• Le triomphe de Gombrowicz ?

    Les valeurs de Gombrowicz ont-elles triomphé ? A-t-il été le grand prophète de notre modernité, et un de ses moteurs, par ses réflexions sur l'immaturité et la forme ?

    Witold Gombrowicz et sa femme RitaC'est plus ou moins une question que j'ai trouvée sur le net, dans une page sur Gombrowicz : ici.
    Je cite le passage qui m'intéresse :
    « Comment est-ce que cela évolue dans notre société actuelle ? J'ai l'impression que récemment (depuis 1990 environ), la tension est retombée : l'Informe est maintenant devenu acceptable, normal. Il est normal, et même louable, de ne pas avoir de conscience politique, sociale, religieuse, morale bien définie. En clair, ça veut dire que l'incohérence, la contradiction, l'immaturité sont devenues acceptables. Je ne sais pas si c'est mieux. »
    Et encore, quelqu'un d'autre :
    « L'immaturité informe semble consacrée par la modernité qui ne propose plus aucun cadre structurant, qu'il soit d'ordre politique, social ou religieux. »
    Effectivement, des valeurs comme l'infantilisme ont bien triomphé. Voir toute sa critique par les nouveaux réacs, emmenés par Philippe Muray, dont les œuvres dénoncent cette tare de notre société. Avec comme exemple ces adulescents, qui se complaisent dans le refus de grandir. Avec cette absence généralisée de valeurs, de projets, de transcendance. Ces rêves naïfs de célébrité et de présent.
    Mais tout ceci est commercial. Lié à cette mesquinerie, à cette idiotie humaine que Gombrowicz dénonçait. En outre, il y a une forme à tout ça, une forme bien précise, qui est celle du marché. Car à travers tout ça, il s'agit de vendre. Des vêtements, de la musique, des divertissements.
    Cette immaturité contemporaine n'est pas synonyme de candeur, d'ingénuité, de naïveté, mais de modèles de comportement imposés, admis. Prenez les adolescents, l'exemple même de l'informe pour Gombrowicz. Regardez-les aujourd'hui se regrouper en tribus pré-définies dont ils reprennent les rites, les vêtements, les parlers, la musique, à la recherche pathétique et angoissée d'une forme. Une forme figée, artificielle, lourde, oppressante, presque fasciste.
    Gombrowicz au contraire entendait par immaturité la recherche de l'innocence, le refus du sérieux, une sorte de légèreté.
    Un concept tout à fait différent de celui qui s'est imposé.


  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Octobre 2007 à 14:08
    Education
    J'assistais hier soir à un café philo à St Ju dont l'animateur, Alain Gentil, nous présentait ses réflexions sur le thème "Education et société". La première raison qu'il trouvait à la perte d'autorité était "Une nouvelle mythologie liée au marché, à la pub, à toute les pseudos-facilités qu'offre notre époque". Je cite de tête avec ma mémoire approximative... Comme il utilisait le mot "Hédonisme", je tentais de le brancher sur Onfray. Et là il me dit "l'hédonisme de Onfray n'a rien à voir". Sans plus d'explications. Bon OK il y donc une immaturité qui n'est pas innocence et un hédonisme qui n'est pas facilité du plaisir immédiat. A ce sujet je tentais de la brancher sur Onfray et là il me dis "l'hédonisme de Onfray n'a rien à voir". Sans plus d'explications. Bon OK il y donc une immaturité qui n'est pas innocence et un hédonisme qui n'est pas facilité^du plaisir immédiat.
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    libou
    Mardi 2 Octobre 2007 à 21:21
    adolescence
    Elle n'est pas si ancienne en fait. Et elle n'a pas été très longtemps en somme. Même pas sèche derrière les oreilles et déjà phagocytée par les médias et la publicité, conditionnée à une représentation forcée de revendications qui ont perdu leur âme.
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