• Maurice Sachs, Le sabbat

    Maurice SachsUn traître absolu. Juif, collaborateur, indicateur de la Gestapo, homosexuel, alcoolique,  séminariste défroqué, faible et brillant.

    Maurice Sachs. Etre instable né en 1906, tellement doué que l'ensemble de ses qualités l'a toujours empêché d'écrire l'œuvre qu'il a tant convoitée. Un homme qui a trompé l'un après l'autre tous ceux qu'il a aimés et qui a fini délateur professionnel, livrant aux nazis des porteurs de tracts d'une organisation antifasciste bavaroise,« La rose blanche ».

    Médiocre dénonciateur, en plus.  Mauvais provocateur, inventeur de complots bidons. Ses amis allemands pas dupes ont fini par le fourrer dans une prison de Hambourg d'où il n'est sorti que pour mourir, en 44, à l'arrivée des Alliés. Avant qu'ils n'apparaissent, les Allemands ont fait partir les prisonniers en colonne vers Kiel. Après un jour de marche, Sachs, épuisé, ne pouvant plus suivre, a été abattu d'une balle dans la tête.

    De cette existence gâchée, Maurice Sachs a pourtant tiré un chef-d'œuvre autobiographique. Le Sabbat. Sincérité, intelligence claire et englobante, lucidité dans la description des facettes d'une personnalité, d'une nature malléable.

    Ce livre est un régal pour les amateurs d'anecdotes et de name dropping. Jacques Bizet, le fils du musicien et de madame Straus, chez qui Proust avait fait ses débuts dans le monde. Cocteau et Gide que Sachs a essayé de séduire, Maritain qui l'a converti au catholicisme. Max Jacob. Tous ceux qui fréquentaient en leur temps Montmartre, Montparnasse, la Nouvelle Revue Française, le Boeuf-sur-le-Toit.

    Bien sûr, on repère dans le texte des influences formelles. Souvent, ce premier de classe extrêmement doué vise à l'effet. Une caractéristique qui le rend frère de la création littéraire contemporaine.


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