnoud à 09:19:01 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
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