JUSTE PARU
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LA TRILOGIE
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Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
J'ai vu souhaiter d'être fille, et une belle fille, depuis treize ans jusques à vingt-deux, et après cet âge, de devenir un homme.
La Bruyère
Publié par Alain Bagnoud à 09:11:58 dans Citations | Commentaires (1) | Permaliens
Bernard Frank est mort vendredi passé, à septante-sept ans, au restaurant. Une fin digne, pour lui qui n'aimait que les livres et les bons repas.
Je me souviens d'un été délicieux, il y a deux ans, où j'avais lu ou relu tous ses livres, republiés en un volume dans une édition dont je ne me souviens plus (et je ne l'ai pas sous la main). Deux romans et des essais littéraires, des chroniques dans lesquelles Frank parlait avec charme et érudition de littérature, gastronomie, politique, ou ressassait la grande affaire de ses vingt ans.
Brillant jeune homme, il avait en effet été choisi par Sartre pour tenir la chronique littéraire des Temps Modernes. Sartre, au début des années cinquante, c'était quelque chose ! Un monument, une référence !
Frank lui fait lire le manuscrit de son premier livre, le fantasmatique et fulgurant Géographie universelle. Sartre aime le texte, propose d'aider Frank à le revoir (ce qu'il ne fait finalement jamais), lui offre son aide pour l'éditer chez Gallimard. Frank préfère une autre maison qui lui verse un à-valoir plus conséquent.
Enfin tout va bien. Inséré dans la revue qui compte, chouchou du plus grand écrivain de l'époque. Puis c'est la catastrophe, que Frank ruminera longtemps. Il se fait exécuter dans les pages mêmes de la revue par le secrétaire de Sartre, Jean Cau. Peut-être parce qu'il a représenté sans complaisance le grand homme dans Les Rats, un roman publié en 1953. Rupture, exclusion.
Puis création d'une autre famille avec Françoise Sagan et quelques autres amateurs de jeu, d'alcool, de fêtes et d'insouciance. Chroniques ludiques dans les journaux. Coups de griffes et digressions. Relecture des classiques, amour de la littérature, des vins et des restaurants. Un être libre. Une vraie langue. Un grand écrivain.
Publié par Alain Bagnoud à 10:59:24 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Je n'ai jamais vécu l'amour
en regard de la loi, ni du texte
ni du poème à venir
ce que j'aime
à part toi
c'est écrire par amour
c'est écrire courtois
Pascal Rebetez
Publié par Alain Bagnoud à 21:24:21 dans Poèmes | Commentaires (1) | Permaliens
Dans ce roman, Joris-Karl Huysmans parle de Satanisme, de Gilles de Rais, et c'est très moderne.
Entendons-nous. Quand on dit d'un livre qu'il est « très moderne », ça veut surtout dire qu'il est vieux. Là-bas a été écrit en 1890, voici 116 ans.
Mais « très moderne » tente dans le même mouvement de sortir le texte d'un corpus qui paraît forcément poussiéreux, parce qu'ancien. Vieux ? Comment ça, vieux ? Vous n'allez pas vous ennuyer avec ça ! Vous verrez, au contraire c'est passionnant ! Bien.
Il y a autre chose ici. Par « très moderne », je voulais surtout parler de la composition du livre qui n'a rien de traditionnel.
Durtal, un double de l'auteur, a pour projet d'écrire sur Gilles de Rais, le célèbre sataniste, assassin d'enfants, qui fut un fidèle compagnon de Jeanne d'Arc. Là-bas raconte l'entreprise de Durtal, ses rencontres, résume sa documentation théorique (il pille quelques ouvrages sur les cloches ou sur Gilles de Rais) ou ses enquêtes pratiques : Durtal s'initie au Satanisme grâce à une maîtresse à demi-folle dont il nous raconte la conquête, il s'entretient avec ses amis d'occultisme, d'astrologie, de spiritisme, de magie, il assiste à une messe noire, et là, ça devient un roman à clés puisqu'on a retrouvé les modèles de prêtres hérétiques, sacrilèges et magiciens que l'auteur a rencontrés. On a parlé de puzzle au sujet de ce livre. Mais un puzzle qui fait sens. Bien.
Joris-Karl Huysmans est, comme son nom l'indique, un écrivain français de la fin du XIXème. Six ans avant Là-bas, il avait inventé le symbolisme décadent avec son livre A rebours dont le héros, des Esseintes, fait les pires extravagances. Il est un peu oublié aujourd'hui, Huysmans. Parfois pour de bonnes raisons si j'en juge par le souvenir que j'ai de certains de ses livres, les plus naturalistes. Et puis s'il a une langue extraordinaire, il abuse un peu du style « artiste » recherché de l'époque, raffine sur le vocabulaire ou la syntaxe, ça peut agacer. Bien.
Mais Là-bas est un chef-d'œuvre.
Publié par Alain Bagnoud à 11:51:46 dans Lectures | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 17:35:49 dans Polémique | Commentaires (1) | Permaliens
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