Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Jane Eyre, Charlotte Brontë | 20 mai 2012

Charlotte Brontë

Jane Eyre enfant, c'est Cendrillon. Une méchante tante qui la persécute, des cousins gâtés, et l'héroïne battue, punie.

Elle finit par se révolter. On la met donc dans un pensionnat où les fillettes meurent de faim, de maladies et de mauvais traitements, sous couvert de religion. Nous sommes sur terre pour souffrir, n'est-ce pas ?

Mais Jane survit et devient institutrice. Elle est engagée pour s'occuper d'Adèle, protégée de Monsieur Rochester. Il est riche, plus âgé qu'elle. L'amour arrive. Mais le jour du mariage, coup de tonnerre : le fiancé est déjà marié.

Jane s'enfuit, erre trois jours, est recueillie par la famille Rivers, deux sœurs un frère. Celui-ci, pasteur fanatique, lui offre un poste d'institutrice.

Autre coup de théâtre : les Rivers sont ses cousins, et Jane apprend qu'elle hérite d'un oncle commun beaucoup d'argent qu'elle partage avec eux.

Péripéties encore avant qu'elle retrouve Rochester. Larmes, suspense, devoir, religion mortifère et ambiance gothique du manoir. On tremble, on pleure, on est soulagé. C'est du roman anglais du XIXème.

 

Jane Eyre, Charlotte Brontë

Publié par Alain Bagnoud à 21:31:24 dans Lectures | Commentaires (0) |

Mon blog est censuré | 17 mai 2012

Deux lecteur de mon blog m'avertissent qu'il est désormais censuré par certains filtres.

Celui de la Radio télévision suisse, qui diffuse le message suivant: "L'ACCES A CE SITE EST INTERDIT. Vous tentez d'accéder au site: http://www.blogg.org/blog-50350.html, catégorie: Pornography."

Et celui du Département de l'Instruction Publique du canton de Genève dont le logiciel de surveillance DIP "Smartfilter" bloque l'accès vers Le blog d'Alain Bagnoud.

Ceci depuis quelques jours.Tiens.

Qu'est-ce que j'ai publié il y a quelques jours? Bagatelles pour un massacre: un pamphlet antisémite de Céline.

Et pourtant, je le savais bien, qu'on risquait toujours des ennuis, avec Céline.

Publié par Alain Bagnoud à 15:58:16 dans Journal | Commentaires (2) |

Stendhal, Racine et Shakespeare | 14 mai 2012

StendhalAvec ses ellipses, sa vivacité et ses effets, Stendhal défend dans cet essai ce qu'il appelle le romanticisme. C'est son romantisme à lui. Bien à lui. Personnel.

Notre auteur réclame avec brillant des drames historiques français. On doit refuser les conventions, écrit-il, et plus particulièrement la règle des trois unités ou l'alexandrin. Pour lui le théâtre ne doit plus provoquer l'admiration. Il faut qu'il vise à l'illusion du réel, et à l'émotion.

Mais bientôt, le théâtre romantique naîtra. Stendhal sera confronté aux grandes machines rimées d'Hugo et de Gautier. Du coup, on comprend pourquoi il deviendra vite anti-romantique!

Publié par Alain Bagnoud à 09:23:00 dans Lectures | Commentaires (0) |

Bagatelles pour un massacre: un pamphlet antisémite de Céline | 11 mai 2012

Je n'avais jamais lu les pamphlets de Céline, cet auteur dont j'admire les romans. Il fallait s'y mettre un jour, pour compléter ma vision du problème Céline. C'est en effet une grande question, et finalement de toutes les époques : la responsabilité morale du créateur. En a-t-il une ? Doit-il être jugé sur les seuls critères de l'esthétique ? Faut-il séparer les œuvres et les idées ?

Les réponses fluctuent d'après les périodes, entre la théorie de l'engagement et celle de l'art pour l'art. De nos jours, on a tendance à ne pas dissocier le contenu et la forme. Nous sommes dans une période idéologique. Y en a-t-il eu vraiment d'autres ?

Bref, les pamphlets. Ils ne sont plus republiés, non qu'ils soient interdits, mais d'après la volonté de Lucette Destouches, femme de Céline et centenaire, qui s'oppose à leur reparution parce qu'ils ont fait, dit-elle, tellement de mal : à elle et à son mari! Étant donné l'âge de Lucette, les textes seront probablement bientôt en librairie. On les trouve déjà en quelques clics sur le net.

C'est ainsi que j'ai obtenu Bagatelles pour un massacre. Le livre commence par une rencontre avec un ami juif de Céline, Léo Gutman (dont le modèle est René Gutman, personnage réel). Le narrateur, qui donne toutes les apparences d'être Céline lui-même, explique à Léo que seules les danseuses l'intéressent désormais. Il veut faire jouer un ballet, « La naissance d'une fée ». On lit ensuite le livret de ce premier ballet, puis d'un deuxième que Céline veut proposer pour l'exposition universelle de 1937. Tous deux sont refusés. A cause des Juifs, dit Céline (la majuscule est de lui). Vient ensuite un monologue intérieur ponctué par des rencontres avec deux personnages, Popaul (son modèle est l'artiste Gen Paul) et Gustin Sabayote, le cousin de Céline.

Autant le dire tout de suite, ça devient vite insoutenable. Les Juifs sont responsables de tout ce qui va mal et insultés avec une férocité variée.

Son délire et sa paranoïa provoquent deux sentiments alternés. Parfois on rit, tellement c'est énorme, comme devant un théâtre de guignol où on se retrouve devant de simples silhouettes sans contenu, et où l'intérêt est le plaisir du jeu, de la verve, la poursuite entre Guignol et le gendarme. Parce que dans son hystérie maladive, Céline trouve le ressort d'une inventivité, d'une créativité virtuose. Puis on retombe dans le référent, le réel, et on se sent avili par cette lecture, entraîné vers le bas, pris dans cette haine concentrée qui refuse de toutes ses forces la possibilité même qu'il y ait quelque chose de commun entre soi et d'autres, qui met toute son énergie à dresser des barrières et à nier les ressemblances, qui vise à la construction d'une altérité incommunicable.

On voit rapidement que pour Céline le mot juif ne recouvre pas seulement sa définition, c'est-à-dire « qui vit dans le royaume biblique de Juda ou qui en est originaire... qui appartient au peuple issu d'Abraham et dont l'histoire est relatée dans la Bible, qui appartient aux descendants du peuple ci-dessus... qui se réclame de la tradition d'Abraham et de Moïse » selon le CNRTL. Le mot enfle tellement qu'il n'a plus de référent, ou fantasmé à l'extrême. Céline maudit sous ce terme tout ce qui le contrarie. Les critiques qui n'ont pas aimé son dernier livre, Mort à crédit. Les artistes qui réussissent (Cézanne, Modigliani, Picasso). Les écrivains comme Montaigne, Racine, Stendhal, Maupassant... Les élites. Les hommes politiques. Les journalistes. Les riches. Les communistes... Tout le monde, en fait, est juif, à part lui et ses amis.

Bien que Céline revienne finalement toujours à son obsession, il a d'autres cibles. L'alcoolisme des Français. Les communistes. L'URSS (superbe description de Saint-Pétersbourg vers la fin du livre). Ou ses confrères écrivains.

Il oppose le français « lycée » qu'ils parlent tous (un français de robots, dit-il, enjuivé, naturellement), et son style à lui, qui transmet et provoque l'émotion, un style lié à la vraie vie. Ce sont des oppositions classiques : l'école-la vraie vie, l'intellect-l'émotion. Le problème, assure-t-il, c'est que les critiques juifs des journaux juifs (tous les journaux, répète-t-il), pCélinerônent le français « lycée » et blackboulent ses livres parce qu'ils ne veulent pas que son émotion atteigne les lecteurs aryens et leur fasse sentir quelque chose qui les réveillerait de leur esclavage. D'autres attaques visent les livres traduits, notamment de l'anglais, ceux de Faulkner, Dos Passos, Lawrence, Huxley, Shaw, livres, dit-il évidemment, de juifs ou d'enjuivés, célébrés, couronnés par des prix, achetés par les lecteurs. Ce qui fait que les siens ne se vendent pas.

Profondément dérangeant, Bagatelle pour un massacre permet en fait de mieux comprendre le fonctionnement de Céline, qui fut raciste toute sa vie. A ce moment de son existence (on est en 1937), il proclame un antisémitisme dont il ne s'excusera jamais. Plus tard, forcé par les circonstances de se taire sur le sujet, il va se fixer sur une autre cible : les Chinois.

C'est qu'il croit aux races, et à la lutte entre elles. Il aurait trouvé ses idées chez Gobineau, dans L'Essai sur l'inégalité des races humaines, que je n'ai pas lu. Ce livre, d'après les encyclopédies, crée l'idée du mythe aryen. Mais les Aryens, la race la plus vitale, risqueraient pour Gobineau de se dissoudre dans le métissage. Le principe de vitalité s'étant ainsi affaibli jusqu'à mourir, la civilisation disparaîtra.

Ces idées sont présentes chez Céline. Il croit dur comme fer à la guerre entre les races, chacune cherchant à dominer les autres, à les mettre en esclavage pour son propre profit. Il semble ne pas craindre les noirs, se concentre plutôt sur les asiatiques, dont la force vitale lui semble dangereuse malgré leur abrutissement par l'opium.

Sa vision des juifs est différente : nous sommes déjà conquis par eux, fantasme-t-il en 1937. Ils se seraient installés à la tête de toutes les sociétés européennes, disposeraient de tous les pouvoirs qu'ils concentrent encore, et les aryens seraient devenu leurs serviteurs, leur bétail. Ceci quelle que soit la forme du gouvernement. En URSS, par exemple, ils dominent tout. On lui rétorque que Staline n'est pas juif ? C'est une preuve de plus de leur fourberie : ils ont mis un paravent pour qu'on ne les découvre pas.

Cette paranoïa sert à Céline pour comprendre ses échecs et faire porter ses ressentiments sur une cible. Elle explique tout. Les échecs et les refus ? A cause des Juifs. La mévente de ses ouvrages ? Le dernier tableau de Gen Paul qui n'est pas accepté au salon ? Les Juifs. La guerre menace ? Les Juifs. La société s'enfonce dans la décadence ? La publicité abrutit tout le monde ? Les Juifs, les Juifs...

On se croirait face à un de ces braillards de bistrot, souvent ennuyeux à force de ressasser, parfois ordurier, au ton populiste et abject, écœurant de bassesse, mais dont la conversation est bourrée de fusées jaillissantes. C'est tellement grotesque qu'on en rirait sans arrière-pensée, pris dans l'inventivité verbale de ce grand écrivain, qui rend ce délire électrique. Car Céline est un éblouissant manieur de langue, d'une énorme créativité.

On en rirait, disais-je, s'il n'y avait pas tout ce qui a suivi 1937.

Publié par Alain Bagnoud à 09:48:33 dans Céline | Commentaires (2) |

Le Pierre Ménard de Borgès | 09 mai 2012

Don Quichotte par Gustave Doré

« Pierre Ménard, auteur du Quichotte », de Borgès est paru dans son recueil Fictions.

Un auteur, Ménard, y réécrit mot à mot les chapitres IX et XXXVIII de la première partie du Don Quichotte et un fragment du chapitre XXII. « Il ne  voulait pas composer un autre Quichotte - ce qui est facile - mais le Quichotte. Inutile d'ajouter qu'il n'envisagea jamais une transcription mécanique de l'original ; il ne se proposait pas de le copier. Son admirable ambition était de reproduire quelques pages qui coïncideraient - mot à mot et ligne à ligne - avec celles de Miguel de Cervantès. »

Mais pas en s'identifiant à Cervantès: en restant lui-même, Pierre Ménard.

Du coup, on ne lit pas le texte de Cervantès et le texte de Ménard de la même façon, même s'ils sont identiques. Le style de l'un est contemporain à son époque, celui de l'autre archaïque. Les intentions sont différentes: critique des romans de chevaleries, ou roman historique. Etc.

La moralité que j'en tire: chaque lecteur réécrit le livre qu'il lit, d'après l'époque où il le lit, d’après ses connaissances, sa culture, etc.

On le sait bien quand on parle d'un roman qu'on a aimé à quelqu'un qui l'a aimé aussi: il semble souvent que ce ne soit pas le même.

Publié par Alain Bagnoud à 13:07:16 dans Lectures | Commentaires (0) |

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... 242 | 243 | >>

Rechercher

Archives

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6223613 visiteurs
Depuis le début du mois :
43772 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03