• Mauvaises moeurs

    La destruction de Sodomme et gomorrhe, par John Martin, 1832
    Vous l'aurez voulu, Violaine. Pour en finir avec Georges Gabory, voici le passage où il traite des « mauvaises moeurs » d'après Proust - et de sa générosité.  Et tant pis pour moi, je vais encore m'attirer les foudres des contresainte-beuvéens.
    Gabory vient de corriger les épreuves de Sodome et Gomorrhe II.

    "Proust me fit porter par Odilon, le mari de Céleste, une lettre où il me remerciait « infiniment d'avoir pris la peine de revoir minutieusement » ses épreuves. « Minutieusement »! J'avais laissé bien es coquilles, le texte m'intéressait. A la fin de sa lettre, il me demandait si les « mauvaises » moeurs (mauvaises entre guillemets) que l'auteur d'un livre récemment paru sur l'affaire Fualdès donnait « comme explication de l'assassinat » étaient « des relations avec des femmes ou des hommes ».
    "Je n'en savais rien, mais je savais que, dans l'esprit de Proust, les « mauvaises » moeurs, chez un homme, étaient « des relations avec des femmes ». Déformation passionnelle; des Sodomites et des Gomorrhéennes, il en voyait partout; il défendait Baudelaire contre Gide ; « Comment pouvez-vous douter qu'il pratiquât, lui, Baudelaire! » Il avait demandé à Paul Morand si je « pratiquais », moi aussi, comme Baudelaire ou Fualdès, comme tout le monde. L'homosexualité l'obsédait, saphisme ou uranisme, la forme préférée, avide de surprendre une « conjonction » féminine, et surtout masculine, il poursuivait son enquête, un pied dans la tombe.
    "Indiscret mais généreux - bien qu'il fût loin d'être pauvre - il m'envoyait un billet de cinq cents francs « ci-inclus »."

                                                                                 Georges Gabory
                                                               Appollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie,
                                                                              Jean-Michel Place, 1988.


  • Commentaires

    1
    jin,
    Mercredi 4 Février 2009 à 22:38
    question
    la seule question c'est de savoir si ça apporte quelque chose à la connaissance du livre. Ici, Albertine, la jalousie, les mauvaises moeurs qu'elle a... peut-être...
    2
    Jeudi 5 Février 2009 à 09:42
    le haut et le bas
    J'ai une colle pour les étymologistes: uranisme vient-il du grec "céleste" ou de la contraction "urinaire et anal"?
    3
    Jeudi 5 Février 2009 à 11:36
    Bonne question, Michel
    C'est vrai que la sonorité du mot est évocatrice.
    4
    Axipion
    Jeudi 5 Février 2009 à 11:51
    uranisme
    De l'allemand Uranismus, terme créé par Karl Heinrich Ulrichs (1825-1895), dans un ouvrage, publié en 1864 sous le pseudonyme de Numa Numantius, Recherches sur l'énigme de l'amour entre hommes. Le terme tire sa racine de Ourania (« Uranie » d'un adjectif grec qui signifie « céleste »), le surnom de la déesse Aphrodite. Ulrichs nomme Urninge (« uranien ou uraniste » en français) les hommes qui aiment les hommes, Dioninge les personnes qui aiment le sexe opposé, et Urninden les femmes qui aiment les femmes. (Wikipédia) Et merci de ne pas faire de plaisanteries homophobes d'après la sonorité du mot!
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