Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux, Proust, vus par Georges Gabory | 25 avril 2012

Max Jacob, par Modigliani

Qui a entendu parler de Georges Gabory (1899-1978)? Il a pourtant été considéré entre 1917 et 1929 comme un jeune poète brillant, promis à une grande carrière. Il est devenu avant ses trente ans un rouage important du milieu littéraire, lecteur chez Gallimard où il était influent, auteur d'essais sur André Gide, Proust, Kisling, cité dans un rêve de Breton comme une sorte de fonctionnaire des lettres.

Puis après 1930, plus rien ou presque. Un recueil de poèmes, Mesures pour mesures, chez Firmin-Didot en 1981, et un recueil de souvenirs que je viens de lire, Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, chez Jean-Michel Place en 1988.

Pourquoi ce silence et cet éloignement du monde des lettres? Gabory ne le dit pas. Tout au plus explique-t-il que c'est un professeur américain, venu recueillir ses anecdotes de retraité, en 1962, qui l'a incité à les écrire.

On se trouve donc avec ce livre, n'est-ce pas, dans le côté Sainte-Beuve de la littérature. Des indiscrétions sur les auteurs, censés permettre de mieux cerner leur œuvre, ou tout simplement destinées à donner des aliments à notre curiosité. Le côté people de l'écriture.

Mais enfin, c'est très intéressant. Gabory a une plume virevoltante, il ne s'appesantit pas, il place ses faits avec légèreté, les émaille de bons mots et de calembours, désireux quand même, selon ses affirmations, de restituer l'image de cette génération au lendemain de la Grande guerre. C'est qu'il a connu tout le monde. Apollinaire, Max Jacob, Gide, Proust, Derain, Juan Gris, Breton, Aragon, Radiguet, Cocteau, Artaud, Reverdy, et André Malraux dont il fut un ami vraiment proche avant de se brouiller avec lui.

Le résultat bien sûr est décevant et excitant. Si Gabory ne révèle rien de fondamental, il se montre volontiers indiscret, s'intéresse de près à la sexualité de ses amis, et suggère deux ou trois ambivalences, chez Malraux par exemple, ou chez Proust, qui avait une définition toute particulière des « mauvaises mœurs ». On se sent donc un peu voyeur ou commère en regardant ces auteurs vus par un contemporain. Mais tout de même, l'évocation légère de cette époque, de ces gens, de ce monde aux mœurs ambiguës, la recréation de cette ambiance historique, c'est assez champagne!

Georges Gabory, Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, Jean-Michel Place, 1988.

Publié par Alain Bagnoud à 13:09:17 dans Republication | Commentaires (0) |

Emissions de radios sur Céline | 24 avril 2012

Cette semaine du 23 au 29 avril 2012, du lundi au vendredi de 15h00 à 16h00, la RTS diffuse une série d'émissions sur Céline écrivain et pamphlétaire. Tout ça se terminera le 29 avril sur RTS deux par une évocation du procès fait à Céline.

Le détail des émissions est ici.

On peut déjà écouter à la même adresse et en rediffusion l'émission de lundi où Jérôme Meizoz est interrogé sur L.-F. Céline et l'antisémitisme.

Publié par Alain Bagnoud à 09:02:02 dans Céline | Commentaires (0) |

Casanova et ses espions | 23 avril 2012

On chicane Casanova parce qu'il a inventé (Constantinople), parce que des dates sont fausses. Une armée lancée à ses trousses vérifie chaque nom, chaque date.

Cette traque, paradoxalement, ajoute un surcroît de réalité au texte. Et pose aussi de façon intéressante la question du flottement entre fiction et réel.

Publié par Alain Bagnoud à 09:17:05 dans Casanova | Commentaires (0) |

Guesch Patti, Etienne (1987) | 19 avril 2012

Publié par Alain Bagnoud à 08:39:28 dans Chansons | Commentaires (2) |

L'Adversaire d'Emmanuel Carrère | 17 avril 2012

Au départ, c'est un fait-divers assez étonnant. Un type qui se fait passer pour un médecin pendant 12 ans. Il prétend qu'il est chercheur à l'OMS, trompe sa famille, manipule ses amis, vit en escroquant ses proches, en leur soutirant leurs économies qu'il placera, leur promet-il, à des taux exorbitants. Finalement, à la veille d'être démasqué, il tue sa femme, ses deux enfants, ses parents, essaie d'étrangler sa maîtresse, met le feu à sa maison au moment où la voirie passe et s'arrange pour être sauvé par les pompiers.

Le type s'appelle Jean-Claude Romand. C'est une histoire arrivée dans le pays de Gex.

Romand, sur lequel tout le monde avait mis de grandes espérances, qui était destiné à une belle carrière, qui est intelligent, qui s'est efforcé de toujours correspondre à l'image que projetaient de lui ses parents, ses proches. Qui aurait pu devenir ce médecin brillant qu'il feignait d'être s'il n'était pas resté au lit plutôt que de passer un examen de deuxième année à l'université.

Il était certes déjà un peu habitué au mensonge, mais depuis là, ça a pris des proportions énormes. Réinscrit pendant des années en deuxième année de médecine, il révisait avec ses amis et leur faisait croire qu'il poursuivait les mêmes études qu'eux. Puis qu'il enseignait à l'université de Dijon, qu'il avait un poste de maître de recherche à l'OMS.

Chaque matin, il se rendait au travail. Puis il attendait toute la journée dans sa voiture, sur un parking d'autoroute, dans la cafétéria de l'organisation, il se promenait dans des forêts. Pendant des années.

Fascinant, non ? Inconcevable ? Emmanuel Carrère essaie de comprendre. Il a contacté Romand en prison, il a sa bénédiction.

C'est que Romand essaie peut-être désormais de passer pour un grand criminel repenti, plongé dans la prière, à qui Dieu a pardonné. Carrère va l'aider dans cette voie, même s'il se méfie.

Il n'est pas psychologue. Il cerne bien la spirale du mensonge, cette peur de décevoir qui fait que Romand préfère tromper les gens et tuer plutôt que se montrer tel qu'il est. Il essaie de dresser un portrait sans complaisance du tueur.

Mais il ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour le personnage, d'établir des corrélations entre eux, et il donne finalement une explication que Romand doit adorer : le faux médecin était en fait soumis à des forces démoniaques qui se jouaient de lui, qui le menaient, qui le contrôlaient.

C'est ce que dit le titre. L'Adversaire est en effet un autre nom de Satan.

Pourquoi pas ? Le Diable, c'est assez séduisant. Plus utile à dresser une statue que la faiblesse, la lâcheté, la difficulté à s'affirmer et à déplaire. Plus intéressant, en tout cas pour faire un livre qui, il faut bien le dire, fascine à cause de ce qu'il révèle sur cette imposture.

 

Emmanuel Carrère, L'Adversaire, Folio

Publié par Alain Bagnoud à 09:34:13 dans Republication | Commentaires (0) |

<< |1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... 242 | 243 | >>

Rechercher

Archives

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6223613 visiteurs
Depuis le début du mois :
43772 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03