• Jérôme Meizoz se met en colère. Ou plutôt, il y a quelques années qu'il l'est, si on se base sur les textes réunis dans Saintes colères. Avec l'intelligence et la clarté qu'on lui connaît, notre auteur y attaque quelques cibles.

    La principale semble bien être l'UDC. On sait que ce parti attise les antagonismes pour assurer son propre pouvoir, que sa stratégie consiste à dresser le peuple contre les élites. Meizoz s'interroge sur l'usage qui est fait de l'art, dans le combat du parti agrarien.

    Il examine les représentations d'Anker, le peintre favori de Blocher, qui diffuse une imagerie de kitsch nationaliste et de communauté rurale chaleureuse. C'est la culture des groupes folkloriques, du costume national et des chorales d'amateurs censées incarner ou représenter une identité chère à l'UDC.

    Ce parti n'est d'ailleurs pas seul à irriter Meizoz. De façon plus globale, ceux qui jettent de l'huile sur le feu et avivent la haine l'exaspèrent. Il aimerait « inciter au calme les excités médiatiques ». Dans ces provocateurs qu'il vise, il y a par exemple Maître Bonnant, dont Meizoz soupçonne le masochisme caché et l'envie délicieuse de déplaire pour se faire fesser.

    Il y a d'autres choses à faire que subir leurs discours, affirme notre auteur. La réaction est possible. Une réaction citoyenne de la parole. Celle même que Meizoz pratique dans son recueil.

    Un deuxième grand axe de son livre touche au domaine de la littérature, abordée surtout sous l'angle sociologique. C'est un royaume, explique Meizoz, où règnent désormais les attachés de presse, qui désignent aux journalistes les quatre ou cinq bouquins dont il faut parler. Et tout le monde suit. La loi du marché a imposé le triomphe de M. Homais.

    Du coup peut dominer le révisionnisme littéraire qui vise à purger par exemple les biographies de Cendrars de ses tentations antisémites. Du coup également, les stratégies planifiés de promotion ou de scandale peuvent s'installer.

    Pour le montrer, Meizoz s'attarde sur l'affaire Richard Millet. On se souvient que Millet avait écrit un Éloge littéraire d'Anders Breivik. Son but était de provoquer un tapage littéraire bien agencé dans lequel il entendait prendre la place de la victime, du bouc émissaire honni de tous. Une stratégie à la Céline, qui devait donner à Millet la place éminente qu'il convoitait et n'arrivait pas à atteindre par ses publications...

    S'il est attentif aux auteurs de France, Meizoz ne dédaigne pas non plus de ferrailler chez nous. Il critique ainsi Le Miel de Slobodan Despot, en ciblant les enjeux idéologiques de son livre, qui tourne autour de la guerre en ex-Yougoslavie. On connaît la position pro-serbe qu'avait prise jadis Despot. Le combat continue, semble dire Meizoz en analysant son livre : « Après avoir échoué à convaincre dans sa revue et par ses paroles dans les années 90, S.Despot recourt désormais à la littérature comme discrète perfusion idéologique. »

    Autre analyse de Meizoz, celle du roman En finir avec Eddy Bellegueule, d'Edouard Louis, qu'on peut lire, affirme-t-il, comme une « ode (à l'insu de son plein gré) aux valeurs culturelles de la bourgeoisie ». L'auteur y misérabiliserait son milieu modeste et le massacrerait symboliquement. C'est en tout cas ce qu'un libraire spécialisé lui a reproché.

    Un comportement auquel Meizoz est sensible. L'éducation, la question des élites, les valeurs qu'on sacrifie dans l'ascension sociale sont des thèmes qui le touchent de près, lui, le fils de mécanicien qui a rencontré les rejetons des bonnes familles genevoises ou vaudoises au collège de St-Maurice.

    Mais il n'y a pas que des dénonciations dans ces textes, inédits ou publiés d'abord entre 2007 et 2014 . Ils se terminent par une belle célébration d'Henry Roorda et de la littérature. « Qu'une telle personne ait existé constitue un fort argument contre le pessimisme. Qu'elle se soit donné la mort en fournit un non moins solide contre l'optimisme. Match nul. Avantage : littérature. »

     

    Jérôme Meizoz, Saintes colères, éditions d'autre part


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  • En romançant la vie de son éditeur, Jean-Michel Olivier a écrit un de ses meilleurs livres. Il est inspiré par la personnalité et l'existence de Vladimir Dimitrijević, l'éditeur passionné et polémique. JMO trace dans L'Ami barbare le portrait d'un homme ardent, acéré, un peu voyou, dont la vie en dents de scie est pleine de rebondissements. L'énergie qui se dégage de cette existence est communicative, même si (ou parce que) l'auteur prend pas mal de libertés avec son modèle. L'Ami barbare est en même temps un thriller, un conte de fée, un roman d'aventures et une célébration du livre.

    Vladimir Dimitrijević, le créateur de L’Âge d'Homme, est donc transposé sous le nom de Roman Dragomir. Ce procédé est sans doute une manière, pour Jean-Michel Olivier de cerner en entier la légende d'un éditeur, d'englober toutes ses zones romanesques, y compris celles dont on sait peut de choses.

    Le modèle en effet était secret. Il avait coutume de disparaître sans rien dire, de ne faire aucune confidence sur certaines périodes de sa vie. JMO s'amuse à les reconstituer.

    Le dispositif narratif est le suivant : on se retrouve lors des funérailles de Roman, mort après un accident de camionnette. Les amis et les adversaires défilent devant le cercueil. On entend les pensées de certains d'entre eux, leurs souvenirs se succèdent et dressent petit à petit la biographie du mort. Lequel, à son tour, commente le cortège de ceux qui sont venus lui rendre hommage ou le défier une dernière fois.

    Le premier monologue est celui d'un frère cadet, Milan. Il explique l'enfance, lors de la première guerre mondiale, à Belgrade, la résistance du père, la mort du premier des trois frères Dragomir. Ce ne sont pas des enfants de chœur, ceux-là. Turbulents, amateurs de foot, ils font les 400 coups dans la ville, à la limite de la loi.

    Mais Roman en grandissant devine qu'il n'y a pas d'avenir pour lui dans la Yougoslavie de Tito. Il veut partir. Plusieurs tentatives échouent. Enfin, il passe la frontière

    Une femme succède au frère, et raconte l'arrivée du héros à Trieste. Le réfugié se cache dans sa librairie, famélique, fiévreux, lit toute la journée. Elle l'apprivoise, lui fait découvrir la ville et ses écrivains, Umbeto Saba, James Joyce, Italo Svevo. Une relation se crée, qui tourne en histoire d'amour. Mais traqué par la police qui veut le renvoyer dans son pays natal, Roman disparaît purement et simplement un jour.

    Pour se retrouver en Suisse où il devient joueur de foot. Plus précisément à Granges, ville horlogère. Il travaille comme garçon de café, puis cordonnier, avant de se faire engager au club local. Mais un accident a raison de sa carrière.

    L'ami qui a créé avec lui sa maison d'édition raconte la suite, leurs premiers livres, les échecs, les obstinations, la quête du manuscrit génial, les errances dans une camionnette qui devient la maison de Roman. Les disputes aussi, entre lui le gauchiste, et Roman, le réac. Puis le succès avec la publication des grands livres de la littérature slave, dont l'éditeur récupère des manuscrits que les communistes avaient cru détruire.

    Roman devient alors un homme important dans le milieu de l'édition. Mais tout va changer avec les guerres de Yougoslavie, vues dans L'Ami barbare à travers les yeux d'une femme. Roman y prend le parti de ceux que l'Occident considère comme les méchants, ne croit pas à ce que les médias racontent, y voit de la manipulation, de la désinformation, de la propagande.

    Ici, le récit devient vague. Ceux qui connaissent la trajectoire du modèle qui a inspiré Roman Dragomir en trouveront la fin un peu complaisante. On aurait aimé plus de précision et d'engagement sur l'action du héros, qu'on voit simplement retourner dans le pays natal, en prenant conscience finalement de ce qu'est cette guerre. L'éditeur y erre, passif, un peu perdu, un peu déboussolé, sans que le lecteur comprenne la direction qu'il donne pendant ce temps à sa maison d'édition, et ce à quoi il la fait servir. Puis plus tard, revenu au pays, il affirme à une critique littéraire avoir reconnu ses torts.

    Il s'agit d'un roman, dira-t-on, mais le modèle est si présent derrière la figure de fiction qu'on ne peut s'empêcher de penser que L'Ami Barbare tente de corriger de façon politiquement correcte la figure d'un éditeur, et d'absoudre quelqu'un qui, lui, a toujours assumé ses positions.

    En tout cas, sa défense obstinée des Serbes lui vaut l'anathème des milieux intellectuels. Elle se répercute sur les livres qu'il publie et qui ont désormais de la peine à se faire de la place.

    Jusqu'à un dernier épisode. Jean-Michel Olivier, auteur de L'Amour nègre, fait intervenir un mystérieux écrivain, Pierre Michel, qui écrit La Passion noire. Il a rencontré Roman dans une clinique des bords du Léman et va devenir son scribe, son confident. Tout se termine avec l'achèvement de cette Passion noire, inspirée par Roman, qui est un de ses derniers plaisirs, au point qu'il pleure de joie en le recevant.

    Transposition ? Rêves romanesques ? Portraits à clés ? Il y a un peu de tout ça dans le roman. Les intéressés repéreront beaucoup de personnages du milieu littéraire: des auteurs, des critiques, les collaborateurs de l'Age d'Homme, facilement reconnaissables.

    Le livre peut ainsi se lire comme une suite de portraits à clé. Un certain nombre de private jokes feront également le bonheur des initiés. Mais le livre ne s'adresse pas seulement au petit milieu littéraire.

    Son plus grand intérêt, c'est de faire vivre l'existence fébrile, exceptionnelle, hasardeuse, audacieuse, d'un forban littéraire un peu louche, débordant d'énergie, controversé, dont les livres ont été finalement la grande passion.



    Jean-Michel Olivier, L'Ami barbare, L'Age d'Homme/de Fallois


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  • Trois artistes investissent les anciens fours à chaux de St-Ursanne. Ça donne une exposition, du 22 juin au 27 juillet, et un catalogue. Tout ça est intitulé "Du Gueulard au Paradis - Le retour de Dante ». Le gueulard, comme je viens de l'apprendre, est l'ouverture située en haut du four, qui permet son alimentation.

    Je n'ai pas encore vu l'exposition, mais j'ai le catalogue entre les mains. Notre ami Pascal Rebetez y a publié un intéressant journal, concis, évocateur, qu'il a nommé « Le retour de Dante », et qui couvre son quotidien du 18 novembre 2013 au 26 avril 2014, dans les marges de la préparation de cette exposition. Les images, sculptures, installations de Daniel Gaemperle et Jean-Pierre Gerber font écho à ce texte, de façon assez étonnante qui donne envie d'aller y voir de plus près.

    Donc : la présentation ci-dessous d'Arcos, qui organise l'événement :



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    Gaemperle, Gerber et Rebetez

    Daniel Gaemperle, est né en 1954 à Alger mais est suisse d’origine, pays dans lequel il vit depuis l’âge de 8 ans. Il a une formation de dessinateur en bâtiment et est autodidacte en tant qu’artiste. Il s’est formé notamment en Espagne, au Japon, à Taïwan, au Portugal et aux Pays-Bas. Outre la peinture et le dessin, il est actif aussi dans la conception d’aménagements de bâtiments. Daniel Gaemperle est domicilié à Petit-Lucelle.

    Daniel Gaemperle a notamment reçu une bourse de la Fondation Pro Arte de Berne et de nombreux premiers prix de sculptures ou de vitraux. Ses expositions ne comptent plus, de Chevenez au Noirmont, en passant par Laufon ou encore Saignelégier et Delémont, sans être exhaustif. Ses publications aussi sont nombreuses.

    Jean-Pierre Gerber, 68 ans, est né à Tramelan mais vit aujourd’hui à Bienne, avec un atelier au Mont-Soleil. Il a fait des études de pédagogie puis de peinture à la Haute Ecole de Berne et de musique au Conservatoire de Berne et aux Hautes Ecoles de Zurich, Vienne et Salzbourg pour obtenir un premier prix de virtuosité avec félicitations du jury au Conservatoire de Fribourg. Il n’est pas étonnant qu’on le retrouve dans la peinture et la musique.

    En effet, Jean-Pierre Gerber expose régulièrement en Suisse et à l’étranger (BexArts, Biennale de Florence, Prix Longines pour les Jeux 2012 à Londres), tout en participant en tant que soliste vocal à de nombreux concerts et représentations d’opéras dans le monde (Festival de Dresde, de Prague, de Vaison-la-Romaine, d’Autun).

    S’il est Jurassien d’origine, Pascal Rebetez, vit entre le Valais et Genève. Né en 1956, il est connu pour ses activités journalistiques, de RFJ – Fréquence Jura à la Télévision suisse romande où il est l’auteur de nombreux reportages. Mais on lui doit en particulier la création des « Editions d’autre part », qui ont édité de nombreux ouvrages depuis 1997. Pascal Rebetez a publié lui aussi plusieurs livres et est l’un des auteurs jurassiens les plus connus. On pourra l’entendre aux Fours à chaux, notamment dans le cadre de vidéos.

    Le catalogue de l’exposition reprend en outre un de ses textes, le « Carnet de Dante », en français et en allemand, accompagné de nombreuses illustrations d’œuvres des artistes présents.

    Infos
    L'association Arcos (Art Contemporain à St-Ursanne) met en place simultanément deux expositions cet été. Les oeuvres de Léonard Félix sont à découvrir dans le cloître de la collégiale, tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h. Les anciens fours à chaux accueillent quant à eux l'exposition "Du Gueulard au Paradis - Le retour de Dante". Les horaires sont identiques à ceux du cloître.


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  • Matthieu Berthod a ceci de commun avec beaucoup de gens né dans le canton du Valais, qu'il reste fasciné par le lieu de ses origines. Ce graphiste a étudié la B.D. à l’Ecole des Arts décoratifs de Genève puis le design graphique à la « Schule für Gestaltung » de Berne. Il fait de son attrait et de son questionnement un roman graphique : Cette beauté qui s'en va.

    On y retrouve des lieux précis, énumérés en fin de volume : le buffet de la gare de Sierre, l'ossuaire de Naters, la gare de Brigue ou l'église St Romanus de Rarogne, sous les murs de laquelle est enterré Rainer Maria Rilke. Mais il ne s'agit pas de cartes postales minutieuses. Berthod interprète poétiquement la réalité et vise à en tirer une essence stylisée.

    Ce retour au pays de l'enfance prend la forme de quatre visites à une ancienne petite amie retrouvée, qui souffre d'un cancer au cerveau. Macha, ex-punkette, haut-valaisanne extravertie et tatouée.

    Au fil des saisons, le héros, dont on devine qu'il s'agit de Matthieu Berthod lui-même, parcourt le canton, compare ce qu'il était et ce qu'il est devenu, visitant le carnaval du Lötschental et ses Tschäggättä, le jardin alpin de Champex, le musée cantonal des Beaux-Arts de Sion et Vercorin où est exposée une intervention des frères Chapuisat (pour R&Art 2012). Il s'interroge sur le paysage, le bétonnage, le tourisme, et le mythe du passé dans un récit doux amer qui a du charme.

    On trouvera un extrait de Cette Beauté qui s'en va en cliquant ici. Et voici également un lien vers le blog de dessin de Matthieu Berthod.

    L’auteur

    Matthieu Berthod est né en 1970 en Suisse, dans un canton du cœur des Alpes, le Valais. Il partage son temps entre la ville et la montagne, le graphisme et le dessin, tant en Suisse qu’à l’étranger. Aux Impressions Nouvelles, il a déjà publié un album remarqué, L’homme perdu dans le brouillard, d’après des nouvelles de Ramuz.

    Cette Beauté qui s'en va, Impressions Nouvelles, collection « Traverses »
    17 x 24 cm – cartonné tout en couleurs - 128 pages
    ISBN : 978-2-87449-205-1 18 € distribution : Harmonia Mundi

     

    Les Impressions Nouvelles, 84 avenue Albert - 1190 Bruxelles - tél : 32 2 503 30 95
    info@lesimpressionsnouvelles.com
    www.lesimpressionsnouvelles.com


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    editions_en_bas-brezna_l_ingrate_venue_d_ailleurs_couv-2.jpgL'ingrate venue d'ailleurs propose une autre voix que celles qui chantent dans l'immense concert satisfait de la suissitude enviable. Celle d'une étrangère, d'une immigrée, qui devient helvète sans se retrouver pour autant chantre des clichés traditionnels, comme c'est souvent le cas. On sait qu'il n'y a pas plus intransigeant qu'un converti. En nationalisme aussi. Les exemples abondent.

    L'héroïne d'Irena Brežná, elle, n'a jamais renié ses valeurs pour se réfugier dans celles d'une nouvelle patrie fantasmée. Elle a construit à partir de sa trajectoire une nouvelle identité. Et la merveille est que celle-ci offre quelque chose de plus.  

    Nous sommes dans les années septante. Une jeune fille vient des pays de l'est, a grandi sous une dictature communiste, et se retrouve dans la liberté, la froideur et la tristesse helvètes.

      Utilisant une langue inventive, avec un sens affirmé de la formule, une liberté de ton et de composition, Irena Brežná raconte la confrontation des valeurs, les réactions que provoque ce nouveau monde bizarre qui pratique le contrôle, l'obéissance, le sérieux, la politesse et le matérialisme.

    Si le livre dégage une énergie formidable, il provoque également un peu de mélancolie, liée à cette période différente, dans laquelle les bourgeois n'étaient pas encore bohèmes, qui semble avec le recul une époque plus libre et plus contestataire. L'ambiance qui s'en dégage rappelle un peu les Faiseurs de kn-120308-1.jpgSuisses, film réalisée en 1978 par Rolf Lyssy. avec Emil, qui racontait les processus de naturalisation, ou évoque Frisch et Dürrenmatt, ces écrivains qui osaient encore critiquer le système.  

    Mais L'ingrate venue d'ailleurs ne se réduit pas à cet aspect et fait également le lien avec le présent. Les épisodes de l'odyssée personnelle de la jeune fille alternent avec des scènes plus actuelles. Devenue interprète, l'héroïne traduit les discours de migrants dans des hôpitaux, des tribunaux, des centres d'accueil. Ces vies dévastées qu'elle relate proposent un contrepoint tragique au récit caustique, amusant, parfois cruel, qui, par le miroir des années 70, nous demande ce que nous sommes devenus.

    Traduit de l'allemand par Ursula Gaillard, L'ingrate venue d'ailleurs a obtenu le Prix fédéral de littératture 2012.  

    Irena Brežná, L'ingrate venue d'ailleurs, Editions d'en bas  


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